Adama Traoré : Et maintenant, le film !

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La famille Traoré, c’est un peu comme le sparadrap du capitaine Haddock. On espérait en avoir fini avec elle après le non-lieu prononcé, le 1er septembre 2023, exonérant les gendarmes mis en cause. Hélas, la fratrie la plus célèbre du Val-d’Oise n’en a pas encore fini avec nous. Cette fois, c’est à travers un film qu’elle se rappelle à notre bon souvenir. Ce long-métrage intitulé Avant que les flammes ne s’éteignent sort au cinéma le 15 novembre 2023, et si son réalisateur - un ex-journaliste de L’Humanité - jure ses grands dieux qu’il s’agit d’une fiction, la très grande ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne saurait être tout à fait fortuite. Les prénoms ont, certes, été modifiés, la ville a été changée, mais l’histoire reste la même : le combat médiatique et judiciaire d’une femme dont le frère est mort lors d’une interpellation de police.

Un casting aux petits oignons

Qui mieux que l’inénarrable Camélia Jordana pour incarner la sœur courage du délinquant ? Sa ressemblance physique avec la célèbre Assa Traoré n’est pas vraiment frappante, mais ses déclarations publiques, elles, tiennent la comparaison. Souvenez-vous, c’est elle qui crachait, il y a quelques années, sur la France, cet affreux « pays de vieux Blancs riches ». C’est elle, aussi, qui affirmait qu’elle aurait honte d’être un homme « car les hommes blancs sont, dans l’inconscient collectif, responsables de tous les maux de la Terre ». C’est elle, encore, qui prétendait sur le plateau de Laurent Ruquier que chaque jour en France, des hommes et des femmes « se font massacrer » par la police « pour nulle autre raison que leur couleur de peau ». « Quand j’ai les cheveux frisés, je ne me sens pas en sécurité face à un flic », ajoutait-elle. Pour cette déclaration tonitruante, Camélia Jordana a d’ailleurs reçu le soutien de l’extrême gauche, de SOS Racisme et de… Assa Traoré. Une étoile était née.

Un énième outil de propagande anti-police

Avec ce film qui devrait logiquement tout rafler aux prochains César, le réalisateur Mehdi Fikri veut se porter à la défense des « quartiers populaires » dont il dit être lui-même issu. Son combat est des plus originaux : la dénonciation des « violences policières ». Il faut croire qu’après Les Misérables (2019), Un pays qui se tient sage (2020) ou encore Nos frangins (2022), le sujet n’a pas encore été suffisamment traité par le cinéma français. « Cette question regroupe tout », affirme le metteur en scène. « Déni du malaise post-colonial », « gestion sécuritaire des quartiers », racisme systémique, discriminations, contrôles au faciès… aucun poncif victimaire n’a été oublié. Rien d’étonnant, donc, à ce que le projet ait reçu le vif soutien d’organisations anti-flics telles qu’Amnesty International, Attac France, ou encore la Ligue des droits de l'homme. Cette dernière, notamment, salue une fiction « tellement proche de la réalité ». Mais proche à quel point ? Au point de montrer la vente de goodies et le petit business écœurant de la famille éplorée ? Au point de reconnaître que certains des gendarmes accusés de racisme étaient eux-mêmes issus de la diversité ? Au point d’évoquer le casier judiciaire très chargé de la plupart des membres de la fratrie ? On peut sérieusement en douter. Certaines libertés scénaristiques s’imposent parfois d’elles-mêmes... De même, si le film est « tellement proche » du réel, il ne l’est sans doute pas au point d’inclure une scène dans laquelle notre héros racisé impose une fellation à son codétenu sous la menace d’une fourchette. Un choix artistique qu’on ne discutera pas.

Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

38 commentaires

  1. Nous verrons bien quelle sera l’audience du grand public lors de sa sortie dans les salles de cinéma.
    Quand à la distribution des « Césars » elle se fera comme d’habitude en entre soi (bobos, islamo gauchistes et tenant de l’idéologie woke et racisée main dans la main); cette cérémonie d’auto satisfaction ne représente plus rien.
    Ce qui me chiffonne le plus c’est que cette réalisation est financée encore avec mon argent.

  2. Une honte de financer ce film sur des fonds publics.
    Tout comme la région idf qui finance a hauteur de 300 000 un film avec Fanny Ardent sur une riche bourgeoise qui héberge un afghan

  3. Il serait grand temps de boycotter toute cette nébuleuse qui hait la France et fait son beurre avec ses propos haineux et mensongers !

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