Le théâtre du Guignol de La Grande Vadrouille sauvé grâce à la droite parisienne
Au cœur de Paris, à quelques mètres, seulement, de l'une des avenues les plus célèbres du monde, sommeille depuis plusieurs années un lieu que des générations de Français connaissent sans forcément en retenir le nom ni même savoir qu'ils l'ont déjà aperçu. En effet, derrière quelques arbres des jardins des Champs-Élysées se cache le théâtre de Guignol, un monument du patrimoine populaire français dont l'histoire remonte au début du XIXe siècle et que le septième art a immortalisé dans le film culte La Grande Vadrouille. Malheureusement fermé depuis 2019 et victime d'une lente dégradation, ce théâtre de marionnettes âgé de près de deux siècles pourrait bientôt retrouver une nouvelle jeunesse grâce à une initiative portée par des élus de droite du Conseil de Paris.
Un théâtre né sous la Restauration
L'histoire du théâtre de Guignol des Champs-Élysées commence en 1818. Cette année-là, la famille Guentleur installe sur les Champs-Élysées un spectacle de marionnettes qui deviendra progressivement l'un des plus anciens théâtres de Guignol de France. Pendant plus de deux siècles, l'établissement traverse les régimes politiques et les nombreuses transformations qu'a connues la capitale sans jamais perdre sa vocation première : divertir les enfants grâce à un personnage singulier, Guignol. Ce dernier, créé à Lyon par Laurent Mourguet au début du XIXe siècle, s'impose rapidement comme une figure emblématique de la culture française. Défenseur des humbles, moqueur des puissants et champion du peuple, il incarne le bon sens populaire face aux injustices du quotidien. À Paris, le Guignol des Champs-Élysées devient ainsi, progressivement, un rendez-vous familial incontournable.
L'importance historique du lieu est telle que son bicentenaire a même été célébré en 2018. Pendant près de quarante ans, de 1979 à 2019, le théâtre fut ainsi dirigé par José-Luis Gonzalez, un marionnettiste passionné qui contribua à maintenir vivante cette belle tradition. Lorsque celui-ci cessa son activité en 2019, le rideau tomba sur cette scène historique pour ne plus jamais se relever - du moins, pour l'instant.
Un patrimoine défendu
Depuis la fermeture du théâtre, les signes de dégradation se sont alors multipliés et l'inquiétude a grandi parmi les défenseurs et les amoureux du beau patrimoine parisien. Le groupe Paris Liberté ! a ainsi décidé d'interpeller l'exécutif municipal afin d'obtenir une intervention rapide. Lors de la présentation d'un vœu au Conseil de Paris, Catherine Lécuyer a dressé un constat alarmant de l'état du théâtre. Elle a rappelé que ce « petit temple de l'enfance et de la culture populaire s'éteint aujourd'hui dans l'indifférence de la ville », que « depuis trop de mois, son rideau reste obstinément baissé » et que « derrière les boiseries closes, les marionnettes prennent la poussière ». Pour l'élue, il ne s'agit pas simplement d'un équipement culturel parmi d'autres. Elle souligne que « ce n'est pas une simple animation de quartier qui est à l'arrêt, c'est un morceau d'histoire, un patrimoine vivant, né au XIXe siècle ».
Victoire au #ConseildeParis : le vœu présenté par @LECUYERCatherin pour la restauration du théâtre de Guignol des Champs-Élysées est adopté. La Ville devra tenir ses engagements pour faire revivre ce petit patrimoine parisien au Carré Marigny. pic.twitter.com/jb80G3OtCW
— Paris Liberté ! (@Paris_Liberte) June 16, 2026
Catherine Lécuyer dénonce également le manque d'investissements consacrés à ce site historique. Elle regrette que l'on trouve « des millions pour des projets parisiens grandiloquents ou des installations éphémères » alors que la sauvegarde de ce théâtre semble reléguée au second plan. Elle s'interroge, ainsi, sur le risque de voir « ce joyau de notre mémoire collective devenir une friche de plus ». L'élue demande concrètement « un engagement budgétaire ferme de la ville de Paris pour financer les travaux d'urgence et la rénovation structurelle du théâtre », ainsi qu'« un calendrier précis et transparent pour garantir sa réouverture définitive dans les plus brefs délais ». À l'issue des débats, le Conseil de Paris a voté en faveur de ce projet, ouvrant la voie à une possible renaissance du théâtre. Reste, désormais, à voir si les actes suivront les paroles.
Un décor immortalisé par La Grande Vadrouille
Si le nom du théâtre est méconnu du grand public, son image est en réalité familière à des millions de Français. En effet, il est apparu dans l'un des plus grands succès de l'histoire du cinéma français : La Grande Vadrouille, de Gérard Oury, sorti en 1966.
Au cours de cette scène célèbre tournée dans les jardins des Champs-Élysées, les personnages interprétés par Bourvil, Augustin Bouvet et Terry-Thomas (l’Anglais Reginald Brook, plus connu sous le surnom affectueux de « Big Moustache ») attendent devant le théâtre, déguisés en officiers allemands sous les yeux interloqués des enfants venus assister à une représentation de Guignol. Les deux compères patientent jusqu'à ce que Juliette, la petite-fille du directeur du théâtre, interprétée par Marie Dubois et surnommée malicieusement « la fille du guignol » par Louis de Funès (Stanislas Lefort), vienne appeler le « général Augustin » afin qu’il poursuive ses aventures à travers la France occupée.
Obligé. pic.twitter.com/kYIwaAavwf
— Mr. Nobru 🖖🤟 (@nobru072) June 16, 2026
Cette séquence, brève mais mémorable, a suffi pour inscrire le théâtre de Guignol des Champs-Élysées dans la mémoire des Français.
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11 commentaires
Il me semble que l’on voit le petit théâtre de Guignol également dans le film » Charade » avec Cary Grant et Audrey Hepburn.
Je ne suis pas parisien et je ne savais pas que se petit théâtre de marionnettes existait vraiment. Je croyais qu’il avait été monté pour les besoins du film. C’est évidemment une très bonne initiative de vouloir le sauver.
Mais, enfin, voilà bien la Gauche dépensière pour de l’esbroufe, de l’ostentation, et avare pour rafraichir et distraire l’âme des enfants.
Sauvons tout ce qui peut être sauvé de notre patrimoine car d’autres sont là pour tout saboter et gommer notre culture de Macron à Melenchon
Évidence patente, mais le droit de le souligner expose aux gémonies et autres abjections d’une censure désormais débridée et dominante!
Marrante la petite séquence video! Vous ne remarquez rien? No more comment…
Ohh si j’ai remarqué, et Je commenterais bien volontiers, mais je ne serais plus dans le politiquement correct…
Ça saute aux yeux, à nos yeux habitués à un autre spectacle ! No comment…
Il faudrait être aveugle pour ne pas le remarquer.
Oui, je remarque, mais je veux pas aller en tôle…
Je dirais que le jeune public est très différent de celui d’aujourd’hui.