27 octobre 2017

Olympe de Gouges se reconnaîtrait-elle dans les théories du genre ?

Si l’écriture inclusive, que l’Académie française vient de réprouver à l’unanimité, avait existé à la fin du XVIIIe siècle, Olympe de Gouges – dont on célèbre la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne présentée, le 28 octobre 1791, à l’Assemblée législative – l’aurait-elle utilisée ? Rien de moins sûr. Cette femme, dont les féministes modernes font leur porte-drapeau, revendiquait d’être femme et ne se serait pas reconnue dans les aberrations des théories du genre.

Il suffit, pour s’en convaincre, de se reporter au texte de son manifeste où, pastichant la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, elle dénonce le fait que la Révolution oublie les femmes dans son projet de liberté et d’égalité : la Convention refusa d’ailleurs de l’examiner.

« Nul n’est parfait », disait d’elle Najat Vallaud-Belkacem, arguant qu’elle était « royaliste ». Parce qu’elle aurait souhaité défendre Louis XVI à son procès ? À supposer qu’elle le fût, il est des monarchies plus démocratiques que de prétendues républiques. Étrange interprétation de l’Histoire ! Notre ex-ministre de l’Éducation nationale, si soucieuse de l’égalité entre les sexes – au point d’éprouver quelque complaisance pour les théories du genre -, aurait dû plutôt s’indigner de la formulation de certains passages.

Voyez comme se termine le Préambule : « Le sexe supérieur en beauté comme en courage dans les souffrances maternelles reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les droits suivants de la femme et de la citoyenne. » Quelle horreur ! Donner aux femmes le privilège de la beauté, passe encore, mais celui de la maternité, n’est-ce pas scandaleux ?

Olympe de Gouges reprend les articles de la Déclaration de 1789 en les féminisant, reconnaissant que, si la nation est bisexuée, la différence sexuelle ne doit pas servir d’alibi à des formes de discrimination. Dès l’article 1er, elle affirme que « la femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits ». Tout le reste découle de ce principe.

Quelques années auparavant, Beaumarchais, dans Le Mariage de Figaro, avait déjà dénoncé le sort réservé aux femmes, « traitées en mineures pour [leurs] biens, punies en majeures pour [leurs] fautes ! » Condorcet, en 1790, avait préconisé – en vain – leur admission au droit de cité. On sait ce que ces revendications ont donné : il a fallu attendre le 21 avril 1944 pour que les femmes deviennent électrices et éligibles, et le 13 juillet 1965 pour qu’elles puissent exercer une profession sans l’accord de leur mari, ouvrir un compte bancaire en leur nom propre et disposer de leurs biens. 

Mais il n’est pas certain qu’Olympe de Gouges aurait partagé les exigences actuelles sur la parité, qui est une forme de condescendance à l’égard du sexe féminin. Elle ne se contentait pas d’affirmer que, pour les femmes comme pour les hommes, « les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ». Loin de réclamer une égalité formelle, elle pensait que la nature masculine et la nature féminine sont différentes, voire que celle des femmes est supérieure.

Dans la conclusion de sa Déclaration, elle rappelle l’influence secrète que les femmes ont toujours exercée sur les hommes, l’aide constante qu’elles leur ont apportée. Elle souligne que « l’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux [leurs] pour briser ses fers », et qu’il est temps, aujourd’hui, de reconnaître officiellement leur rôle dans la société.

On est loin des divagations égalitaristes et genristes de notre époque !

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