Coupe du monde de foot : la victoire de l’Espagne saluée par… les islamistes

Du Hamas aux Houthis, le camp islamiste a transformé le sacre espagnol en victoire politique contre Israël.
Photo de Hugo Breyersur Unsplash
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C’est un soutien dont la Roja se serait sans doute volontiers passée. Le 19 juillet 2026, la victoire de l’Espagne en finale du Mondial a suscité des scènes de joie dans une grande partie du monde musulman. À Gaza, de nombreux Palestiniens ont suivi la rencontre sur des écrans géants, puis célébré la victoire en brandissant des drapeaux ibériques. Même liesse en Égypte, où l’issue du match s’est accompagnée de rassemblements festifs. Plusieurs organisations terroristes se sont également réjouies du triomphe espagnol : « Nous félicitons l'Espagne pour cette brillante victoire en Coupe du monde. Nous partageons la joie de la Palestine et de ses soutiens, même si ce succès ne fera qu'irriter les sionistes et leurs alliés », a déclaré Bassem Naïm, haut responsable du Hamas basé à l'étranger. Du côté des Houthis au Yémen, le porte-parole Nasr al-Din Amer a lui aussi loué la victoire de l’équipe menée par Rodri, estimant que « même dans le sport, ceux que soutient l'ennemi israélien perdent, tandis que ceux qui s'opposent à lui gagnent ».

Il s’agissait donc moins de commenter un événement sportif que de le récupérer afin de promouvoir l’agenda islamiste et antisémite. « Le baiser qui tue : Dis-moi qui t’aimes et je te dirai qui tu hais, a observé l’avocat Gilles-William Goldnadel, sur X. L’Espagne socialiste championne du monde de la haine du Juif. »

Un soutien intéressé

En France, aussi, les plus attentifs auront noté, sur les réseaux sociaux, l’étonnant parti pris d’une jeunesse musulmane pourtant d’ordinaire indifférente au sort des peuples européens. Ce soutien de circonstance ne doit rien au hasard. Tout d’abord, on peut imaginer que l’aspect multiculturel de l’équipe espagnole, personnifié par Lamine Yamal, joueur musulman d’origine marocaine, n’avait rien pour déplaire à certains. On peut également suspecter que beaucoup sont reconnaissants envers le pays dirigé par le socialiste Pedro Sánchez d’avoir reconnu l’État de Palestine en 2024 et adopté, ensuite, des mesures hostiles à Israël, notamment la consolidation d’un embargo sur les armes. Sans oublier les récents incidents survenus en Espagne qui ont fait la joie de l’Internationale antisémite : expulsion d’enfants juifs d’un vol Vueling en juillet 2025, profanations de plusieurs tombes du cimetière juif de Montjuïc en janvier 2026, refoulement de deux Juives à l’entrée d’un établissement LGBT de Barcelone en mai 2026…

À l’inverse, l’Argentine de Javier Milei brille par sa proximité marquée avec Israël. Son gouvernement a classé le Hamas parmi les organisations terroristes, renforcé la coopération diplomatique, technologique et militaire avec l’État hébreu et soutient régulièrement Israël lors des votes à l’ONU. Cerise sur le gâteau : Milei prévoit de transférer l’ambassade argentine de Tel Aviv à Jérusalem… Autant d’éléments que les pro-Gaza gardent en travers de la gorge.

Make Spain Great Again

Il serait pourtant injuste de résumer nos voisins ibériques à leur gouvernement socialiste ou à leur tendance historique à l’antisémitisme. Il existe encore une Espagne enracinée et droite sur les valeurs. Celle-ci se manifeste dans de nombreux villages, loin des centres-villes conquis par la gauche décadente, mais aussi jusque dans l’équipe de football nationale. Héros de la Coupe du monde, le joueur Ferran Torres affiche ainsi sa foi chrétienne avec fierté. « J’ai une croix et une image de la Vierge. Elles me donnent beaucoup de foi », a-t-il ainsi déclaré, après la victoire de son équipe. De retour dans son pays, le champion n’a d’ailleurs pas hésité à parader avec sa casquette trumpiste « Make Spain Great Again » vissée sur la tête.

L’ailier du FC Barcelone n’est pas un cas isolé. « Je porte toujours un ruban de Notre-Dame du Pilier. Comme je suis un peu coquet, j'en ai de différentes couleurs pour les assortir à ma tenue », a également affirmé Luis de la Fuente, le sélectionneur de la Roja. Des déclarations qui témoignent d’une foi affichée sans complexe et qui rassurent quelque peu quant à l’état de décivilisation de notre voisin espagnol.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

24 commentaires

  1. En abordant la tendance historique de l’Espagne à l’antisémitisme, Monsieur Kast, le chroniqueur, s’appui vraisemblablement avant tout sur la célèbre expulsions des juifs en 1492. Tout en omettant opportunément celle ordonné par Edouard I d’Angleterre en 1290 et, bien entendu, la toute première expulsion sur le continent européen: celle de 1182, décrétée par Philipe Auguste en France; sans oublier, par ailleurs, les trois suivants, celles de 1306 y 1321 et la finale de 1394 qui ordonne Carlos VI Valois. Des simples trous de mémoire, bien sûr.
    Par ailleurs, je ne veux pas finaliser cette article sans remercier Monsieur Kast le commentaire per quant à l’état de décivilisation de l’Espagne, car, en tant q’Espagnol, je ne peux m’empêcher d’y puiser du réconfort. Un immense merci, monsieur Kast.

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