“Je veux transformer cette élection en un référendum pour l’union de toutes les droites !”

Erik Tegner, devant le siège de son parti, lance au micro de Boulevard Voltaire sa candidature à la présidence des Jeunes Républicains avec deux messages : parler avec toutes les droites sans exclusive et moderniser et rajeunir ce parti pour faire des Jeunes Républicains un mouvement de jeunes aussi fort que celui du Fidesz de Viktor Orbán en Hongrie, “capable de mobiliser des milliers et des milliers de jeunes”.

Nous nous trouvons devant le siège des Républicains et vous avez une annonce importante à faire.

Ce matin, j’ai annoncé dans une interview pour Valeurs actuelles que je me portais candidat à la présidence des Jeunes Républicains. L’élection aura lieu mi-octobre.
J’ai deux messages assez simples.
Je veux transformer cette élection en un référendum pour le dialogue avec toutes les droites. Je souhaite faire enfin parler cette base militante qui a envie, aujourd’hui, d’ouvrir un peu les écoutilles.
Le deuxième axe de la campagne sera la modernisation d’un mouvement jeune. Je veux m’adresser à toute cette jeunesse politisée hors du parti, cette jeunesse conservatrice, issue de la Manif pour tous, cette jeunesse identitaire qui se sent dépossédée culturellement, cette jeunesse entrepreneuriale en soif d’innovation qui est à l’aise dans la mondialisation, mais aussi en quête d’enracinement.

On parle souvent de la droite comme étant la droite « la plus bête du monde ». Depuis une dizaine d’années, la droite est à la peine au niveau des idées. On la sent toujours à la poursuite de la gauche. Qu’en pensez-vous ?

Je pense qu’il y a une situation inédite, aujourd’hui. Je suis devant le siège des Républicains parce que je suis fier de ma famille politique. J’ai confiance en Laurent Wauquiez. C’est une personne jeune qui assume ses idées. Avec la jeune génération, nous pouvons stopper toutes ces personnes qui ont trahi la droite.
Je pense que la jeunesse ne pense pas simplement aux élections. Elle a envie de construire un projet politique qui dépasse la question de la bonne stratégie pour gagner. J’ai une fois inébranlable en cette génération. Il faut aller chercher ces jeunes et leur parler. C’est pourquoi cette campagne va être assez sympa.

Est-ce le retour des idées, à droite ?

Oui, totalement. Laurent Wauquiez avait dit : “La droite est de retour.” Je pense que la jeunesse peut être de retour. Nous avons un problème de recrutement et de ressources chez les Jeunes Républicains.
Beaucoup de jeunes ont quitté le mouvement, car nous ne parlons plus que de circonscriptions et de stratégie. Finalement, nous ne parlons plus d’idées. Nous ne sommes plus libres et totalement liés à notre secrétaire départemental et notre président de fédération.
Cette jeunesse politisée de droite culturelle attachée aux valeurs de la famille et du travail est en dehors des partis.
Lors de la soirée de L’Incorrect, il y avait près de mille jeunes. Je n’avais jamais vu un rassemblement avec autant de jeunes de droite. C’est à eux qu’il faut parler. C’est pour cette raison que, pendant la campagne, je ne parlerai pas simplement aux adhérents des Républicains, mais aussi à tous ces jeunes de droite qui sont politisés. Nous passerons un bon moment et nous débattrons, car le débat est riche. Je ne veux pas simplement faire une bataille d’ego. Je ne porte pas une personne mais une liste.
Le collectif que je vais présenter est une voie pour le dialogue entre toutes les droites et une voie pour la modernisation d’un parti. Notre mouvement jeune doit devenir l’équivalent du mouvement du Fidesz en Hongrie, capable de mobiliser des milliers et des milliers de jeunes pour que nous soyons le premier mouvement jeune de France, et surtout que nous assumions nos idées.

Vous êtes l’ancien patron des jeunes avec Virginie Calmels. Virginie Calmels s’est fait licencier des Républicains. Il y a encore quelques semaines, elle défendait que Nicolas Dupont-Aignan était une ligne rouge à ne pas franchir. Vous, au contraire, vous regardez vers Nicolas Dupont-Aignan et vers le PCD, et peut-être même sur le FN des alliés potentiels en vue des élections.

Je pense qu’Emmanuel Macron représente un réel danger. C’est un Président multiculturaliste et un Président no borders. C’est, pour moi, le mariage de Jacques Attali et d’Alain Minc, une personne qui soutient l’homme nomade et l’autre qui défend l’argent roi.
Face à cela, il faut être capable de repenser la politique et de faire sauter les verrous intellectuels pour construire un nouveau champ d’idées. Pour cela, il faut parler à des personnalités comme Nicolas Dupont-Aignan, Robert Ménard, Marion Maréchal ou des personnalités du Rassemblement national pour voir les limites de chacun. Nous avons chacun notre sensibilité. Pour ma part, je suis plus libéral et conservateur. Il faut débattre pour réaliser qu’il y a des enjeux fondamentaux sur lesquels nous pouvons nous retrouver. Nous l’avons bien vu lors de la loi sur l’immigration, les amendements du Rassemblement national étaient les mêmes que ceux des Républicains. Pourtant, nous n’avons pas été capables de voter les amendements du Rassemblement national. Il faut cesser cette schizophrénie et cette hypocrisie. J’ai toute confiance en cette jeune génération chez Les Républicains pour porter ce message.

Même avec Marine Le Pen ?

Si, demain, Marine Le Pen fait des concessions sur l’Europe, sur l’économie et si elle s’assume de droite, je serai prêt à discuter. Je fais partie d’une génération mobile qui va à l’étranger, qui aime apprendre de l’autre. Apprendre de l’autre n’est pas que pour la gauche. Pourquoi ne devrions-nous pas apprendre de ceux qui sont plus à droite que Les Républicains ?
Discutons avec eux et nous arriverons à comprendre notre société. Les enjeux évoluent de plus en plus. J’aspire à voir naître un En Marche ! de droite. Le bloc de droite est à 40 %, l’alternative à Macron n’est pas Mélenchon, un trotskiste ou un marxiste.
Il faut juste être libre. C’est le message que je voudrais porter pendant cette campagne.

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