Que la polémique est vilaine. Tel un Cahuzac accusant un mort illustre, un syndicaliste policier “charge” les militaires, sachant que, par construction, ils ne répondront pas, eux qui ne sont ni politisés ni syndiqués. Relayé par quelques médias démagogues et complaisants, voici que l’on accuse les militaires présents au Bataclan le 13 novembre de n’avoir rien fait.

Il est certains sujets qui ne devraient mériter que le silence. Le silence respectueux pour les victimes et la justice, qui définira les responsabilités de chacun. Le silence de la grande muette.

Mais puisqu’ils en parlent, alors parlons-en. Le soir du Bataclan, le groupe de combat qui intervient le fait de sa propre initiative, et s’oriente sans plan ni carte, au son des rafales qui claquent, se déplaçant à pied dans les rues de pour arriver les premiers sur place, en même temps que les pompiers. Personne à la préfecture de police ne les a “déclenchés”. Autant dire que leur présence n’était pas souhaitée par la hiérarchie policière. Pas de plan car la préfecture de police refuse de donner un plan de au chef de groupe Sentinelle.

Arrivés sur place, ces soldats expérimentés ont pris les “dispositions de combat” : casque sur la tête, armement chargé et approvisionné, ils sont prêts à faire feu, sur ordre, selon les consignes qui sont celles de la mission Sentinelle, définies en concertation avec la préfecture. Les policiers essuient le feu, refluent en désordre, tentent une intervention isolée dont le moins qu’on puisse constater est qu’elle est vaine. L’un d’entre eux tente de prendre le commandement de l’affaire : “Les gars, on y va…” “File-moi ton FAMAS…” Des mots qui manifestent un désarroi total. Est-ce le moment de rouspéter pour avoir le flingue du voisin ? De jouer le chef de bande ? Un policier n’est pas formé à utiliser une arme longue (encore moins un FAMAS, dont l’ergonomie est particulière) ni au commandement d’un groupe au combat. Imaginer qu’un policier aurait pu monter un assaut sur un coin de table ou prendre les armes des militaires pour faire mieux qu’eux relève de la psychiatrie.

La chaîne de commandement est claire jusqu’au sommet, qui est le président de la République, chef des armées. Les militaires appliquent des consignes et obéissent à des ordres donnés oralement par leur supérieur. La discipline est la force principale des armées. Chacun est responsable de son arme, et au combat, remettre son arme est une défaite pour un soldat. S’il y a une chose pour laquelle les soldats sont formés, c’est bien cela.

Autant on peut comprendre que, dans l’action, la situation soit confuse. Mais il est assez pénible d’entendre qu’un an plus tard, certains ne veulent toujours pas tirer les enseignements des attaques subies depuis dix-huit mois.

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