Editoriaux - People - 14 janvier 2020

Catherine Middleton en majesté !

Nous aurions aimé être une petite souris, cachée dans un recoin du manoir de Sandringham où se tinrent, lundi, les pourparlers entre la reine et ses deux petits-fils. On ne s’est sans doute pas lancé à la figure les tasses du service à thé, hérité de la reine Victoria qui acheta cette demeure en 1862. Pas le genre de la maison de Windsor. Mais, comme on dit, on a dû se dire les choses.

On s’est donc entendu sur une « période de transition ». Donc, pas de rupture conventionnelle brutale, cela va se faire smoothly, en douceur. Le communiqué accouché de ce royal meeting a presque quelque chose de macronien – dans la forme, s’entend. La reine déclare « soutenir entièrement » le choix de Harry et Meghan de vouloir se mettre en retrait mais, en même temps, elle demande que soit trouvées, dans les jours qui viennent, les décisions finales. Ce qui veut dire, en clair, qu’il a été décidé que rien n’était encore décidé. A été souligné aussi le fait qu’il restait « du travail à accomplir » sur des questions « complexes ». Outre celles de titulature et de prédicat, on devine derrière cet adjectif valise qu’il y a aussi la question des gros sous. Car on a bien compris que Harry et Meghan ne veulent pas se retirer de la scène royale pour aller bûcheronner au fin fond du Canada et habiter une cabane de rondins. Cela aurait eu de la gueule, mais non. Le prince Harry ne tient pas de son arrière-grand-mère, la princesse Alice de Grèce, la mère du prince Philip, qui devint nonne. Quant à Meghan, on ne la voit pas trop aller faire des lessives au bord de la rivière par des moins dix.

However, la presse people fait remarquer que, dans cette conférence au sommet, manquait Kate. Vous me direz que c’est déjà assez compliqué comme ça. Mais, au fond, n’y a-t-il rien de plus normal ? C’est bien connu, les « pièces rapportées », autrement appelées « valeurs ajoutées » dans une famille, ont tout intérêt à rester en retrait dans ce genre d’affaire. Que des coups de griffe à prendre en s’en mêlant. Dis donc, Machine, ça te regarde pas, tout ça, tu voudras bien rester à ta place, s’il te plaît ! Alors, , grande absente de Sandrigham ? Oui et non. Ainsi, le Daily Mail a publié une photo de la duchesse de Cambridge accompagnant ses enfants à l’école alors que sa belle famille tenait conseil dans le Norfolk. Comme si de rien n’était. En tout cas, tout un symbole. Elle fait son « job » de maman, comme des millions de mamans britanniques, tous les matins que Dieu fait. Et, en même temps, elle tient son rang, assume son rôle de duchesse, d’altesse royale, d’épouse d’un futur roi. Elle ne chouine pas tous les quatre matins sur son sort parce qu’elle doit passer la moitié de sa vie perchée sur des talons de quinze. Bref, elle assume.

En avril 2018, Éric Zemmour, dans Le Figaro Vox, avait souligné le fait que la monarchie britannique avait choisi de renouer avec ses valeurs traditionnelles après la « tempête Diana ». Ce rétablissement passait « par une alliance de la monarchie avec les classes moyennes et populaires – incarnées parfaitement par les sœurs Middleton – qui, contrairement aux classes supérieures, n’avaient pas renoncé à la nation britannique et aux traditions ». Catherine Middleton n’est-elle pas une arrière-petite-fille de mineur ? En tout cas, elle semble avoir compris que la monarchie britannique n’est pas Disneyland et qu’il ne suffit pas de porter une robe de princesse pour en devenir une.

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