Brexit, élection : la campagne de Boris Johnson et ses enjeux pour nous

La campagne va être terrible. Les anti- vont jeter toutes leurs forces dans la bataille, avec l’énergie du désespoir. Après avoir, jusqu’ici, bénéficié des manœuvres dilatoires du Speaker Bercow (président de la Chambre des communes), qui a systématiquement freiné le processus, aidé de députés peu respectueux du résultat du référendum en faveur du Brexit, ils savent maintenant qu’il y a une deadline. La consultation électorale aura lieu le 12 décembre, selon le vœu du Premier ministre, avec un accord en suspens qui lui permet de faire campagne sur le slogan du « Let’s get Brexit done ».

Alain de Benoist nous rassurerait presque en disant que « l’issue ne fait pas de doute », si ce n’est qu’il ajoute, reprenant l’antienne « La Grande-Bretagne dérivera vers le “grand large”, conformément à sa vocation insulaire », qu’« à défaut d’avoir pu acheter le Groenland, Donald Trump achètera les Anglais », ce qui est une contre-vérité.

Trump, dans l’état actuel de l’accord de Brexit avec l’Union européenne, dit ne pas pouvoir établir de partenariat spécial avec le Royaume-Uni. Lors d’une interview, il a encouragé l’alliance de Farage et de Johnson au prix d’un Brexit sans accord en lançant à Nigel Farage : « J’aimerais vous voir vous mettre ensemble, je pense que ce serait formidable. » Mais Johnson a rejeté la proposition d’une forme d’alliance pour le « leave » avec le chef du Parti du Brexit.

Devant le 10 Downing Street, Boris Johnson a plaisanté : « L’accord [de Brexit] est prêt. Mettez-le juste dans le four à micro-ondes », disant vouloir se consacrer au plus vite – se gardant à gauche – au renforcement du service de santé, le NHS (National Health Service) – et à droite – en prônant le modèle australien pour les questions d’immigration et de frontières.

Les garanties du lien entre l’accord de libre-échange et le principe de conformité aux standards européens (droits des travailleurs, droit de la concurrence, environnement) du texte de l’accord de retrait ont été transférées à la déclaration politique qui n’est pas juridiquement contraignante. La déclaration politique évoque une relation économique souple fondée sur un accord de libre-échange, sans quotas ni tarifs, dans le cadre de règles du jeu équitables (level playing field), mais avec la possibilité de diverger par rapport aux règles du marché unique afin de poursuivre une politique commerciale plus indépendante. D’où cette inquiétude du bureaucratisme atavique allemand de voir, à moyen terme, instaurer un « Singapour en mer du Nord » qui ferait du Royaume-Uni un concurrent au même titre que la Chine.

Le problème des intellectuels populistes, c’est qu’ils partagent la vision des progressistes comme Raphaël Enthoven ou le Président Macron sur la fin du clivage gauche/droite. Ils se désolent de voir Salvini revenir à la raison avec une union, à droite, de la Lega et de Forza Italia. Mais Alain de Benoist va plus loin. Il reproche à Salvini sa proximité affichée avec Trump, Bolsonaro et « surtout Benyamin Netanyahou, dont le portrait trône à la place d’honneur dans son bureau » (sic). So what ? À Rome a eu lieu une formidable manifestation où Salvini rendait un magnifique hommage à Oriana Fallaci ; ce n’est pas sans rapport.

Je n’ai jamais su, chez eux, ce qui l’emportait entre la haine du libéralisme et celle du monde anglo-saxon. Les partisans d’une voie antilibérale, qu’elle soit celle du socialisme, de l’étatisme ou du capitalisme de connivence, nous conduiront toujours sur la route de la servitude, qui mène à une forme de totalitarisme, comme l’expliquait très bien Hayek. L’union des droites pour une Europe des nations libres est l’alternative.

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