Collomb, Merkel et Macron : qui dit vrai ?

Fraîchement nommé ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb s’attire déjà l’ire des responsables associatifs et d’une partie de la gauche pour des propos tenus lors d’une visite à Calais. L’ancien maire de Lyon a jugé qu’il ne fallait pas ouvrir de nouveau centre d’accueil de « migrants » à Calais, se référant aux précédents de Sangatte et du campement de la Lande rapidement débordés par l’afflux massif d’individus.

Autre polémique : Gérard Collomb a affirmé que les accusations de violences policières étaient “tout à fait excessives” et qu’il fallait rendre hommage aux forces de l’ordre qui travailleraient avec “beaucoup d’humanité” dans des conditions difficiles, ironisant sur ces “migrants” qui seraient, selon leurs défenseurs, “d’une douceur légendaire”. Un discours qui tombait à point nommé, tout juste trois jours après la mort d’un conducteur causée par un barrage installé par des « migrants » aux abords du camp de Calais.

Il n’en fallait pas plus aux No Borders camouflés en humanitaires pour s’insurger, des militants associatifs aux jeunes socialistes en passant par les têtes pensantes d’Europe Écologie Les Verts. Jean-Claude Lenoir, président de l’association Salam, ne décolérait pas après un entretien qualifié de « démoralisant » : “Il n’y a pas eu d’échange. C’est limite s’il ne nous rabrouait pas. Pour Calais, il n’a rien dit, à part qu’il ne voulait pas de nouveau point de fixation.”

Car Gérard Collomb ne s’est pas contenté de féliciter les policiers, dévoilant une compréhension du problème étonnante pour un homme comme lui venu de la gauche. Ainsi, il n’a pas hésité à dire aux militants associatifs qu’ils seraient peut-être plus utiles ailleurs – sous-entendu dans les pays d’origine desdits « migrants » – tout en appelant de ses vœux une réforme du droit d’asile à même de nous aider à mieux maîtriser les flux migratoires. Quant aux « migrants » déboutés d’un autre pays européen, Gérard Collomb croit qu’“il n’y a pas de raison qu’en France tout le monde ait vocation, si l’on n’est pas un demandeur d’asile reconnu, à rester sur le territoire”.

L’une des problématiques majeures auxquelles nous sommes confrontés depuis cinq ans tient dans la confusion savamment entretenue entre les « réfugiés » et les immigrés clandestins, rebaptisés « migrants », qui profitent du conflit syrien pour s’introduire en Europe, avec la bienveillance de la chancelière allemande. En outre, le traitement des dossiers d’asile est très long car le « droit d’asile » – faveur accordée par la France à titre individuel – est depuis trop longtemps dévoyé.

À l’issue du sommet européen, lors d’une conférence commune avec Angela Merkel, Emmanuel Macron a tenu un discours étonnant. S’il a félicité Angela Merkel pour ses “décisions courageuses” en matière migratoire, affirmant qu’il était du devoir de la France d’accueillir des réfugiés, il a aussi tenu à préciser que les réfugiés n’étaient pas des “migrants économiques”. Rappelez-vous, il y a un peu plus d’une dizaine de jours, Le Figaro faisait sa une sur les “réfugiés économiques” africains…

Les bases posées par le nouveau gouvernement semblent donc plutôt saines. Toutefois, gardons-nous de sur-interpréter. Il est évident qu’Emmanuel Macron, proche notamment du président de l’association France terre d’asile, a une vision élargie du droit d’asile et du statut de « réfugié », n’ayant absolument pas conscience des dangers au long cours posés par la démographie délirante du Sud. Il faudra juger le gouvernement sur des actes. L’immigration ne se résume pas aux « migrants », aux réfugiés et à l’immigration illégale. Il faut aussi lutter contre une immigration légale beaucoup trop importante aujourd’hui. Ce chantier est prioritaire car l’immigration de masse défait la France et divise l’Europe.

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