Editoriaux - International - Table - 25 mars 2018

Faible, l’économie russe ? Allons donc !

Poutine triomphe dans les urnes. Il réussit en Syrie. Ses équipements militaires impressionnent et l’OTAN admet son infériorité pour les armes hypersoniques.

Face à ces défis humiliants, l’Occident a inventé un nouveau mythe pour se remonter le moral : l’économie russe serait faible – du niveau de l’Espagne, dit-on. On fait bon marché des chiffres donnés par des institutions sérieuses comme le FMI. Selon cette institution située à Washington (hors de portée de Poutine), l’Espagne, en 2017, a un produit intérieur brut de 1.768 milliards de dollars et occupe la 16e place au monde. La Russie est presque à égalité avec l’Allemagne (4.149 milliards). C’est la 5e ou 6e puissance économique mondiale selon ce critère.

Elle est la 3e puissance mondiale pour la consommation d’électricité – très bon indice d’industrialisation -, juste après la Chine et les États-Unis. Depuis l’arrivée de Poutine en 2000, la richesse moyenne des Russes à triplé. Peut-on en dire autant ? Certes, depuis 2013, les taux de croissance ont chuté, passant de 6 % en moyenne à 1,5 % cette année, soit notre résultat français actuel. Le chômage est de 5 % (bien moindre qu’en France…). La baisse récente de la croissance est moins due aux sanctions de l’Occident qu’à la baisse du cours des hydrocarbures. Les sanctions stupides antirusses, d’un protectionnisme archaïque, ont même permis l’apparition d’une production russe agricole plus forte et plus rentable !

Mais, là encore, les « experts » de l’Occident ont inventé un autre mythe. La Russie dépendrait totalement de ses exportations de gaz et de pétrole. Pourtant, les chiffres sont là. Les hydrocarbures représenteraient 29 % du PIB. C’est beaucoup, mais minoritaire (sauf pour les exportations : 70 % de celles-ci viennent des hydrocarbures). Les 71 % qui restent n’ont rien à voir. Comparer la Russie au Venezuela, comme l’a fait une fois le ministre Le Maire, est une remarque de cancre.

Comment peut-on croire qu’un pays de formation si élevée (meilleur classement du monde pour le savoir en lecture des enfants), qui surclasse les États-Unis pour les avions hypersoniques, qui a le plus grand potentiel de missiles nucléaires du monde, soit sous-développé ? La Russie est le 3e exportateur de centrales électriques nucléaires du monde : c’est un pays de basse technologie ?

Finances de l’État ? La dette publique est de 22 % du PIB, contre 96 % en France ! Les impôts sont bien plus bas qu’en France, comme le reconnaît le think tank américain très antirusse Heritage Foundation.

Bref, cela déplaît peut-être, mais la Russie est sans doute la 2e ou 3e puissance économique du monde, après la Chine et les États-Unis. Si la gestion de Poutine manque de « vision », que dire de celle de la France, voire des États-Unis, endettés de façon hallucinante ?

Une fois de plus, comme pour l’immigration, nos soi-disant élites se masquent la vérité. Mais le réel est toujours là et elles seront bien obligées de se réveiller.

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