Bernadette Chirac, l’héritière d’une lignée de serviteurs de la France
La disparition de Bernadette Chirac, survenue ce 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans, suscite une profonde émotion. En effet, pendant plus d'un demi-siècle, celle qui fut l'épouse du Président Jacques Chirac a incarné une certaine idée du devoir et de la fidélité à la France. Son engagement en Corrèze, son action en faveur des enfants hospitalisés à travers l'opération « Pièces jaunes » et sa présence constante dans la vie publique française ont marqué plusieurs générations. Au-delà de sa personnalité, sa disparition rappelle également l'histoire de sa famille, dont plusieurs membres se sont illustrés au service de la nation, parfois dans des circonstances décisives de son Histoire.
La famille Chodron de Courcel
Avant son union avec Jacques Chirac, Bernadette Chodron de Courcel appartenait à une famille dont les racines remontent à l’Ancien Régime. En effet, selon le Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, cette lignée serait originaire de Metz et aurait appartenu à la haute bourgeoisie lorraine dès le XVIe siècle. Certains de ses membres, comme Nicolas Chodron, reçurent en 1628 du cardinal de Lorraine des fonctions d’archiviste, tandis que d’autres, plus tard, à l’image de Joseph Chodron, né en 1744, devinrent contrôleurs généraux des domaines du prince de Condé en Lorraine avant de servir dans l’armée des princes durant la Révolution.
Après la Révolution française, plusieurs Chodron servirent l’Empire, parfois jusqu’au sacrifice suprême en versant leur propre sang pour la France. Ainsi, François Chodron de Sanzey se distingua lors de la défense de Toul face aux armées coalisées en 1814, ce qui lui valut d’être nommé officier de la Légion d’honneur. Un autre membre de la famille, Joseph-Noël Chodron, lieutenant de cavalerie, trouva la mort lors de la campagne de Russie en 1812.
À ce sujet — Bernadette Chirac est morte
Durant la monarchie de Juillet, Louis-Jules Chodron, né à Paris en 1804, devint secrétaire du prince de Talleyrand. Par ordonnance royale de 1832, il fut également autorisé, ainsi que sa descendance, à porter une particule à leur nom. Puis, selon les archives de la ville de Paris, « par décret du prince-président de la République, en date du 7 août 1852 », les membres de sa famille « ont été autorisés à ajouter leurs noms patronymiques de Courcel ». Son fils aîné, Alphonse Chodron de Courcel, arrière-grand-père de Bernadette Chirac, mena une brillante carrière diplomatique. Élevé à la dignité de baron par Napoléon III en 1867 et recevant la grand-croix de la Légion d’honneur, il devint ensuite ambassadeur de France à Londres de 1894 à 1898 puis sénateur de la IIIe République.
Geoffroy Chodron de Courcel, un homme du 18 juin
Parmi les figures les plus remarquables de cette lignée figure également Geoffroy Chodron de Courcel, l’oncle de Bernadette Chirac, né à Tours le 11 septembre 1912. Diplomate de formation, il entre au ministère des Affaires étrangères avant la Seconde Guerre mondiale et exerce notamment à Athènes. Lorsque le conflit mondial éclate en 1939, il est mobilisé et affecté au Levant. Revenu en métropole au moment de la campagne de France, il est nommé aide de camp du général de Gaulle, sous-secrétaire d'État à la Guerre et à la Défense nationale du 6 au 16 juin 1940. Lorsque celui-ci choisit de continuer le combat depuis Londres, Geoffroy Chodron de Courcel décide de le suivre. Le 17 juin 1940, il embarque ainsi avec de Gaulle pour l’Angleterre, l’aide dans la préparation du discours du 18 juin et devient alors l'un des premiers membres de la France libre. Un an plus tard, il rejoint l’Afrique du Nord et participe aux combats en Égypte, notamment lors de la bataille d’El-Alamein, ainsi qu’en Libye et en Tunisie. En 1943, il retrouve à Alger le général de Gaulle, qui le nomme directeur adjoint de son cabinet. Son engagement exceptionnel lui vaut d’être fait compagnon de la Libération par décret du 8 juillet 1943, une distinction attribuée à seulement 1.038 personnes.
Après la guerre, il poursuit une brillante carrière diplomatique au Quai d’Orsay. Il occupe notamment les fonctions de représentant permanent de la France auprès de l’OTAN avant de devenir, en 1959, secrétaire général de la présidence de la République après le retour au pouvoir du général de Gaulle. En 1962, il est ensuite nommé ambassadeur de France au Royaume-Uni, comme son aïeul autrefois, fonction qu’il exerce pendant une dizaine d’années. Figure respectée, il s’éteint le 9 décembre 1992, laissant derrière lui l’image d’un homme au service de la France et de la liberté.
Bernadette Chirac aura à son tour et à sa manière, à l’exemple de sa famille, consacré son existence au service de la France. Si son parcours fut naturellement différent de celui de ses ancêtres ou de son oncle Geoffroy, elle n’aura ainsi jamais trahi cet héritage familial. Avec sa disparition s’efface ainsi la représentante d’une lignée dont l’histoire se confond, par bien des aspects, avec celui de notre pays.
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87 commentaires
Avec un mari qui fut un coureur de jupons et plus grave a fait partie de la trilatérale, bilderberg, et dont la politique fut très nocive pour nous … rassemblement familial des étrangers entre autre … il y aurait beaucoup à dire sur Jacques Chirac, quant à elle, victime ou complice ?
Je n’ai jamais rien eu contre Bernadette Chirac, alors qu’elle repose en paix. La question que je me pose, à leur propos, c’est que s’ils étaient vraiment gaullistes de la première heure, attachés à leur pays, leur région, comment ont-ils pu s’accommoder du mondialisme qui était déjà en marche à leur époque ? …
C’est votre goût de l’uchronie qui parle ? Pour ma part parmi les multiples interventions de Bernadette je pense à son conseil d’éviter la dissolution – idée géniale de son mari et de Villepin qui nous a amené un trotstkiste à Matignon. On peut aussi se rappeler de son engagement politique en Corrèze loin des flons flons parisiens.
Bien qu’elle repose en paix
Vu ce que l’on a en « grande dame » aujour’hui , c’est sûr que ça en était une comme son mari , du charisme et Français dans les tripes mais je me suis toujours demandé où étaient passées les pièces jaunes tant collectées , jamais de nouvelles de l’Etat à quoi elles avaient servi donc avec tout le respect que j’ai , je qualifierai ces gens comme des profiteurs du système et des Français , pour moi la seule qui était respectueuse de notre pays était Yvonne De Gaulle , les autres , non ; et comme je disais les pires aujourd’hui ce sont les Macron , profiteurs , voleurs , traîtres de la nation limite haine de la France
Pour ce qui est des pièces jaunes vous ratissez large.
si vous vous demandé ou vont les pièces jaunes, c’est que vous n’êtes pas curieux, et que vous favorisez la médisance ! « Pour la 7ème année consécutive,
Coinstar
France a transformé les pièces jaunes en dons pour la Fondation des Hôpitaux, afin d’améliorer les conditions d’hospitalisation des enfants et des adolescents ainsi que celles de leurs familles. »
Une dame qui inspire le respect. Mme Chirac incarne à merveille la bonne éducation traditionnelle française et des valeurs qui tendent à se perdre. Sincères condoléances à sa famille.
Issue de la grande bourgeoise de province tout comme l’était Mittérand et Giscard Elle a tout de même bien profité des largesses de son mari sans y retrouver rien à redire. Fallait il qu’elle l’aime (ou bien qu’elle tienne fortement à sa position) pour avoir subi autant d’affronts de sa part. Quant aux pièces jaunes, c’est le début d’un moyen de désengagement de l’Etat dans ses responsabilités en quémandant pour améliorer la vie des enfants et adolescents hospitalisés à travers la France. Tout celà n’est pas très glorieux.
Et pour certain, de rouler en porsche !
Ces propos n’engagent que vous. C’est rassurant.
Si j’en juge par sa photo qui accompagne ses articles, Monsieur de Mascureau est un jeune trentenaire, ce qui n’est bien sûr pas un défaut en soi, et même plutôt un avantage. Et c’est un sexagénaire qui vous le dit. ;)
En revanche ce panégyrique de Bernie et par transitivité de Jacquot est loin d’être mérité. Me souvenant du départ de ces deux-là de l’Elysée et de la manière dont ils ont trouvé à se reloger m’a conduit à effectuer la petite recherche suivante sur le net qui a confirmé mes souvenirs : » Après avoir quitté l’Élysée en 2007, Jacques et Bernadette Chirac ont été hébergés gracieusement dans un vaste appartement du 3, quai Voltaire (Paris, 7e arrondissement). Ce duplex de plus de 180 m² (estimé parfois à 400 m²) avec vue sur la Seine et le Louvre appartenait à la famille de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, assassiné en 2005″. Formulé ainsi il faut comprendre que 180 m2 était la version « officielle » et 400 m2 était la réalité…
Personnellement, dans mon entourage, j’ai eu beau chercher, personne ne s’est même seulement proposé de me loger à titre onéreux dans une chambre de bonne dans le 93.
Mais heureusement qu’il y a encore des gens tels que les Hariri (Hafifi et Haloulou…) qui ont le coeur sur la main et la générosité chevillée au corps qui sont capables de loger un vieux couple de sans-abris. :)
C’est votre droit d’être envieux sauf qu’il y a plus intéressant à critiquer dans le bilan Chirac.
Visiblement vous n’avez pas compris le problème de fond que j’évoque à travers mon message qui est celui de la corruption de nos « Zélites ». Un tel logement, aussi vaste et à un tel emplacement vaut 12 millions aujourd’hui si on s’en réfère à la petite recherche que j’ai faite sur le net.
Si vous croyez qu’un affairiste tel que Hariri puisse faire un tel cadeau de manière désintéressée c’est que vous êtes particulièrement naïf. Un homme politique honnête n’accepte pas un tel « cadeau », d’autant que les Chirac avaient largement les moyens d’habiter dans un beau quartier sans rien demander à personne.
Ce lamentable épisode montre que ces deux-là étaient prêts à tout pour profiter à fond du système. Il est par conséquent évident que les Chirac ont pu bénéficier d’autres avantages indûs au cours de leur longue carrière pendant laquelle ils se sont servis joyeusement.
Dans le même ordre d’idée, Villepin, ancien haut fonctionnaire, habite lui aussi un duplex depuis quelques années, mais avenue Foch. Or pour habiter là il faut être milliardaire, comme l’héritière Bettencourt. Mais il est vrai que Villepin est également un des avocats du Qatar en France…
La véritable question est celle de savoir ce que Chirac et Villepin ont concédé, avec l’argent des Français, à des intérêts étrangers ? La question que je pose vaut également pour la maconnerie.
Les jugements que je lis sur Mme Chirac sont mesquins, Je crois qu’elle avait une certaine idée de la représentation, son éducation était innée et elle ne cherchait pas à se mettre en valeur à l’inverse de Mme Macron !
J’espère que l’on se souviendra du couple Macron et que l’on aura la dent aussi dure que pour Chirac et Sarkozy, mais j’en doute, il y a des gens dont les forfaitures passent crème, à l’image de Mitterrand !
Bien d’accord avec vous.
C’est la peinture vertueuse inhérente à la gauche, il faut vous y faire. Même Jérome Cahuzac était tellement vertueux qu’il n’a jamais fait connaissance avec la prison.
La corruption n’est ni de droite, ni de gauche. Elle est consubstantielle à la politique. Et ce n’est pas parce que l’on a une « bonne éducation » que l’on est honnête pour autant.
La bonne éducation peut masquer bien des turpitudes. Et non. Les jugements effectués sur Bernie et son Jacquot de mari ne sont absolument pas mesquins mais résultent de faits (gravissimes) avérés.
Sans elle Jacque Chirac n’ aurait jamais été président , elle a eu ensuite le retour de l’ ascenseur .
Elle n’ a eu que la souffrance de naitre.
On dirait que la mort fait éclore les arbres généalogiques en fleurs du bien éternel. En fait, je ne sais rien d’elle, je ne me souviens que de son empathie sarkozyenne. Était-ce une connivence de classe quand on sait (paraît-il) la noblesse hongroise de Sarko. C’est lui qui tint Chirac pour un roi fainéant, avant de sombrer lui-même dans ce délice qui nous tue encore. Mais la noblesse de Bernadette fut surtout de surmonter les cavalcades de son mari sans se revancher. Mme Mitterrand y cédait plus qu’à l’ordinaire. Les premières Dames ne sont pas toujours galantes, comme le dirait Brantome. J’aimerais lire le journal intime de Dame Brigitte, si elle le tient, elle qui fait l’éloge de Bernadette dont elle a repris les pièces jaunes, ce trésor du cœur qui n’attendra jamais la blancheur des blanches, englouties sous les 3000 milliards de son mari, fleurs du mal éternel dont nous cueillies chaque jour la douleur.
Et que son sang bleu tardif lui inspira-t-il quand son cher mari conclut des accords avec le Maroc pour que sa production de cannabis débarque sans encombre dans le port de Marseille .? Une femme vraiment noble aurait divorcé d’un pareil individu qui ne s’est pas gêné pour la cocufier tant de fois et qui eut une liaison paralèlle avec une japonaise dont il eut un enfant …!
Un bel exemple de noblesse de robe intéressé plus par son ascension sociale et matérielle que par le bien public …
J’ai beaucoup de respect pour cette dame qui, selon moi, a cherché à servir la France et les français plus que la plupart d’entre nous. Elle n’était peut-être pas parfaite. Mais nous verrons bien ce que donnera « la perfection » au cours des prochaines années.
Vous avez raison
Paix à son âme, mais peut-être peut-on juger de son action politique. Bernadette Chirac me fait penser à une héroïne de Balzac dans la nouvelle « : le cabinet des antiques »;A Alençon sous Charles X cette héroïne Mademoiselle d’Escrignon, héritière de l’une vieille famille aristocratique honorable d’Alençon se marie par dépit avec Du Croisier avocat, l’ âme damnée de l’opposition libérale au trône et l’autel, qui ne cessera de précipiter la chute de sa maison et bien sur de la Restauration . A ceux qui lui reprochaient de ne pas désavouer son marie ,elle répond qu’elle lui reste fidèle , étant mariée. Qu’a fait Madame CHirac pour désavouer son mari , taclant ou désavouant les racines chrétiennes de l’Europe et laissant le champ libre aux lois sociétales Elle aussi répondait , »c’est mon mari » , même s’il trahissait les valeurs du milieu dont elle était issue,alors que tout le monde savait pourquoi il l’avait épousée . Sauver la façade, mais à quel prix?
Elle ne l’a jamais giflé en public !
Chirac vous a répondu, il a voté Hollande. Cela lui rappelait sa jeunesse socialo-communiste, quand il distribuait l’Huma, le dimanche. Il est vrai que lui et Marchais tenaient le même discours « odoriferant » sur l’immigration.
Une belle âme s’en est allée pour un monde plus beau et plus doux, qu’elle repose dans la paix.
Sincères condoléances à ses proches.