Environnement - Polémiques - Politique - 13 février 2020

À Chamonix, Emmanuel Macron verdit son quinquennat

Si vous voulez prendre conscience de l’actuel , rendez-vous à la mer de glace, qui ne sera bientôt plus qu’un névé crasseux d’où s’échappe un filet d’eau. À l’échelle des temps géologiques et même du temps climatique, cet épisode n’est peut-être qu’un battement de cils du dieu Brahma, mais pour nos vies de prétentieux protozoaires, c’est possiblement une catastrophe. En tout cas, on nous l’assure. Conséquence, nous voilà tous en voie de « verdissure ».

Tristes tropiques… et triste tropisme, que cette vague verte qui est tout, sauf la couleur de l’espérance. Le président de la République a donc pris, à Chamonix, le petit train du Montenvers qui conduit à la mer de Glace, histoire de présenter le volet vert de sa seconde partie de mandat.

C’était un rêve d’enfance, ce petit train mythique, quand nous allions en colonie aux Vorziers, où la paroisse possédait un chalet, à quelques kilomètres de Sallanches… Vue sur le mont Blanc, baignades à la cascade d’Arpenaz… Il paraît que la vallée de l’Arve torrentueuse est, aujourd’hui, l’un des sites les plus pollués de France. Dans ces montagnes où l’on envoyait autrefois les tuberculeux se refaire les poumons, les petits enfants cumulent, aujourd’hui, les maladies respiratoires. La faute aux camions qui sillonnent l’Europe et passent en Italie par le tunnel du Mont-Blanc.

Interpellé sur cette question de santé publique, le Président s’est défendu : « Je ne peux pas empêcher les camions de passer ! » Il a raison, c’est toute l’Europe qui transite par là. Et puis, faut-il le rappeler aux élus qui lui demandent de « développer le ferroviaire » : la nouvelle ligne Lyon-Turin qui devrait, à terme, retirer de la route environ un million de poids lourds par an est, depuis l’origine, l’objet d’une guerre avec les écologistes. Ils affirment et réaffirment leur « opposition à un projet qui détruit des terres agricoles, qui met en péril les ressources hydrologiques en drainant les sols ou en tarissant sources et réserves souterraines, qui assèche les ressources financières nécessaires aux transports du quotidien notamment par les doublements de voies ferrées dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ». Comprenne qui pourra.

Et puis, faut-il le dire aussi : tant que le ferroutage dépendra, chez nous, de la SNCF rongée par la « gréviculture », les camions continueront de sillonner les routes. Confidence d’un affréteur : le temps d’obtenir un devis de la SNCF, la marchandise est déjà rendue par la route à son point de destination.

Ce que le Président a annoncé à l’issue du quatrième conseil de défense écologique ne satisfait personne. Le lancement officiel de l’Office français de la biodiversité ne passionne pas les foules, les ONG, les élus verts et les climatologues trouvent les décisions décevantes… Bref, on est en France !

Autre sujet de polémique : la semaine prochaine verra l’arrêt effectif de l’un des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim. Une grande promesse de François Hollande à EELV… et un gage de pollution supplémentaire, puisqu’il va bien falloir remplacer les 5,7 TWh (térawattheures) d’électricité décarbonée qu’il produit chaque année. Et qu’est-ce qui va prendre le relais ? La très polluante centrale à charbon de Cordemais. Chose promise pour une fois réalisée : pour faire plaisir aux écolos, on va fermer 12 réacteurs d’ici 2035, en conséquence de quoi « aucune des 11 centrales au gaz (qui rejettent, chaque année, 12 millions de tonnes de gaz carbonique dans le ciel français) ne sera fermée », rappelle Le Point. En effet, ni l’éolien ni le photovoltaïque – énergie l’une comme l’autre intermittentes – ne pourront prendre le relais.

Enfin, pour finir sur une note gaie, ce qui a intéressé les médias est le prix de la combinaison de ski que portait le Président : une veste Rossignol à 1.000 euros et un pantalon bien chaud à 450 euros, nous précise Closer. Vive le made in France !

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