En 2017, une majorité d’électeurs a cru faire un choix et, sans en prendre conscience, ils en ont fait un autre. Au second tour de l’élection présidentielle, beaucoup de Français ont cru repousser une idéologie dangereuse et un parti incapable de gérer efficacement le pays, cru choisir celui qu’ils imaginaient être le plus compétent. Venu de la gauche, son parcours, ses priorités et sa capacité de rassembler des hommes et des femmes de gauche comme de droite, de la société civile, enfin (!), avaient fait naître la grande illusion d’un gouvernement qui allait privilégier le réel et l’intérêt général plutôt que l’idéologie et ses obsessions ou ses fantasmes. De nombreux électeurs de Fillon s’y sont laissés prendre et continuent, parfois, à baigner dans cette imposture entretenue par des médias complices. Or, rarement un pouvoir, dans notre pays, n’aura été autant pétri d’idéologie.

Il ne s’agit pas de libéralisme, comme certains le disent. Le libéralisme n’est pas une idéologie car il a trop de visages parfois opposés. Les Français, malgré eux, ont installé une idéologie mortifère aux commandes de leur pays : le progressisme mondialiste, cette pensée qui ne correspond qu’à une caste aussi puissante qu’elle est faible en effectifs.

Trois symptômes de la maladie sont faciles à reconnaître.

Le premier est le plus bénin. C’est la priorité accordée, dans les discours, à l’écologie perçue sous l’angle réducteur de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique. Alors que la France, en raison de sa taille et de sa production d’électricité par le nucléaire, ne peut guère peser sur ce phénomène, le Président en a fait son cheval de bataille pendant un certain temps. Évidemment, les mesures concrètes, contraires à la santé économique du pays, n’ont pas suivi et les écologistes ont pris leur distance, mais le but idéologique de la manœuvre n’était nullement de réduire la production de gaz carbonique mais de faire apparaître la nécessité d’un gouvernement mondial, seul à même de traiter un problème qui dépasse, bien sûr, les frontières. La confrontation, complaisamment mise en avant par les médias, entre l’icône mondialisée Greta Thunberg et l’homme du rétablissement des frontières, , montre bien, par sa disproportion, la volonté idéologique d’indiquer un chemin sans se soucier du réel.

Le second est beaucoup plus pernicieux : c’est l’attaque sournoise mais systématique contre la nation. Elle est perceptible dans les propos aberrants et récurrents sur un passé colonial stigmatisé hors de toute mesure dans le seul but de susciter la repentance, cette pathologie qui dissout le lien entre les générations parce qu’elle mine la fierté nationale fondée sur une Histoire dont nous nous sentons les continuateurs. Le progressisme est européen avec enthousiasme parce que l’ n’est qu’un étape, une machine à broyer les nations sur le continent qui les a fait naître.

Le troisième est le plus évident. L’idéologie absurde du « » est arrivée au sommet. C’est elle qui a suscité la récente extension de la PMA aux femmes seules ou homosexuelles. C’est de l’idéologie pure, c’est-à-dire la négation frénétique et délirante du réel. Elle impose son vocabulaire orwellien. Elle dispose de la loi. Pour elle, la nature n’existe pas, tout est construit par la volonté humaine. Le « meilleur des mondes » transhumaniste est en marche. C’est le Président lui-même reprochant à une opposante de considérer que le père doit être un « mâle », comme si le mot « homme » était démodé.

Père et mère ne sont plus que des fonctions symboliques. On doit pouvoir décider de l’être quel que soit son sexe, qu’on choisit aussi. Tout est construction sociale. On devrait attendre, pour déterminer le sexe, que l’enfant choisisse. La nature n’existe plus ! Étonnant, chez des gens qui se disent aussi « écolos » ! Pourquoi pas trois parents, puisque tout est construit et volontaire ? Un vent de folie parcourt les rangs de l’Assemblée. Est-ce vraiment ce que les Français avaient « choisi » ?

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