London Bridge : vers une rénovation du contre-terrorisme britannique et européen ?

Les compteurs explosent, l’assaut islamiste du 3 juin sur le London Bridge n’étant rien de moins que le soixante-troisième du genre depuis le 1er janvier. En Occident, Turquie et Russie incluses, le douzième attentat de l’année. Si les cibles et les modes opératoires sont variés, on peut remarquer quelques similitudes entre les dernières attaques en Europe d’un terrorisme qualifié de « low cost » par les experts : usage d’objets du quotidien comme armes par destination (voitures de tourisme, camions, couteaux de cuisine), opérations menées à la fin d’événements rassemblant du public pour faire un maximum de morts. Toutefois, contrairement aux précédents cas où un véhicule bélier avait été utilisé, il s’agissait, ici, de trois assaillants, tous abattus par la police londonienne. Ils ont tué sept personnes, dont un ressortissant français.

La période du ramadan devrait être le théâtre de nombreux attentats, comme le souhaitent les stratèges militaires des opérations extérieures pour l’État islamique. Les candidats au djihad, qui n’ont pas été formés en Irak ou en Syrie, sont appelés à devenir des « soldats de l’islam » en accomplissant leur devoir de musulmans pieux. Un message reçu cinq sur cinq par les diasporas islamiques en Grande-Bretagne et en France. L’État islamique a, d’ailleurs, revendiqué l’attentat dans la soirée de dimanche. Douze individus ont déjà été appréhendés à Barking, banlieue de l’est de Londres pudiquement qualifiée de « multiethnique » par les médias français. Barking est un de ces territoires londoniens arrachés à la civilisation britannique, desquels les Anglais populaires, appelés « cockneys », ont fui. Un phénomène sociologique décrit par l’expression « white flight ». On les comprend…

Theresa May semble avoir conscience du fait que le modèle britannique, communautariste, n’est plus adapté au monde qui vient, autorisant les islamistes à propager librement leur idéologie. À l’évidence, la Grande-Bretagne a trop longtemps été permissive à l’égard des salafistes. Elle en paye aujourd’hui le prix fort. Cela dit, reconnaissons humblement que la méthode intégrationniste républicaine hexagonale ne marche pas non plus, surtout quand elle ne s’assortit pas d’une extrême fermeté contre les imams prêchant la haine des « mécréants », des fondements de notre société et de tout ce que nous sommes. Le retour du refoulé religieux chez les immigrés de culture musulmane semble irrésistible de Berlin à Los Angeles. Pour certains, cela prend une forme pacifique, toutefois gênante. Pour d’autres, le regain de foi prend une tournure meurtrière, nourrie de représentations historiques romanesques directement issues des premiers âges d’un islam rêvé.

Lors de son allocution, Theresa May a justement insisté sur l’aspect culturel de cette vague terroriste qui a frappé trois fois le Royaume-Uni en à peine trois mois, dénonçant une « idéologie maléfique, islamiste ». Autre point surprenant, dans le pays de la Magna Carta, elle a montré sa volonté de renforcer les luttes sur Internet ainsi que les pouvoirs de la police. Il faut le dire : à défaut de sociétés homogènes, comme celles qu’on trouve en Pologne ou au Japon, nous ne pouvons pas être totalement à l’abri. Le seul moyen de se prémunir contre ces attaques reste donc d’accepter des aménagements légaux, offrant des pouvoirs exceptionnels à l’État. Il faut restreindre les « libertés » de ceux qui veulent supprimer les nôtres. Espérons aussi que les échanges entre les différents services des pays européens s’intensifieront. Ce combat nous engage tous.

Bien sûr, rien ne sera possible sans mettre un coup d’arrêt à l’immigration massive. Une évidence qu’il convient de marteler à chaque occasion…

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