Incendies : Mélenchon fustige “la stupidité du capitalisme”

Le leader insoumis accuse le capitalisme de causer des feux…d’origine criminelle.
Capture d'écran YT 
JEAN-LUC MÉLENCHON
Capture d'écran YT JEAN-LUC MÉLENCHON

En meeting mardi à Paimpont (Ille-et-Vilaine ), le candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon a prononcé un discours devant plus de mille personnes. Invité par la députée Mathilde Hignet, il a pris part à une fête populaire organisée le jour de la fête nationale. Pendant près de 45 minutes, l’Insoumis a abordé plusieurs thèmes de campagne, notamment la chaleur, la gestion de l’eau et l’urgence agricole. « J’éprouve une réelle admiration pour les femmes et les hommes au combat pour faire face au désastre du feu », a-t-il déclaré en référence aux incendies qui ravagent la France actuellement, notamment dans la forêt de Fontainebleau. « La canicule est le manifeste de la mort. La terre entière brûle, et notre pays entier est en train de brûler », a-t-il poursuivi. Avant de prononcer la phrase de trop : « Cela est un résultat politique. Ce n’est pas la nature qui l’a amené, c’est l'invraisemblable stupidité du capitalisme, de son accumulation, du refus de régler et d'organiser ». Ah, le capitalisme ! L’ennemi juré de La France Insoumise. À écouter Jean-Luc Mélenchon, on lui imputerait tous les crimes.

Pourtant, les premiers éléments de l'enquête concernant l'incendie de Fontainebleau viennent sérieusement compliquer la démonstration du tribun insoumis. Selon le parquet de Fontainebleau, six personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre des multiples départs de feu survenus ces derniers jours. Une origine a priori criminelle donc.

Le capitalisme, coupable de tous les maux

Un « détail » qui est loin d’être anodin. Comment diable « l’invraisemblable stupidité du capitalisme » aurait pu commettre un acte pareil ? Cette sortie illustre une mécanique désormais bien rodée chez Jean-Luc Mélenchon. Chaque catastrophe devient l'occasion d'y plaquer une lecture idéologique préexistante. Avant même que les circonstances des faits ne soient établies, la conclusion est déjà connue et proclamée haut et fort. Le coupable s'appelle le capitalisme, point barre. Peu importe que les éléments de l'enquête racontent une toute autre histoire.

Évidemment, personne ne conteste le fait que les épisodes caniculaires que nous connaissons actuellement mêlés à la sécheresse favorisent la propagation des incendies et compliquent considérablement le travail des sapeurs-pompiers. Mais l'argument anticapitaliste relève davantage d’un raccourci politique que d’une analyse rigoureuse des faits. Pour autant que l’on sache, la première cause d’un incendie est a priori… celui qui y met le feu.

Le point sur l'enquête en cours

Selon les derniers éléments communiqués par les autorités, quatre gardes à vue étaient toujours en cours ce mercredi matin. Parmi les personnes entendues figure notamment un jeune pompier volontaire de 18 ans, qui a reconnu avoir allumé plusieurs départs de feu avec un briquet et de l'essence. Un autre jeune homme de 18 ans a, quant à lui, reconnu être à l’origine d’un autre départ de feu après avoir jeté un mégot de cigarette. Il assure que son acte n’était pas volontaire. Tous deux ont été placés en détention provisoire.

Les deux autres personnes, toujours en garde à vue aussi, sont un homme de 22 ans, connu de la justice pour des faits de violences, et un homme de 38 ans, déjà condamné à plusieurs reprises, notamment pour des incendies volontaires. Pour l’heure, les enquêteurs s’attachent à déterminer les éventuelles implications de chacun dans les différents départs de feu qui ont frappé la forêt de Fontainebleau. Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Fontainebleau pour les faits de destruction par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation pouvant causer un dommage aux personnes. À ce stade de l’enquête, la justice n’a établi aucun lien entre les différents suspects, ce qui accrédite bel et bien l'hypothèse de plusieurs incendies distincts. À elle désormais de faire son travail et de déterminer les responsabilités de chacun, loin des récupérations politiques.

Vos commentaires

7 commentaires

  1. Tenons par hypothèse que le capitalisme soit « stupide ». Je note que le plus souvent capitalisme et société de libertés marchent ensemble. Pour faire une comparaison, regardons maintenant du côté des sociétés marxistes et communistes, tous régimes qui ont la faveur de M. Mélenchon et de ses supporters (dont on admettra avec moi qu’ils sont à l’opposé politique du libéralisme). Prenons qq exemples de pays qui ont connu ce régime : l’URSS et les pays du Pacte de Varsovie, la Chine, le Cambodge, Cuba, etc … Je ne poserai qu’une question, une seule mais qui me semble primordiale : où est il le plus agréable de vivre ? Dans un pays capitaliste même si tout n’y est pas parfait ou dans un régime communiste où les libertés civiles et politiques ont été abolies, où règne une nomenklatura qui, elle, bénéficie de tous les privilèges qu’elle refuse aux autres et où sévit un régime policier et de terreur permanente ? A titre personnel, mon choix est fait. Et qu’on ne vienne pas me dire que ce sera mieux sous une présidence Mélenchon. Les régimes communistes (c’est empirique) ont toujours et partout fonctionné comme je l’ai décrit, qq soit le lieu et l’époque.

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