[CINÉMA] Le Chant des forêts, la nouvelle pépite du photographe Vincent Munier

Vincent Munier revient aux Vosges et célèbre la nature, la transmission et l’enracinement.
15740-lechantdesforets-vincentmunier

En 2021, le photographe animalier Vincent Munier nous avait éblouis avec son documentaire La Panthère des neiges, co-réalisé avec Marie Amiguet et mettant en scène son ami Sylvain Tesson. Les trois comparses y exploraient les hauts plateaux de l’est du Tibet, à la recherche de cet animal rare et menacé qui donne son nom au film. La plus-value de ce documentaire, par rapport à ceux que l’on voit habituellement, résidait en cette belle complémentarité entre le photographe chevronné, connaisseur de la nature, et l’écrivain-poète jamais avare de réflexions philosophiques et d’envolées lyriques.

Un retour aux sources

Avec Le Chant des forêts, sa première réalisation en solo, Vincent Munier livre une œuvre plus personnelle en filmant les Vosges, la région d’où il est originaire, qui lui fit découvrir la nature et dont il conserve ses plus chers souvenirs d’enfance. Le photographe s’y met en scène avec son père, le naturaliste Michel Munier, qui connaît intimement les forêts, ainsi qu’avec son fils Simon. Lequel embrasse consciencieusement et avec émerveillement cette transmission du savoir. Alors réunies dans une petite ferme au fond des bois, où vit actuellement Vincent Munier, les trois générations partagent leur fascination pour les secrets de la nature, tandis que tourne la caméra sans discontinuer. Des séquences entrecoupées, comme il se doit, de promenades en famille, silencieuses et contemplatives, pour capturer au téléobjectif les animaux sauvages qui peuplent les forêts. Parmi les oiseaux en tous genres, les renards, les lynx ou les cerfs, le photographe recherche avant tout le grand tétras, le plus grand oiseau forestier d’Europe qui a disparu des Vosges en raison, semble-t-il, du réchauffement climatique et de l’activité humaine. C’est pourquoi la quête de Vincent Munier le conduira jusqu’au Jura, puis en Norvège, où l’animal est toujours présent.

Enracinement et transmission

S’appuyant notamment sur des images tournées depuis près de dix ans, Le Chant des forêts synthétise en une heure et quarante minutes des milliers d’heures accumulées pour ne garder que les plus belles séquences, souvent au lever du jour, à la rosée du matin ou à la tombée de la nuit. Moins spectaculaire et aventureux, sans doute, que La Panthère des neiges, ce nouveau documentaire du photographe animalier n’en est pas moins enchanteur et bénéficie du rapport affectif que Vincent Munier entretient avec sa région. En outre, le propos familial sur la transmission des connaissances et le respect de la nature à travers les générations contribue à faire de ce Chant des forêts un joli documentaire à rebours de cette époque qui ne croit plus qu’en la laideur du déracinement et en la dissolution des liens.

3,5 étoiles sur 5

 

Picture of Pierre Marcellesi
Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre

Vos commentaires

7 commentaires

  1. Si vous voulez un film d’action, passez votre chemin. Mais si vous aimez la « nature bien de chez nous », allez-y, c’est magnifique !
    Peut-être M Alloncle de la commission d’enquête sur que fait France Télévision de ses sous devrait y aller aussi: ce film, comme de nombreux films Français, a bénéficié d’un soutien très important de France TV, et contribue donc à maintenir vivace notre cher cinéma Français !

  2. On part heureux, équipé d’attente favorable, une randonnée en forêt profonde, ça ne se refuse pas, et au programme, le grand Nord, à la recherche du grand Tétras. Et puis patatras, les belles images défilent, on voit passer des bêtes non identifiées, ce qu’elles font, ce qu’elles sont, ce n’est pas le problème, il faut remiser notre lyrisme, hélas. Ce ne Sera pas pour cette fois, l’appel de la forêt, l’éveil du printemps. ce ne sera pas le vieil homme et l’enfant, mais deux protagonistes qui n’ont pas réussi à emporter notre empathie. Non qu’ils n’y croient pas, mais ils y croient trop, ils commentent leur bonheur de chasseurs d’images, ils débitent à petits mots la petite moraline des espèces en voie de disparition qu’on aurait été assez heureux d’éprouver à défendre s’ils s’étaient tus. Ils sont comme des amis lointains qui nous tartinent de leurs vacances. Il faut subir. Le film n’est pas nul, il a ses moments graphique et sonores intéressants, mais ne parvient jamais à nous plonger dans l’univers vivant, le nôtre, notre étrangeté animale. nous sortons du ciné comme si rien ne s’était passé. Pour ce qui est du grand Tétras, macache ou presque. a peine si on a pu en tirer un plume. il faut la garder, dit grand-père, les bottes dans la neige jusqu’aux genoux. Et se contenter de la mousse d’où sortira toujours la vie et les grands chênes. Bah, il faut bien revenir à la horde sauvage de notre réalité politique quotidienne, et faute de grand tétras, les petits têtards agités continuent leur cinéma : cornus, décornus et recornus ; macroneux à noeud-noeud ; piverts-à-poules etc. Dommage pour ce docu. Et vive la vie.

    • Anne, ma chère ANNE ne vois tu rien venir ? …
      Je te propose de m’accompagner dès l’AURORE près d’un étang dans la Sologne …
      Nous y serons témoins d’un moment ANGELIQUE …
      En attendant, TRES bonne FÊTE de fin d’année 2025 ! …

  3. Lâchez tout ce que vous faites… Prenez la main de vos enfants et de vos amis et courrez vous installer pour une heure trente de délectation. Vous aurez les yeux écarquillés devant une féerie de paysages et d’animaux merveilleux, les oreilles tendues pour entendre des chants insoupçonnés et des mélodies rares. Ce film est une lente marche au rythme de la vie d’une forêt et de ses habitants. En sortant, vous aurez les yeux qui brilleront longtemps, le sourire sur les lèvres et le cœur apaisé. Vous serez abreuvé de beau et de paix : Une magnifique parenthèse dans ce monde de brutes.

  4. certains le me croiront pas … peu importe ! …
    La bande annonce de ce film/documentaire me plonge directement à mon enfance passée dans la région de Valençay et de sa forêt domaniale ! …
    Les étangs, la période du brame, Les vidanges des étangs, les moments de chasse et de pêche ! …
    La douceur de nos campagnes : LE RÊVE ! …
    Ma famille m’avait surnommer « Raboliot » ! …

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

Traitement des violences sexuelles à Paris : une partie des médias est soumis à la gauche
Gabrielle Cluzel sur CNews

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois