C’était un rêve inaccessible, c’est en train de devenir une tendance : la vie de château est à la mode, et ce luxe d’habiter une demeure historique, réservé aux héritiers de grandes familles ou à quelques émirs fortunés, est devenu un marché accessible à un public de plus en plus nombreux. La raison de cette brèche qui s’ouvre dans la muraille ? L’effet conjugué de plusieurs phénomènes.

Côté vendeur, de plus en plus de mises en vente, d’abord. Allongement de la vie oblige, on hérite plus âgé du château de famille, et avec moins d’entrain pour se lancer dans l’aventure passionnante mais exigeante de l’entretien d’une demeure de patrimoine. Ou, converti à la heureuse, on préfère la vie nomade du citoyen du monde à la vie sédentaire du propriétaire terrien. Un château, ou même ses petits frères logis, maison forte, gentilhommière ou maison de maître, on lui appartient avant qu’il ne vous appartienne, tant sont mobilisatrices de temps et d’argent sa restauration, sa conservation, sa valorisation.

Côté acheteur, pourtant, on se presse ! De plus en plus nombreux, candidats à la reconversion, passionnés de vieilles pierres, nouveaux entrepreneurs en quête de sens, familles à la recherche d’espace, investisseurs en mal de campagne se ruent sur les sites spécialisés et ouvrent des yeux étonnés sur des annonces offrant un cadre royal pour le prix d’un trois-pièces à Paris. Patrice Besse, Barnes, Le Nail, Groupe Mercure, Château pour tous… autant de portes ouvertes sur une nouvelle vie jusque-là réservée aux milliardaires et, tout à coup, à portée de main. Un marché qui n’est pas près de se refermer, à en croire Patrice Besse qui évoque, dans Le Parisien, une hausse de 40 % des transactions en 2020 et anticipe le double au bilan de 2021 ! Comme si, quitte à être confiné, on soit au large et, quitte à télé-travailler, on le fasse pour des projets durables.

Alors, bien sûr, il faudra de la patience en plus de la passion pour relever le défi et devenir un nouveau chevalier du patrimoine, à la tête de son domaine ; il faudra se muer en ouvrier, maçon, charpentier et couvreur, il faudra accepter le froid de l’hiver et la chaleur des combles, s’équiper pour entretenir le parc aussi grand qu’un lotissement et imaginer de nouvelles sources de revenus : mais là encore, les idées, les soutiens, les réseaux ne manquent pas : la start-up Hephata vous conseille dans la valorisation de votre par des activités innovantes, Patrivia met en ligne votre billetterie de visites, La demeure historique ou Vieilles maisons françaises vous assurent un large réseau d’expertises et d’expériences…

Alors, cet été, plutôt que de guetter les châteaux imprenables sans passe sanitaire, les jardins remarquables sans chirurgical ou les points de vue exceptionnels sans préalable, partez en quête de votre propre Graal, rejoignez la croisade des nouveaux châtelains, accomplissez votre rêve de conquête et d’aventure et servez, du même coup, la plus belle cause qui soit : sauvez et valorisez le du plus beau royaume qui soit après celui du Ciel : La France !

27 juillet 2021

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

5 2 votes
Votre avis ?
4 Commentaire(s)
le plus populaire
le plus récent le plus ancien
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires