Emmanuel Macron : Poutine ou Pétain ?

Satiriste polémiste
 

La rencontre entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, dans la galerie des Batailles du château de Versailles, a permis de mettre en lumière la proximité de ces deux hommes que tout semble par ailleurs opposer. La manière dont les deux présidents ont été porté au pouvoir, en particulier, est étrangement comparable.

Emmanuel Macron, entre 2014 et 2017, est passé de l’anonymat presque total à la présidence de la République, tout comme Vladimir Poutine avait surgi sur la scène politique russe entre 1998 et 2000. Si l’on en croit les biographes du « tsar », cette ascension fulgurante a été téléguidée par le clan du président sortant, Boris Eltsine, et par les oligarques russes, ces puissants hommes d’affaires propriétaires de médias qui pillaient le pays depuis la chute du communisme et qui souhaitaient remplacer la marionnette Eltsine par une autre marionnette. En dehors des naïfs, chacun a compris qu’Emmanuel Macron a également été porté au pouvoir par l’entourage du président sortant et par de puissants oligarques propriétaires de médias.

Vladimir Poutine avait été choisi parce qu’il était considéré comme un fonctionnaire docile aisément manœuvrable. Après avoir servi au sein du KGB, il s’était mis au service du maire de Saint-Pétersbourg, accomplissant sans rechigner les hautes ou basses œuvres qui lui étaient confiées. Cette fidélité attira l’attention du clan Eltsine, qui avait besoin d’un directeur des services secrets prêt à couvrir leurs scandales. Emmanuel Macron s’est fait, lui aussi, repérer par les marionnettistes en servant efficacement et docilement leurs intérêts, d’abord comme banquier d’affaires, puis comme conseiller économique à l’Élysée.

On prétend que le milliardaire russe Boris Berezovsky est venu en personne au mois d’août 1999 jusqu’à Biarritz, lieu de villégiature de Vladimir Poutine, afin de lui proposer de devenir le prochain président à la place de l’alcoolique et sénile Eltsine, pour peu qu’il s’engageât à éviter les ennuis judiciaires au président sortant et à mener la politique économique souhaitée par les oligarques. On connaît la suite : Boris Eltsine nomma Poutine Premier ministre dès la fin du mois d’août et, le 31 décembre, il démissionnait, faisant de Poutine le président par intérim, une situation idéale pour emporter la présidentielle du mois de mars 2000. Emmanuel Macron a également été propulsé dans l’arène politique par des oligarques comme Henry Hermand afin de suppléer à la défaillance d’un Président usé jusqu’à la corde qui ne pouvait plus servir leurs intérêts. Ils surent donc convaincre François Hollande d’en faire son ministre de l’Économie, puis ce fut le lancement du produit « En Marche ! » avec un renfort de propagande qui aurait fait rougir les Russes !

Reste à savoir si Macron fera comme Poutine qui, une fois le pouvoir suprême obtenu, refusa de jouer le rôle qu’on lui avait assigné et décida de servir bien davantage ses propres intérêts et ceux de son peuple que ceux de l’oligarchie russo-mondialisée, humiliant publiquement le milliardaire Deripaska et emprisonnant le milliardaire Khodorkovsky afin de montrer que le pouvoir politique avait désormais repris le dessus sur le pouvoir économique. Les premières mises en scène d’Emmanuel Macron peuvent laisser envisager un tel retournement de situation, notamment par sa récupération des symboles et de la profondeur historique de la France.

N’oublions pas, cependant, qu’Emmanuel Macron est en campagne pour les législatives et qu’il est encore en phase de vente promotionnelle. Nous ne découvrirons son véritable visage qu’après le deuxième tour du 18 juin. On ne peut pas totalement exclure que ce sera le visage d’un Poutine redonnant à la politique et à la France ses lettres de noblesse, mais il est plus raisonnable de penser que ce sera le visage d’un Pétain, lequel récupéra également tous les symboles de la grandeur et de l’indépendance française mais qui, dans les faits, servit les intérêts d’une puissance étrangère aux visées démoniaques.

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