Editoriaux - 27 octobre 2017

Hidalgo les cumule… (2)

Mais il faut pousser plus avant dans le temps les investigations de Capital car, en réalité, le scandale Hidalgo est loin de s’arrêter là.

Quand, en vertu des dispositions qui permettent à un fonctionnaire d’être détaché comme adjoint au maire d’une grande ville, Hidalgo n’est plus payée par l’État, à partir de 2003 donc, elle continue néanmoins à bénéficier des droits à l’avancement et à la retraite dans son corps d’origine.

C’est du fait de ces dispositions qu’elle a pu demander sa mise à la retraite avec autant d’annuités en 2012. Du coup, le cochon de payant, c’est-à-dire le contribuable français, lui verse depuis cette date une pension qu’elle cumule allègrement avec des indemnités de maire, lesquelles, sous différentes formes, atteignent les 9.000 euros mensuels. C’est bien pire que tout ce qui a pu être reproché à Wauquiez récemment !

Tentant de contre-attaquer, Hidalgo s’enfonce pitoyablement. Que dit-elle ?

“Élue en mars 2001 et enceinte de son troisième enfant, elle a exercé son droit au congé maternité puis, au retour de son congé maternité, elle a demandé au ministère du Travail de la placer en position de détachement “avec cessation du paiement de sa rémunération, en raison de sa fonction de première adjointe au maire de Paris.” Une demande qui a, dit-elle, été validée par un arrêté ministériel du 7 janvier 2003.

L’entourage d’Hidalgo, interrogé par LCI, tente d’argumenter un peu plus en précisant qu’en mars 2001, élue conseillère de Paris puis première adjointe, Anne Hidalgo a “poursuivi en parallèle son activité professionnelle”.

En octobre 2001, elle a pris six mois de congé maternité “car il s’agissait de son troisième enfant”. En mai 2002, indique aussi son entourage, Anne Hidalgo a demandé “à être détachée sans solde en raison de sa fonction de première adjointe”, ce qui a été entériné par l’arrêté de janvier 2003. “Elle a évidemment reversé les salaires perçus entre sa demande et l’arrêté”, conclut la ville.

Fadaises !

Tout d’abord, jusqu’en octobre 2001, Hidalgo était bel et bien en campagne électorale ou élue de Paris tout en émargeant au cabinet de Lebranchu.

Ensuite, Hidalgo fait mine de croire que son congé maternité aurait comme interrompu son activité au ministère du Travail où elle était revenue besogner. Que nenni ! Elle est partie en congé maternité, payée par le ministère alors pourtant qu’elle n’y travaillait plus depuis longtemps. Rappelons que le fonctionnaire en congé maternité garde son traitement indiciaire (à l’inspection du travail pour ce qui la concerne) et sa nouvelle bonification indiciaire (NBI).

Sur toute cette période, elle n’a rien reversé.

Enfin, elle ne dit évidemment rien de l’ancienneté qu’elle a continué à cumuler au ministère tout en étant détachée à la mairie et qui lui a permis de bénéficier d’une retraite généreusement calculée.

Là où Hidalgo retrouve un sens du droit plus aigu, c’est pour souligner que les “faits sont prescrits” ! Quelle belle défense et quelle merveilleux exemple de bonne foi et de probité !

À suivre…

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