Bruno Retailleau ira-t-il jusqu’au bout ?
Bruno Retailleau ira-t-il jusqu’au bout ? C’est-à-dire jusqu’au bout de sa candidature à la présidence de la République. Là est la question alors que les derniers sondages donnent le président de LR entre 6 et 9 %. « J’irai jusqu’au bout », aurait affirmé le sénateur de Vendée à l’une de ses collègues, si l’on en croit L’Express du 3 septembre. Pas vraiment un scoop, puisque, le 5 juillet dernier, lors de son meeting de lancement de campagne, Bruno Retailleau avait déclaré dans un discours empreint, semble-t-il, d’une grande sincérité : « J’irai jusqu’au bout, et je mettrai mes tripes, mon cœur sur la table. » On ne pouvait être plus clair, sachant qu’une fois cela fait, il n’y a plus grand-chose à déposer, à part sa candidature officielle sur le bureau du Conseil constitutionnel.
Mais le meeting ne s’était pas encore tenu qu’un cadre des LR confiait à nos confrères de La Dépêche : « Larcher le débranchera après les sénatoriales. » Sénatoriales qui se tiennent le dimanche 27 septembre dans la moitié des départements... dont la Vendée. Le sénateur quasi inamovible des Yvelines et président de la haute assemblée était pourtant présent au premier rang pour soutenir son collègue de Vendée, lors de ce meeting du 5 juillet. Mais cela ne veut rien dire, me direz-vous.
Ce dimanche 6 septembre, Bruno Retailleau reste sur cette même ligne et va même au-delà : « J’irai jusqu’à la victoire », a-t-il déclaré sur BFM TV, excluant tout ralliement et pointant ces candidats macronistes qui « auront beaucoup de mal à faire oublier le bilan d'Emmanuel Macron, qui est mauvais ».
Il faut bien toujours une première fois
Alors, Bruno Retailleau ira-t-il jusqu’au bout ? Aujourd'hui, à l'évidence, la réponse est oui. La question est en tout cas existentielle, certes pour Bruno Retailleau, mais plus encore pour un parti en quelque sorte consubstantiel à la Ve République et qui n’a cessé de revendiquer sa filiation gaulliste, estimant détenir un morceau de la vraie croix de Lorraine dans son héritage. Or, en 2017, pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, le candidat représentant ce courant politique n’était pas présent au second tour de la mère des batailles : François Fillon terminait derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Deuxième étape, en 2022 : pour la première fois dans l’histoire de la Ve République, le candidat – en l'occurrence, la candidate – terminait le premier tour à moins de 5 % des suffrages, derrière une ribambelle d’autres candidats. Une humiliation qui obligea Valérie Pécresse à faire la manche pour rembourser sa campagne. Certes, il faut bien toujours une première fois, dans la vie.
À ce sujet — Sondages : Marine Le Pen, gagnante dans tous les cas, est celle qui « inquiète le moins »
Vers la convergence ?
Alors, 2027 sera-t-elle la troisième station de ce chemin de croix, de moins en moins de Lorraine, avec tout simplement l’absence du candidat issu de LR, formation politique descendant en ligne directe de l’UNR, de l’UDR d’autrefois, du RPR et de l’UMP ? Si l’on écoute les Pécresse et Copé, qui ne sont sans doute pas les soutiens les plus inconditionnels de Retailleau, on peut tout de même se le demander. Des propos qui ressemblent à des petits cailloux déposés sur ce chemin déjà bien escarpé. Ainsi, le 24 août sur TF1, la présidente de la région Île-de-France, qui bénéficie déjà du ralliement des conseillers régionaux macronistes à sa majorité régionale, déclarait que les programmes de Bruno Retailleau et d’Édouard Philippe « sont en train de converger », notamment, selon la candidate malheureuse à la présidentielle de 2022, sur la question de l’immigration.
Valérie Pécresse a livré sa dissertation impeccable d’énarque en deux parties. Grand 1 : Bruno Retailleau « a la légitimité pour porter son projet. C’est quelqu’un qui est sincère, qui a des convictions. » Grand 2 : il faut faire l’unité de la droite et du centre (c'est-à-dire l'unité du centre et du centre) face au risque de qualification de Mélenchon, qui serait « le drame absolu ». « Cette unité, il va falloir la construire, on a deux, trois mois. » L’unité, concrètement, ça veut dire le retrait d’un candidat, puisque, de toute façon, d’une primaire il n’en est pas question, d’autant que, comme l’a déclaré la semaine dernière, sur BFM, Jean-François Copé, « il n'y a plus de primaire possible ».
Vers le croisement des courbes ?
Retrait du moins bien placé ? Pour l’instant, le moins bien placé, par rapport à Philippe, c’est Retailleau. Mais dans cette équation compliquée, comme l'Orient, il n'y a pas deux mais trois inconnues : n'oublions pas Attal. Peut-on imaginer un croisement des courbes avant Noël entre les deux candidats les plus à droite de cette équation ? Souvenons-nous, en 2022, du croisement et recroisement des courbes d’Éric Zemmour et Marine Le Pen. Retailleau veut y croire. Mais pour cela, il doit muscler son discours. C’est ce qu’il a fait, la semaine dernière. Sur l'éducation, par exemple. Mais aussi sur la question institutionnelle. Dans un entretien au Figaro, il affirme vouloir « renverser la table » en proposant une réforme constitutionnelle qui ouvrirait les possibilités de référendum et – proposition des plus révolutionnaires dans un système verrouillé par le fameux État de droit – permettrait en quelque sorte au peuple de censurer par référendum les censeurs, c’est-à-dire le Conseil constitutionnel. Autre proposition d'ordre institutionnel : Bruno Retailleau veut faire inscrire dans la Constitution les racines judéo-chrétiennes de la France.
Alors, « convergence », non pas des luttes, mais des programmes, comme l’affirme Pécresse ? Pas aujourd'hui, en tout cas. Mais demain ? Et pour comprendre demain, il faut parfois aller voir hier. En 2024, Jean-Jacques Bourdin, sur Sud Radio, posait cette question à Retailleau : « Entre Édouard Philippe et Marine Le Pen, vous choisissez qui ? » Réponse du patron des LR : « Je pense Édouard Philippe, à condition qu’il ait un vrai projet pour la France… » Question d’appréciation et de situation. On devrait voir plus clair après les sénatoriales. Le même jour que la visite du pape.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR





































126 commentaires
Dernière minute : Retailleau à son protecteur. Le centriste de droite Praud, dans son émission à fustigé le député Ballard qui critiquait le Vendéen pour son inaction au sein du gouvernement. Le présentateur a affirmé que Retailleau avait intégré le gouvernement Macron non pour le poste mais pour faire avancer les choses. Lorsque monsieur Ballard a contré ses inepties en disant que sous le règne du Vendéen l’immigration avait augmenté et que la délinquance avait explosée, le présentateur à insisté dans la défense du LR macronisé en annonçant que Retailleau ne pouvait rien faire ; il n’avait pas les moyens Etc… Propos de Praud prononcés avec l’assentiment joyeux de ses invités : le communiste Le Boeuf et le trio qui avait condamné l’action du RN sur l’interdiction du voile : Millet-Naullaud-Medjemeur. Le RN devrait limiter ses interventions sur cette chaîne acquise au centre droit et aux LR macronisés. A suivre…
A partir d’une certaine dose, l’amour fait perdre tout sens des réalités. Plutôt que de voir des macronistes , des centristes etc. partout, pensez au grand tétras = C’est lorsqu’il roucoule d’amour que les gens des Alpes arrivent à s’en approcher pour le tirer. Et dites vous aussi que C News survivrait tout à fait à la « chaise vide ».
Moi j’ai pas vu cette émission.. a 9h du matin j’ai une vie..j’aime bien cnews,mais j’avoue que la présence permanente de » portes parole RN » a chaque émission, ca m’agace,d’autant qu’ils ont un langage automatique un peu sectaire » avec mlp ».. bla bla bla..et le niveau des émissions s’en ressent..
De toute façon, au soir du premier tour, si pas de victoire totale du fait de MLP, ils seront tous là pour donner la consigne de voter pour Mélanchon dès 20h05, 20h10 pour les prudents et les retardataires… Edouard l »a déjà fait !
Le problème est sa proposition d’utiliser le référendum pour contrer le Conseil constitutionnel montre à l’envi qu’il n’a pas l’étoffe et la carrure d’un véritable homme d’État. C’est en effet le mode de désignation des membres du CC qui est entièrement à revoir. Le référendum n’est pas vraiment adapté à l’électorat français. Lors de ces consultations, les Français ont toujours répondu à tout, sauf à la question posée.
Le ventre mou de la France c’est eux,surtout pas Gaulliste,socialiste un peut,communiste aussi,macroniste surement,mais de la vraie droite jamais.
Les LR héritiers de De Gaulle ? mais ils ont tous perdu leur colonne vertébrale, si tant est
qu’ils en aient une, sauf pour aller à la gamelle quel qu’en soit le contenu.
Cela a été longtemps mon parti préféré, mais ces 45 dernières années, les LR n’ont fait que trahir leurs électeurs. Plus question de voter pour eux.
NON , Retailleau n’ira pas au bout. Il va négocier un poste avec le macroniste en course et se désister pour lui.
Il n’y a personne d’envergure chez LR, qui est devenu un autre parti centriste gaucho-compatible.
Le choix 2027 est clair : Le RN et ses alliés ou l’extinction de la France.
J’ai personnellement assisté à une réunion avec lui lorsqu’il faisait campagne pour être président du parti. Il y avait une centaine de personnes dans la salle. Après avoir dit pis que pendre de Macron, du gouvernement, de sa politique qui nous menait dans le mur, et affirmé qu’il y avait urgence, quelqu’un lui a demand : « Dans ce cas, pourquoi les LR n’ont-ils pas voté la censure ?… Réponse : « mais parce qu’en cas de nouvelles legislatives nous perdrions beaucoup de fauteuils »… Autrement dit nos strapontins nous importennt plus que l’avenir de la France. De plus, en cas de duel RN-LFI, compte tenu de ce qu’il balance sur MLP et Bardella, je ne suis pas certain que, comme beaucoup de « gaullistes », il ne préfèrera pas voter Mélenchon. Ce type qui nous a raconté que, comme ministre de l’Intérieur, « il allait tout casser » et qui a accepté d’avaler couleuvres sur couleuvres sans démissionner, est une c… molle. Il n’écoute pas sa base et elle a foutu le camp chez Ciotti. Ne pas oublier qu’il y a 4 ans, c’est ce dernier que la base lui avait préféré pour prendre la présidence des LR… Il n’est qu’un second choix…
Quand il fut ministre de l’intérieur il n’a rien fait , à part laisser toujours plus de migrants arriver et n’en a expulsé que trop peu et encore je suis gentille
Pas convaincue du tout
Position un peu facile. Je suis ministre. Seul certes mais en avant avec ma baguette magique. S’il n’a rien fait c’est une preuve que le Bloc central est ce qu’il est. Après cette expérience, ceux qui, pour quelques raison que ce soit, mettront un bulletin Philippe dans l’urne ne pourront pas dire « Je ne savais pas ».
Non pas facile je fais une constatation non seulement il a laissé « passer » encore plus de migrants mais il nous a tenus en haleine avec ses « ripostes graduées » envers l algérie (on attend toujours) je veux bien mais à un moment il faut arrêter de se moquer des gens, et je ne dis pas que le edouard philippe est la meilleure alternative mais bien la continuité de la politique actuelle et puis on l’a vu alors qu’il était premier ministre mais retailleau non merci, les LR je n’en veux plus, les trahisons on a donné
Soit Retailleau se retirera avant le premier tour, soit on le retirera en ne lui donnant pas les vois nécessaires pour être présent au second. Mais, notez bien ce que je vous affirme ici, vous pouvez être sûr que dans les deux cas ci-dessus il appellera à voter contre Marine Le Pen et pour le candidat du statu quo : Philippe, Attal, Gluscksmann, Hollande… Le seul cas ou Retailleau pourrait ne pas appeler à votre contre le RN serait les cas de l’affrontement RN-LFI au second tour, et dans ce cas il est fort probable qu’il s’abstiendrait…
Abstention qui, au regard des règles actuelles de scrutin, ne prenne pas en compte les votes blancs et les abstentions, revient mathématiquement à donner une demi-voix à Mélenchon ! Deux Retailleau font donc un vote pour Mélenchon !
Oui, et c’est ce que font les LR (n ni) depuis des décennies !
Ce genre d’intervention se répète sous X formes. On accuse – à l’avance, les perdants du 1° tour de ne pas soutenir MLP. Jamais aucune autre interrogation, comme si c’était un dû. Jamais, « Que fait elle pour rassembler ? ». Et la « rigidité » de son noyau dur n’arrange pas les choses. Il passe plus de temps à taper sur la concurrence dont ils auront peut-être besoin que sur ceux qu’ils sont censés combattre.
De Gaulle doit se retourner dans sa tombe devant la médiocrité de ses héritiers .
Ces gens ne sont pas les héritiers de De Gaulle !
Que monsieur Retailleau garde ses tripes. Personne n’en veut . Ni de ses tripes, ni de lui .
Retailleau n’est pas gaulliste , ça se saurait!!
En écoutant François Fillon dernièrement sur les réseaux sociaux je me dis que nous avons beaucoup perdu et je suis favorable à un Retailleau qui lui a été fidèle jusqu’au bout. Mais il a de gros handicaps. Son parti, son entêtement contre le RN, même s’il n’a pas tort sur le fond, son manque de notoriété, son passage au gouvernement, la candidature Lisnard, et sa personnalité trop lisse. Ça fait beaucoup.
Il se ralliera à la gauche comme Wauquier, Darmanin, Pécresse, Bertrand et consort, car il y aura plus de chance de décrocher un strapontin qu’avec Marine… Mon fauteuil d’abord !
Quand de Villiers va-t-il se décider à se présenter? Il est sûr d’être au deuxième tour!