Église Saint-Bernard, 1996 : Paris va rendre hommage aux clandestins et à leurs complices

Trente ans après les faits, la mairie de Paris célèbre un épisode qui marqua un sinistre tournant migratoire.
Manifestation de soutien aux « sans papiers » devant l'église Saint-Bernard, le 21 août 1996, à Paris. (Photo by Pascal PAVANI / AFP)
Manifestation de soutien aux « sans papiers » devant l'église Saint-Bernard, le 21 août 1996, à Paris. (Photo by Pascal PAVANI / AFP)

L’événement est encore dans toutes les mémoires. Le 23 août 1996, les forces de l’ordre évacuaient l’église Saint-Bernard, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, occupée depuis près de deux mois par plusieurs centaines d’étrangers en situation irrégulière. Originaires, pour beaucoup, du Mali et du Sénégal, les occupants réclamaient leur régularisation. Les portes de l’église avaient alors dû être ouvertes à coups de hache pour que cesse enfin l’occupation illégale du lieu saint.

Une plaque pour s’excuser

Trente ans plus tard, la mairie de Paris entend revenir sur cet épisode… à sa façon. Mercredi 26 août, une plaque commémorative sera dévoilée face à l’église Saint-Bernard. La municipalité veut rendre hommage aux étrangers évacués en 1996, mais aussi à ceux qui s’étaient mobilisés en leur faveur. Le communiqué officiel de la ville est parfaitement clair : « Le maire de Paris rendra hommage, à l'occasion du 30e anniversaire de ces événements, aux femmes et aux hommes victimes de cette expulsion forcée ainsi qu'à celles et ceux qui se sont mobilisés pour la reconnaissance des droits des personnes sans papiers. »

La cérémonie se déroulera en présence d’Emmanuel Grégoire, maire de Paris, mais également d’Adji Ahoudian, adjoint chargé de l’hébergement d’urgence et de la protection des « réfugiés », et de Mams Yaffa, adjoint chargé de « l’éducation populaire et de l’égalité républicaine ». Ce dernier avait été épinglé, en mars dernier, par BV, en raison, notamment, de ses liens avec Assa Traoré.

Réécriture et inversion

Mais revenons à l’événement commémoratif en lui-même et à la promotion médiatique qui a suivi son annonce. La façon de réécrire l’événement, trente ans après, tient du cas d’école. Le premier procédé est lexical. On ne parle plus guère d’étrangers en situation irrégulière, mais de « victimes » visées par une « expulsion forcée », « violente ». La presse évoque aussi, à longueur d’articles, de malheureux « sans-papiers ». Une expression manipulatoire qui laisse entendre que ces « papiers » leur auraient été arrachés et qu’il appartiendrait à l’État français de les leur restituer. Journal décidément à la dérive, Le Monde va plus loin, encore, et parle de simples « immigrés ». Ainsi, le délit d’entrée illégale sur le territoire se voit purement et simplement effacé du récit. Pratique.

Le second procédé de manipulation journalistique est l’inversion accusatoire. Dans le discours désormais consacré, il est question d’innocents réfugiés maltraités par l’État français. Les forces de l’ordre y tiennent le rôle des agresseurs, et les indésirables celui des victimes. Le média public RFI affirme ainsi que ce sont les policiers, et pas les clandestins africains, qui auraient « pris d’assaut » l’église parisienne. Il fallait oser. L’intervention policière, pourtant destinée à mettre fin à l’occupation illégale d’un édifice religieux, devient ainsi l’événement dont il faudrait s’excuser…

L’entreprise d’inversion consiste aussi à tresser des louanges à ceux qui ont agi contre les intérêts de leur propre pays et collaboré avec les étrangers illégaux. À l’époque, des citoyens et des militants de gauche s’étaient en effet mobilisés pour faire obstacle à l’intervention des forces de l’ordre. Sans parler du jeu très trouble du père Christian Delorme, connu pour ses actions et son engagement auprès des clandestins – notamment aux Minguettes et lors de la Marche des beurs en 1983 –, et qui, présent sur les lieux au moment de l’action policière, déclamait le célèbre poème de Martin Luther King J'ai fait un rêve… Comme si les occupants subissaient la même injustice que les Noirs américains et étaient, eux aussi, victimes de ségrégation raciale.

Un point de bascule

Saint-Bernard restera un moment historique. Mais il s’agit moins du commencement glorieux d’une « lutte » antiraciste que du moment sinistre où la pression militante et médiatique a réussi à imposer une autre conception de la politique migratoire. Car l’épisode ne s’est pas arrêté avec l’évacuation du 23 août 1996. Le mouvement des « sans-papiers » a encore gagné en ampleur, dans les mois qui ont suivi. Dès 1997, le gouvernement de Lionel Jospin a mis en place une procédure de régularisation massive, dans le prolongement des mobilisations de Saint-Bernard. Plus de 80.000 de ces étrangers en situation irrégulière ont alors été régularisés. « Ça a été le départ du mouvement des sans-papiers partout sur le territoire national », s’enthousiasme, aujourd'hui, un certain Sissoko, membre de la coordination 75 des sans-papiers, au micro de RFI.

L’expulsion du 23 août 1996 aurait dû être fièrement célébrée comme l’affirmation de la souveraineté de l’État et rééditée, depuis, aussi souvent que nécessaire. À la place, la France s’est soumise à l’idéologie immigrationniste, a progressivement ouvert grand les vannes et en vient désormais à procéder - plaque officielle à l’appui,- à la commémoration joyeuse de sa propre défaite.

Picture of Jean Kast
Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

95 commentaires

  1. Hé oui ! Pourquoi ne pas ouvrir les mosquées aux migrants qui sont a majorités musulmans ????? Et puis ça commence sérieusement a nous pomper l’immigration . Elle coûte des milliards d’€uros aux CONtribuables ; mais c’est pas grave « ils » veulent taxer encore davantage les retraités maintenant !!!!! C’est pas grave ,nous nous en souviendrons au moment de voter . Vive le R.N .

  2. Où sont maintenant ces sans papiers hommes ,toujours en France avec la venue de leurs enfants et leurs épouses grâce au regroupement familiale et occupants des logements bâtis au départ pour les français et ont donné la combine avec les associations pro migrants comment venir en France pour profiter de l’état providence

  3. Un sans papier est une personne entrée illégalement. Donc, il faudrait que l’on s’excuse d’avoir respecté la loi auprès de gens qui ne la respectent pas.
    Ces gens sont devenus complètement fous.
    Bientôt, il faudra s’excuser auprès des voleurs de ne pas leur donner spontanément ce qui nous appartient.

  4. On évoque très souvent, notamment à gauche, les valeurs de la République. Pour M. Grégoire et sa mairie, font visiblement de ces valeurs le fait de rentrer illégalement en France et de se maintenir tout aussi illégalement sur son sol et de mettre en cause le retour normal à l’ordre républicain lorsqu’il consiste à faire cesser l’occupation d’un lieu de culte. Je dois dire que je n’ai pas les mêmes valeurs de la République que M. Grégoire et sa mairie.

  5. Attention au vocabulaire ! En effet, une prise illégale d’église se fait plutôt sans violence alors que
    l’intervention policière ne peut se faire sans une « prise d’assaut » ce qui est le mode opératoire normal
    des forces del’ordre dans leurs missions s’ils sont empêchés d’entrer … Ceci dit sans prendre parti !

  6. Ils pourraient en profiter pour fêter ce qui devenu l’animal fétiche de Paris, le rat, dont la prolifération se fit, sans papiers non plus, mais avec la bienveillance affichée de la bureaucratie écolo-socialiste et est concomitante avec l’arrivée de ces hordes venues d’ailleurs, dont les excrétions humaines sur la voie publique contribuèrent certainement à ce que cette faune troglodyte prenne ses airs sur les esplanades de la capitale.

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Eliot Deval encense le travail de BV !
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois