À Mayotte, Édouard Philippe s’attaque à l’immigration. « Vulgaire copie », répond le RN

« Qu’a fait Édouard Philippe lorsqu’il était Premier ministre de 2017 à 2020 ? Rien », s'indigne Marine Le Pen.
Copie écran BFMTV
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« Ici, l’immigration est un problème évident. » En déplacement à Mayotte pour deux jours, ces 21 et 22 août, Édouard Philippe semble tomber de la Lune. En campagne, voilà l’ancien député UMP qui retrouve des accents droitiers alors qu’il doit, pour distancer Gabriel Attal, amadouer autant les soutiens et les voix du centre qu'un électorat de droite, sensible à une immigration contrôlée.

« Pour construire l’avenir de Mayotte, l’urgence est de fermer les vannes de l’immigration. Pas à moitié. Totalement », a déclaré l’ancien Premier ministre dans un entretien publié par le journal France Mayotte Matin, à la veille de son déplacement. Bien évidemment, Édouard Philippe a tenu à rappeler qu’il était très « attaché au droit d’asile, qui fait partie de notre tradition républicaine ». Sur place, l’ancien Premier ministre égrène les propositions qui permettront d’endiguer l’immigration endémique que subit, depuis plusieurs décennies, le département le plus pauvre de France : « un moratoire pendant tout le quinquennat sur les nouvelles demandes d’asile, le droit du sol et l’immigration familiale » ; « il ne faut plus réduire l’appel d’air. Il faut le stopper », précise l'actuel maire du Havre, qui n’avait pas hésité, au Havre, à appeler à voter pour un candidat communiste contre le Rassemblement national…

Édouard Philippe veut aussi « accélérer les éloignements en installant le premier centre français de retour en Afrique de l’Est et en utilisant tous les leviers pour obtenir la coopération des Comores ». Enfin, le candidat à la présidentielle souhaite « reprendre la maîtrise de nos frontières maritimes, avec une seconde base navale dans le nord de l’île et deux fois plus de patrouilleurs et de radars ».

Une proposition de loi en 2018

Il n’en fallait pas moins pour déclencher l’ire du Rassemblement national, qui s’étrangle d’entendre un tel discours musclé dans la bouche d’un homme qui a été à la tête du gouvernement français de 2017 à 2020. Une fermeté réservée, semble-t-il, aux campagnes électorales. « Édouard Philippe semble découvrir le drame de la déferlante migratoire à Mayotte, a raillé Marine Le Pen, en rappelant qu’en 2018, elle avait déposé une proposition de loi « visant à protéger nos compatriotes mahorais contre cette submersion organisée ». Son contenu était sans équivoque et reprenait un programme que Jean-Marie Le Pen prêchait, déjà, dans le désert, il y a 40 ans : « Abrogation totale du droit du sol et du regroupement familial, adoption du principe d’éloignement sans délai de tout étranger en situation irrégulière, irrecevabilité de toute demande d’asile présentée à Mayotte, adoption d’une politique d’extrême fermeté envers les autorités comoriennes, dont les déclarations, les buts et les agissements ne visent ni plus ni moins qu’à l’annexion de ce territoire ».

« Opportunisme » dénonce le RN

« En bon macroniste, Édouard Philippe ment aux Français : il s’est systématiquement opposé aux propositions de Marine Le Pen contre l’immigration à Mayotte, avant de les reprendre aujourd’hui par opportunisme », a commenté, sur BFM TV, Yoann Gillet, directeur adjoint de campagne de la députée du Pas-de-Calais. « Une vulgaire copie », commente l’eurodéputé Matthieu Valet, quand le vice-président de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu, s’interroge : « Qu’a fait Édouard Philippe, lorsqu’il était Premier ministre ? Rien. »

L'ancien bras droit d'Emmanuel Macron a été rejoint par plusieurs soutiens de taille, ces dernières semaines. Des sarkozystes comme Nathalie Kosciusko-Morizet. Ou plusieurs figures de la Macronie. Le dernier en date étant – après le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, et la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon – le garde des Sceaux Gérald Darmanin. Il ne manque plus que Xavier Bertrand et Jean-François Copé et l'équipe sera complète. S’il veut aller plus loin, Édouard Philippe devra surmonter un défi de taille : convaincre l'électeur que, après le macronisme, la même ratatouille avariée puisse encore être appétissante.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

182 commentaires

  1. Ils n’ont pas échoué, il faut arrêter de dire cela. D’ailleurs, le laissent-ils entendre ? Grand Dieu Jamais, au contraire, ils se gaussent d’avoir tout bien fait, tout bien réussi. Bruxelles voulait un nivellement du pouvoir d’achat vers le bas pour l’Ouest, vers le haut pour le Sud et l’Est afin de faire émerger une pléthore de nouveaux consommateurs, ne l’ont-ils pas fait ? Bruxelles, sous l’influence des lobbies ou groupes d’intérêt, voulait pour y répondre une main-d’œuvre pléthorique, malléable à souhait et bon marché, évidemment constamment renouvelée, ne l’ont-ils pas fait ? Mais aussi chez nous nos champions depuis 1981 qui par pure démagogie électoraliste souhaite renforcer un modèle social des plus généreux, ne l’ont-ils pas fait ? Pour financer cette gabegie historique au nom de la justice sociale, il va de soi, ne font-ils pas payer ceux de moins en moins nombreux ? Les riches qui selon certains gagnent cinq milles euros et plus. N’ont-ils pas été les seules au monde à réduire le temps de travail, à faire fermer ou fuir ces impitoyables entreprises qui faisaient travailler les Français, qui le soutenaient encore ? Enfin demain, pour boucler un budget abyssalement déficitaire, pour les raisons évoquées et bien d’autres encore, ne s’apprêtent-ils pas à plumer les quelques retraités encore vivants récemment menacés d’euthanasie ? Nos politiques depuis cinquante ans ont tout bien réussi, voyez et contemplez ce magnifique champ de ruines. Ce sont les raisons pour lesquelles ils n’ont aucune honte à se représenter à chaque élection. Elle est pas belle la France ?

  2. Il ne veut convaincre personne : il veut seulement que les opposants au FN aient un endroit où déposer leur bulletin, en espérant un vote de plus « pour »(?) lui qu’il n’y en a pour les autres pseudo alternatives au FN. Glisser un vote dans sa besace reviendra à choisir une poubelle plutôt qu’une autre façon LFI.

  3. voilà un digne macroniste : ne rien faire quend on a le pouvoir et tout promettre quand on veut l’avoir ! il n’y a pas de raison pou:r qu’il change de methode : redonnez lui le pouvoir et il ne se passera rien de bon , juste un eu plus de bordel .

  4. Ils ne manquent pas d’air ces politicards !! Le problème existait quand il était aux « manettes » et il a fait quoi ??Rien !! Le pas de vague habituel et aujourd’hui ,il se réveille !! Il se moque de qui ?? Nous ne sommes pas amnésiques !!

  5. c’est un exercice psychanalytique intéressant, il est sur scène et se parle à lui-même, la dualité de ses opinions est bien résumée dans les cauchemars du capitaine Addock. L’ange et le démon s’affronte.
    l’un dit il faut supprimer le droit du sol, l’autre, plaide pour son élargissement. En gros il ne sait plus ou il est n’a plus de chemin ni de route politique, il zigzag en espérant trouver sa voie.

  6. Aucun des pouvoirs de l’opposition ne pourra faire quoique ce soit sur l’immigration, tant que nous ne serons pas sortis de cette Europe nocive. Le RN ne pourra rien faire. Il nous balade tout en sachant la vérité.

  7. le problème de Mayotte et des Comores !….ça ne date pas d’hier …….
    alors E P. ecpliquez-nous donc la raison qui vous a conduit à ignorer cette situation ? quand vous étiez au pouvoir…….et pourquoi vous nous ressortez cette « viande froide’ depuis longtemps, aujourd’hui ?…et alors que vous y avez contribuée

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