Législatives 2017

NKM : plus dure sera la chute…

Ecrivain, musicienne, plasticienne
 

C’est à l’écrivain Henri de Régnier qu’on doit cette définition : « Un égoïste ? C’est celui qui ne pense pas à moi. » Appliquée à la politique, et pour peu que l’on remplace le mot « égoïste » par « sectaire, cette formule a tout son sens.

Ainsi cette chère Nathalie Kosciusko-Morizet, ambitieuse parmi les ambitieux, qui se rêvait un grand destin ministériel dans La République en marche et qui, si l’on en croit les derniers sondages, risque de descendre de ses Louboutin plus vite qu’elle n’y était grimpée. Les sondages de ce dimanche de Pentecôte la donnent en effet battue à plate couture dans la 2e  circonscription de Paris où, parachutée sur les terres d’un Fillon déconfit, elle serait en passe de ramasser une gamelle mémorable. De celles qui vous laissent les chevilles en guenille et les genoux couronnés.

C’est donc la faute aux « sectaires », disait-elle l’autre matin, limite hargneuse, au micro d’Élizabeth Martichoux sur RTL. Dénonçant pêle-mêle « la vieille droite qui aime à rester enfermée à Paris dans ses territoires protégés » et les jeunes loups de La République en marche, « un jeune parti qui a déjà bien vieilli », on a compris que même le petit café du matin lui caillait sur l’estomac.

Arrivée de l’Essonne dans cette circonscription pourtant réputée imperdable au camp LR, l’ancien ministre de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, ancien porte-parole de Nicolas Sarkozy, ancien secrétaire d’État chargé de la Prospective et du Développement numérique, l’encore présidente du groupe Les Républicains à l’Assemblée est annoncée battue à plate couture aux prochaines législatives. Ratatinée, selon un sondage IFOP-Fiducial pour le JDD et Sud Radio, par Gilles Le Gendre, candidat de La République en marche. Créditée de 24 % contre 42 % au premier tour, elle est donnée à 32 % contre 68 % au second. Laminée, donc.

Il faut dire que la grande blonde avec des hauts talons a déclenché contre elle un joli tir de barrage. Espérant être du premier gouvernement Macron, et – supposition gratuite – sans doute trop gourmande, elle en a non seulement été écartée mais s’est vu opposer un candidat labellisé LREM ! Pire que cela : signataire de l’appel pour « répondre à la “main tendue” par le nouveau président », elle doit en outre affronter un candidat de la droite dissidente (Jean-Pierre Lecoq, maire du VIe) ainsi que l’ancien conseiller de l’Élysée Henri Guaino. Sans compter la haine vengeresse de sa rivale en Sarkozie, la peste Rachida Dati, maire du VIIe arrondissement, dont il continue de se murmurer qu’elle ne fut pas étrangère au naufrage de la famille Fillon.

Mais si NKM voit poindre à l’horizon législatif sa prochaine déconfiture, pas question pour elle, on s’en doute, d’en assumer la responsabilité. Si elle perd, c’est parce qu’elle est femme, c’est parce qu’elle est blonde… « Ça fait des années qu’ils veulent accrocher mon scalp à leur tableau de chasse. Ça fait des années qu’ils souffrent d’être dirigés par une femme moderne, et peut-être même par une femme tout court », affirmait-elle à Élizabeth Martichoux. Voilà pour son camp. Quant à ceux (LREM) qui n’ont pas daigné l’accueillir dans leur giron, ils ne valent guère mieux : « Là aussi, il y a des commanditaires et un homme de main. Les commanditaires, c’est Richard Ferrand et Benjamin Griveaux. […] Ceux-là s’inscrivent dans une logique et un sectarisme de parti en contradiction avec la volonté affichée par Emmanuel Macron. »

Il est vrai qu’en matière de sectarisme, la dame en connaît un rayon, elle qui s’est toujours dite prête à toutes les alliances, y compris avec l’extrême gauche, pour barrer la route au moindre élu FN. Au nom de la démocratie et des sacro-saintes « valeurs » de la République, cela va de soi.

Donc, selon toute probabilité, NKM va se vautrer. Et franchement, je vous le dis en confidence, ça ne me fera pas pleurer. Mieux que cela : si cela pouvait lui rabattre un peu son caquet de grande bourge qui parle avec une patate chaude dans la bouche, ça me réjouirait même…

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