Gironde : des sites historiques aux portes de l’enfer
L’incendie qui ravage toujours la Gironde entraîne son lot de drames. Combien de familles perdent tout, leurs maisons, leurs souvenirs et bien d'autres biens que l’argent ne pourra jamais remplacer. Cependant, il est autre chose que le feu menace également, un autre héritage, plus discret et pourtant irremplaçable : celui de notre Histoire. Des églises, des chapelles, des châteaux et bien d'autres sites historiques, petits comme grands, se retrouvent ainsi aujourd'hui aux portes de l’enfer. Si la priorité demeure naturellement la sauvegarde des vies humaines, le patrimoine historique constitue lui aussi une victime potentielle du brasier qui dévore le cœur de l’Aquitaine.
La chapelle de la Villa algérienne, la croix sur le croissant
À Lège-Cap-Ferret, devenue tristement célèbre, ces derniers jours, en raison des évacuations et des incendies qui ont détruit plusieurs habitations, se dresse l'un des édifices les plus singuliers du bassin d'Arcachon : la chapelle Sainte-Marie du Cap. Unique vestige de la spectaculaire Villa algérienne, autrefois surnommée le « palais des pachas », elle fut construite entre 1884 et 1885 par Léon Lesca, un entrepreneur bordelais ayant fait fortune en Algérie en ayant aidé à la construction des quais d'Alger et des voies de chemins de fer. L'architecture de sa chapelle mêle alors avec audace les influences orientales, mauresques, offrant un témoignage exceptionnel du goût pour l'exotisme, à la fin du XIXᵉ siècle. Son clocher élancé vers le ciel frappe également par une image saisissante, celle de la croix qui surplombe un croissant.
Après la disparition de la villa au XXᵉ siècle, seule la chapelle a subsisté. Protégée au titre des Monuments historiques depuis 2008, l'édifice domine toujours le bassin d'Arcachon et demeure l'un des emblèmes patrimoniaux de la presqu'île. Son environnement boisé, fait de pins fortement inflammables, rappelle toutefois combien la beauté du site constitue aujourd’hui sa plus grande vulnérabilité.
Des lieux de mémoire également menacés
Plus à l'est, d'autres sites historiques sont également menacés. Le camp militaire de Souge, à Martignas-sur-Jalle, ne représente pas seulement une installation stratégique de l'armée française, où est notamment stationné le 13e régiment de dragons parachutistes, mais également un haut lieu de la mémoire nationale. En effet, durant l'occupation allemande, il fut l'un des principaux lieux d'exécution du Sud-Ouest. Entre 1940 et 1944, près de 250 résistants et otages y furent fusillés par les nazis.
À Saint-Médard-en-Jalles, également concernée par les évacuations il y a quelques jours et située non loin de Bordeaux, le château de la Mothe-Cajac, à l'image de nombreuses demeures et propriétés viticoles, constitue lui aussi une victime potentielle de l’incendie. Cette demeure, dont les origines remontent au XIVᵉ siècle, fut acquise en 1541 par Pierre Ayquem de Montaigne, oncle du célèbre auteur, et demeura dans cette famille jusqu'à la Révolution. Elle est aujourd’hui considérée comme l’un des derniers châteaux forts encore conservés dans le Bordelais, la plupart des autres ayant disparu.
Le roman en danger
Les flammes ont également fait peser une menace sur plusieurs églises romanes du Médoc. Parmi celle-ci, l'église Saint-Sauveur du Temple constitue un remarquable exemple de l'architecture romane par l'élégance de sa sobre silhouette. Datant du XIIᵉ siècle, elle fut successivement la possession des Templiers, puis des chevaliers de l'ordre de Malte. Plus au nord, l'église Saint-Amand de Saumos est l’un de ces nombreux clochers qui ornent nos paysages, jalonnent les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle et qui ont accueilli des générations de pèlerins. Édifiée au XIIᵉ siècle, elle fut construite sur les vestiges d’une ancienne église qui aurait été détruite lors des incursions vikings du IXᵉ siècle.
L’ensemble de ces édifices et sites, avec tant d'autres en Gironde, aussi modestes soient-ils, n'ont peut-être jamais été le théâtre de grands événements nationaux et seront peut-être oubliés par la plupart d’entre vous, demain. Pourtant, ils constituent les pierres angulaires d’une vie locale. Baptêmes, mariages, funérailles, joies, peines et espoirs de générations de Français ont résonné entre leurs murs. Leur disparition serait alors bien plus que la perte de simples monuments : elle priverait la Gironde d’un fragment de son âme.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR

































15 commentaires
Sans compter les cimetières musulmans qui sont eux aussi susceptibles de brûler…
Voilà le résultat de la politique de Macron et de ses gouvernement successifs . On DONNE des milliards à l’Ukraine , des millions d’euros en Afrique ; des millions d’euros a l’Algérie , on DONNE même des millions d’euros à la Chine , et j’en passe et j’en laisse ! Et notre pays, la FRANCE brûle , et a tous les niveaux . Ces politicards véreux me dégoutent …. George Orwell a dit : » Un peuple qui élit des corrompus ; des renégats ; des imposteurs ; des voleurs et des traîtres n’est pas victime ; il est complice ! » ……..
Cet appel pathétique sera t il entendu lors des ‘réunions de crises’ quotidiennes du Gouvernement ????
il n’ y a pas qu ‘ en gironde que nos cultes religieux sont en danger mais sur toute la France
La Gironde, le département français qui achète le plus de pesticides, qui tuent … alors leurs monuments historiques …. ?
La macronie préfère jeter de l’huile sur le feu sur l’horrible guerre fratricide qui ravage l’Ukraine plutôt que de sauver notre patrimoine .
Que l’on perde un peu plus de notre histoire de France ferait plaisir à LFI
Pour les incendies volontaires et inconscients, il me semble qu’il ne faut pas beaucoup aimer la France pour faire ça. Un patriote protège son territoire et son patrimoine avec amour…
Je crois que pour ces sinistrés le but c’est surtout de sauver leur peau à défaut d’avoir sauvé leurs maisons, le reste est secondaire …
Mais l’effacement de notre identité, c’est le but recherché par certains. Il ne faut pas s’étonner d’avoir sur notre territoire des personnes doués pour le faire en mettant le feu partout partout. Nous attendons les sanctions de ces malfaiteurs.
Oui
Depuis le début des incendies, pas une seule association écologiste n’a pointé le bout de son nez pour venir aider les SP.
Comme ils n’ont rien dans le slip ils sont également construit avec rien dans la tête. Ce sont de dangeureux éléments.
Je plussoie ET je confirme !!
Question : c’est écrit sur le front des intervenants, qu’ils sont de droite, de gauche ou écologistes ? Vous oubliez toutes les associations bénévoles qui se dévouent pour sauver les animaux blessés. Tout étant qu’elles ne se revendiquent pas d’être « écologistes », ces associations se battent toute l’année pour la défense de la Nature et de la biodiversité.