Contre l’anniversaire de Trump, la sauterie mondaine de Jane Fonda
Le 14 juin dernier, Donald Trump a privatisé la Maison-Blanche pour y souffler ses quatre-vingts bougies. Le tout agrémenté d’un spectacle de MMA, sorte de bagarre de rue où tous les coups sont permis ; ce qui est, sans surprise, le sport favori de l’ancien magnat de l’immobilier. C’est d’un goût exquis. Mais en face, la sauterie mondaine organisée par l’actrice Jane Fonda n’est guère plus élégante, y ayant rameuté ses amis millionnaires hollywoodiens. Au rang de ces derniers, l’acteur Robert De Niro qui, à l’occasion de sa harangue destinée au président, lui lance à plusieurs reprises de tonitruants « Ferme-la, putain ! » Et gracieux, avec ça. Donald Trump n’aurait pas mieux dit.
Jane et Henry
Quant à Jane Fonda, qui porte beau ses quatre-vingt-huit ans, elle arbore un tee-shirt floqué de ce slogan : « Resist ». Et d’en appeler à son père, Henry Fonda, démocrate convaincu et l’un des fondateurs du Committee for the First Amendment. Il s’agissait alors de défendre ses confrères persécutés par le sénateur Joseph McCarthy. À l’époque, voilà qui avait du sens. Mais aujourd’hui ? À de rares exceptions républicaines près, Hollywood est démocrate. Comme toujours, quand survient une tragédie – le maccarthysme, indéniablement, en fut une –, sa réplique n’est que comédie. D’ailleurs, n’est-il pas risqué, pour Jane Fonda, d’évoquer la mémoire de son père ? Oui, à relire le monumental ouvrage du journaliste américain Peter Collier, sobrement intitulé Les Fonda (JCLattès).
Ainsi, à propos de l’engagement de sa fille Jane, lors de la guerre du Vietnam, dans les années 70, on lit ceci : « Si Henry Fonda partage son opposition à la guerre, il est préoccupé par son mépris à l’égard du patriotisme des combattants, surtout parce que son vieil ami, James Stewart [républicain pur et dur, NDLR] a perdu un fils au Vietnam. […] Un jour, il est en train de parler à un reporter du New York Times quand Jane l’interrompt en l’appelant au téléphone. Il s’absente quelques minutes et revenant, l’air sombre, il dit au journaliste : "Pardonnez-moi, c’était Washington, je parlais avec, comment dire cela ? – mon ex-fille, ma soi-disant fille". »
Pire encore, il y a cette menace à peine voilée : « Jane, si jamais j’apprends que tu es communiste ou que tu es une vraie sympathisante, je serai, moi ton père, le premier à te dénoncer. Je me suis battu pour mon pays et je l’aime. »
Jane à Cuba…
Pourtant, le grand acteur ne semble jamais avoir pris trop au sérieux les engagements politiques de son enfant terrible. Pour lui, il s’agit surtout d’imiter Peter Fonda, son petit frère, devenu symbole de la culture hippie, depuis Easy Rider (1969), film dans lequel il partage la vedette avec Denis Hopper, son réalisateur et autre figure de la contre-culture, même si devenu républicain acharné sur la fin de sa vie. Mais les engagements de Peter Fonda sont avant tout d’ordre hédoniste. Il veut de la drogue et du sexe. Entend vivre libre sur sa Harley-Davidson, cheveux au vent et écoutant du bon vieux rock qui tache. Alors que Jane Fonda, elle, se prend au sérieux. Et c’est souvent là que le temps se couvre. Quand son frère Peter lui propose d’aller passer quelques jours à Cuba, aussitôt, elle s’inquiète qu’on puisse ensuite lui retirer son passeport. « Ça ferait du tort à ma carrière, surtout que j’ai un film à tourner dans quelques semaines », ajoute-t-elle. Peter Fonda nous a quittés en 2019, mais de là-haut, il doit encore s’en taper les cuisses de rire.
Jane aurait mieux fait de retourner à l’école…
Dans le même registre, et toujours à propos du conflit vietnamien, elle affirme, invitée par Dick Cavett (sorte de PPDA de l’époque), que cette guerre ne peut être résolue que par les deux parties en présence, Vietnam du Nord et Vietnam du Sud, et que les « interventions extérieures n’ont jamais servi à rien ». Peter Collier narre la suite, d’une plume taquine : « Dick Cavett lui demande si les colons américains n’ont pas été assistés dans leur lutte. Réponse cassante : "Pas que je sache". Sur quoi, Cavett : "Et La Fayette ?" Devant son air décontenancé, l’assistance conspue Jane. Comme l’observe son agent de presse, Steve Jaffe : "Beaucoup étaient ravis de la voir commettre une bévue du niveau du certificat d’études. Il a fallu du temps pour retourner la situation. Pendant des semaines, les gens s’approchaient d’elle avec un sourire narquois pour lui dire : "Et La Fayette ?" » Pas facile de jouer aux révolutionnaires, quand on est une pauvre petite fille de riches.
Jane donne dans le social…
Décidément malicieux, Peter Collier remet une thune dans le juke-box en évoquant le tournage du film Steelyard Blues (1973), d’Alan Myerson : « Le climat sur le plateau devient sinistre. Alan Myerson, le metteur en scène, est frappé par la naïveté de Jane Fonda. "Elle donnait à fond dans le féminisme et l’anti-élitisme, mais ne se rendait absolument pas compte des contradictions de son comportement. La plus parfaite illustration de cela, la voici : un matin, elle arrive sur le plateau, un employé quelconque s’approche d’elle et lui dit : "Bonjour, miss Fonda". Jane le regarde et répond : "S’il vous plaît, appelez-moi Jane. Il n’y a plus de stars et nous sommes tous égaux". Puis, enchaînant presque immédiatement, elle se retourne et hurle littéralement : "Où est mon habilleuse ?" » Vive la sociale !
Voilà qui relativise la portée de son actuel discours politique. Surtout quand, de 1991 à 2001, elle a été l’épouse de Ted Turner, fondateur de CNN, chaîne d’informations en continu ayant fait sa renommée en couvrant la première guerre du Golfe, en 1990.
Mais Jane Fonda n’en est plus à une contradiction près. Pas à un discours lunaire près non plus : « Moi, je suis pleine d’espoir. L’espoir est un muscle. Je travaille pour le faire exister. »
Logique, finalement, pour une femme ayant fait fortune avec ses cassettes vidéo d’aérobic.
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88 commentaires
Pour moi le réchauffement climatique est humaine à cause des guerres dù aux explosions qui réchauffent l’atmosphère tout en la polluant à l’extrème. La masse d’air froide des pôles ne suffit plus a absorber cette exédent de températures et 2035 plus de thermique pour 1/50e de la planète est ridicule, cela me fait penser au colibri qui donne une goutte d’eau à l’incendie de l’amazone en disant qu’il a fait sa part.
Vous êtes super informé et merci pour vos éclaircissements. Je supprime tout matériels électrique immédiatement.
Votre remarque est très juste.
L’humain participe activement au réchauffement climatique et les guerres en sont une des causes.
Les multiples émissions de gaz à effet de serre par notre espèce aggravent dans de grandes proportions le réchauffement climatique que nous connaissons.
Vouloir ralentir les effets de ce réchauffement n’est une volonté ni de droite ni de gauche mais apolitique et universelle.
De nombreuses personnalités de droite de talent sont engagées dans ce combat et il faut les saluer.
Pourquoi Hollywood est il démocrate?
Si les républicains n’aiment pas le cinéma, pourquoi écoutent ils Trump ??
Peut-être parce qu’il le prenne pour un acteur comique qui n’est là que pour asséner que des contre-vérités …
Ce serait plutôt un acteur tragi-comique, pas risible du tout ! à 80 balais, il ferait bien
de prendre sa retraite avant l’infarctus !
Jane baisse beaucoup .
Quand Donald Trump nous dit que le réchauffement climatique est un canular, a-t-il encore des adeptes pour le croire ?
Même l’extrême droite française via le RN (qui a trop longtemps fustigé les scientifiques) nous dit aujourd’hui que nous n’avons pas assez suivi les rapports du GIEC.
Au passage, quel opportunisme.
Comme les grooming gang, qui ne sont qu’affabulation d’Elon Musk…
Très juste.
Pouvez vous nous éclairer sur votre commentaire , qu’a t-il à voir avec le sujet de l’édito de M. Gauthier ? Dans le cadre d’un examen vous seriez hors sujet cher monsieur , ou tout simplement étiez vous en train de passer en revue une presse gauchiste.
Juste en train de rappeler que l’inepte Trump n’a pas grand chose d’intéressant à nous proposer comme le dit si bien Jane Fonda.
Arrêtez d accuser toujours l extrême droite ! Il y a des gens bien et mauvais partout. Quand on a une once d honnêteté, on sait le reconnaître. Quel intérêt de parler de Trump et de son canular ?
Je confirme : il y a des belles personnes à droite comme à gauche.
Il suffit juste de les écouter.
Par contre, il m’est difficile d’accorder du crédit aux 2 extrêmes.
Je ne lis d’ailleurs que des journaux modérés : Libération, Le Monde, Le Figaro par exemple.