« C’est une décision de la gauche revancharde pour faire oublier qu’elle applique la politique économique de Bruxelles. »

José Maria Ballester analyse la décision du nouveau Premier ministre socialiste Pedro Sánchez d’évacuer la dépouille de Franco de son mausolée de la Valle de los Caídos. « C’est un moyen de souder toute la gauche, notamment les communistes de Podemos, et de répondre à une vieille frustration : celle de n’avoir pas réussi à renverser le général Franco. »

Le nouveau Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a émis le souhait de sortir le général Franco de son mausolée. C’est une décision forte et symbolique.

C’est, en effet, une décision symbolique, mais aussi une vieille revendication de la gauche revancharde en Espagne.
N’oubliez pas que la gauche a accompagné la transition démocratique et a gouverné pendant plusieurs années, mais n’a pas réussi à renverser le régime franquiste. Les Portugais ont réussi à renverser leur dictature. La dictature de droite des colonels, en Grèce, s’est renversée toute seule. Et la dictature de droite du Chili a provoqué sa propre explosion.
La gauche espagnole est donc extrêmement frustrée.
Pendant les gouvernements de Felipe González dans les années 1980-90, ce n’était pas un sujet. En revanche, depuis Zapatero et sa loi de la mémoire historique qui n’a fait que diviser les Espagnols, ils sont obstinés à faire enlever le cadavre du général Franco de Valle de los Caídos.

Sanchez souhaiterait restituer les restes du général Franco à sa famille. Il voudrait que le mausolée soit transformé en un lieu de réconciliation. S’agit-il vraiment d’une volonté de réconciliation ou plutôt d’effacer une partie de l’histoire de l’Espagne ?

Je crois surtout que c’est une volonté de revanche de la gauche. Malgré tous les déboires du franquisme, et notamment tous les crimes commis, il faut aussi souligner le succès économique du franquisme. C’est vraiment la revanche historique de la défaite de la guerre de 1936-39 et la frustration de ne pas avoir pu renverser le général qui, au final, est mort sur son lit d’hôpital.
Pour revenir à l’actualité, il faut noter que Sánchez tient un discours très à gauche. Néanmoins, il doit appliquer la politique économique voulue par Bruxelles qui, comme chacun sait, n’est pas tellement de gauche.
Il faut donc qu’il donne des gages à l’aile gauche de son parti et de son électorat, et aussi à ceux qui l’ont portée au pouvoir, les communistes de Podemos. De ce point de vue-là, c’est une manœuvre idéale. Cela soude toute la gauche espagnole, met la droite dans l’embarras et crée des tensions au sein de certains secteurs de la population.

Qui pourrait s’opposer à cette décision ?

Valle de los Caídos appartient au Patrimoine national (Patrimonio Nacional), qui est l’établissement public chargé de gérer les palais royaux, quelques monastères et d’autres lieux liés historiquement à la monarchie.
Valle de los Caídos, bien que ce lieu ne soit pas lié historiquement à la monarchie, y a été incorporé pour des raisons pratiques.
Dans quelques jours, le gouvernement changera peut-être le président du Patrimoine national. Il pourrait limoger l’actuel pour en nommer un autre. Il serait tout à fait dans son droit. En revanche, il n’est pas compétent pour décider de ce qui se passe à l’intérieur de l’abbaye bénédictine. Il faudra négocier avec l’archidiocèse de Madrid et le cardinal Carlos Osoro Serra. Il va y avoir des opposants au projet et l’Église va se trouver dans une position délicate.
Je souligne également l’originale proposition du parti Ciudadanos de convertir Valle de los Caídos en en une espèce d’Arlington à l’espagnole, ce fameux cimetière national américain à côté de Washington. On y enterre toutes les personnes illustres du pays. C’est une proposition qui pourrait faire consensus. Nous verrons.

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