Euthanasie : les grands « frères » des puissants ont eu raison des Petites Sœurs des Pauvres
Cette fois-ci, c'est fait : l'Assemblée nationale, par 291 voix pour, 241 contre (une majorité qui n'a rien d'écrasante : cinquante voix d'écart sur un sujet aussi grave...), a donc adopté la loi instituant l'euthanasie en France.
Dans la plupart des entreprises, aucune décision d’importance n’est prise à compter du 15 juillet. Les cabinets de recrutement le savent, placer, par exemple, un nouveau collaborateur, devient à ce moment de l’année très compliqué. Trop de décideurs - et de candidats - ont déjà les pieds dans l’eau et la tête au soleil. Mais quand un spécialiste du BTP ou du textile hésite à recruter un collaborateur, l’entreprise France, elle, ose une telle rupture anthropologique, avec autant de légèreté que si elle votait la fin des pailles en plastique. Et pour prendre une métaphore de l’autre bout de la vie, l’accouchement s’est fait au forceps : en refusant un référendum (Merci le Conseil constitutionnel), on s’est passé prudemment de l’avis des Français. Et le jeu de ping-pong auquel se sont livrés députés et sénateurs montre bien l’absence complète de tout consensus.

Capture d'écran LCP
Le nombre de députés acquis à la cause s’est d’ailleurs réduit, au fil du temps, comme peau de chagrin. « En première lecture, j’avais le bénéfice du doute et m’étais abstenue. Mais je trouve que ça n’a pas évolué. Laisser des gens en tutelle et curatelle pouvoir choisir l’aide à mourir me fera votre contre sans hésitation », a ainsi confié l’ancienne ministre macroniste Olivia Grégoire.
Crier au loup quand on lui a ouvert la clôture : gonflé !
On comprend mieux le zèle impatient des promoteurs de cette loi. Le temps jouait contre eux. Pas question d’attendre la rentrée, de laisser le temps aux députés de réfléchir. Il fallait que ce soit voté tout de suite, là, maintenant. Et en même temps, clouer le bec aux opposants. Un évêque et un prêtre ont été, pour leurs propos, durement admonestés, dans une sorte d’hommage du vice à la vertu : finalement, l’Église, en France, compte encore et sa fille aînée l’écoute malgré tout d’une oreille.
Dans la dernière ligne droite, Sébastien Lecornu a semblé être pris de scrupules et annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel. On peut parler de pompier pyromane, puisque c’est de saison, ou de stratège madré dont la main droite ignore ce que fait la main gauche et ménageant ainsi, pour d’éventuelles élections à venir, la chèvre et le chou. Crier au loup quand on lui a ouvert la clôture, c’est gonflé : rappelons que le texte de la la loi sur la fin de vie a été inscrit à l’ordre du jour de la session extraordinaire en juillet 2026 sur volonté expresse du gouvernement, qui a également prévu le vote définitif à l’Assemblée le 15 juillet après l’échec de la commission paritaire.
C’est donc bien le gouvernement, dont Sébastien Lecornu est le chef, qui a décidé de donner le dernier mot aux députés ce mercredi 15 juillet. Il est un peu tard pour les pudeurs de gazelle. Que par Le Figaro, on apprenne que lors d’une réunion d’arbitrage, Sébastien Lecornu ait été d’avis de desserrer le calendrier quand Emmanuel Macron insistait pour un vote le 15 juillet ne suffit pas à convaincre de sa bonne foi. Comme disait Chevènement, un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Sébastien Lecornu est resté. S’il avait claqué la porte, son départ aurait compromis la loi bien plus sûrement qu’une très hypothétique décision du Conseil constitutionnel.
Parmi les points qui chiffonnent Sébastien Lecornu et le pousseraient à cette saisine des « Sages », il y a notamment la clause de conscience interdite aux établissements de soins et qui forceraient les Petites Soeurs des Pauvres, mais pas seulement - nombre de congrégations s’occupent d’EHPAD - à quitter la France.
Les « marraines de Cendrillon »
Qu’on m’autorise, une fois n’est pas coutume, un témoignage, né de deux expériences personnelles.
Il m'est arrivé, en famille, d’aller aider dans l'une de ces maisons de retraite à servir les repas, le dimanche soir, quand le personnel se faisait rare. Ce fut un moment exceptionnel pour mes enfants, et le spectacle de ces religieuses au petit voile virevoltant toujours souriantes (parfois même pleines d’humour), toujours affairées, toujours bienveillantes, toujours consolantes, qui leur rappelaient, je cite, les « marraines de Cendrillon » dans le film de Walt Disney, a été, pour eux, édifiant. Les pensionnaires étaient parfois atrabilaires, renfrognés, autoritaires voire impérieux. La vieillesse n’est pas en soi une vertu et les misères de l’âge joints aux épreuves de la vie peuvent accentuer vos travers. Ils n’étaient pas toujours appétissants. Certains étaient même assez effrayants. Aux petits soins, elles s’occupaient pourtant de tous avec le même gentil respect.
L’autre exemple est le décès d’un (très) proche dans une de ces maisons de retraite tenues par des religieuses. Quand l’agonie a commencé, elles l’ont accompagné sans relâche, même la nuit, suppléant des enfants, un conjoint fatigués ou forcés de s’absenter. Un médecin de l’entourage anxiogène et maladroit lui prédisait une fin difficile, par étouffement, eu égard à ses soucis de santé : « la mort du Christ, la plus atroce ! » promettait-il avec des accents terribles. Le mourant est parti en douceur et paisiblement. Sans manifester la moindre souffrance. Preuve que jamais rien n’est écrit, même dans le domaine de la médecine qui n’est pas une science exacte. L’un des derniers visages à s’être penché sur lui fut celui de Sœur Marie des Anges, un condensé de la Vierge et de son Ange Gardien que ce nonagénaire priait sans relâche depuis l’enfance, comme une préfiguration de sa prochaine rencontre.
Les grands « frères » des puissants - on sait la part qu’on pris les francs-maçons dans cette proposition de loi, ils ne s’en sont même pas cachés - auront-ils raison des Petite Sœurs des Pauvres ? Désormais le Conseil constitutionnel tient leur destin dans ses mains. Gageons que ces douces Antigone se battront jusqu'au bout.
Rassemblement de militants anti-euthanasie devant l’Assemblée nationale. Ils écoutent respectueusement les prises de parole, dont celle de Sandrine Rousseau, mais laissent échapper leur déception après le vote de la loi légalisant l’euthanasie. pic.twitter.com/T0tYmfLg0f
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) July 15, 2026
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5 commentaires
Bonsoir Un Gaulois, j’ai pris la peine de lire le texte de loi qui malheureusement a été voté ce jour. Manifestement, à vous lire nous n’avons pas lu le même texte de loi ou……. vous ne l’avez pas lu vous-même. Beaucoup des points que vous citez ne sont pas dans le texte de la loi. Belle fin de journée à vous.
Ce vote est une énorme victoire pour les malades en fin de vie, notamment atteints de maladies dégénératives, qui attendaient cette loi depuis trop longtemps.
Souvenons-nous de Vincent Humbert qui, dès 2003, la demandait, à travers son livre « Je vous demande le droit de mourir ».
On pense également au grand Charles Bietry, atteint de la maladie de Charcot, qui avait planifié d’abréger ses souffrances à l’étranger.
La priorité demeure la volonté des malades.
Alors que la Macronie se sera révélé être un échec cuisant, voilà donc l’une des rares promesses que notre Mozart de la finance aura réussi à tenir durant ses 2 mandats.
Vivement qu’on connaisse les noms des députés qui ont voté ça et j’espère que leurs électeurs seront contents de leur vote,sinon qu’ils en tiendront compte aux prochaines elections..
1. C’est un seul et même médecin qui décide de toute la procédure d’euthanasie ;
2. La loi ne prévoit aucune exigence formelle quant à l’expression de la volonté de mourir ;
3. Il suffit que le médecin affirme que la personne veut mourir ;
4. Ce médecin peut rencontrer le « patient » pour la première fois le jour de la « demande »;
5. L’euthanasie est possible sur les personnes sous tutelle et sous curatelle, et sur les personnes dont le discernement est altéré ;
6. Il suffit que le discernement ne soit pas « gravement » altéré lorsque la personne est supposée exprimer sa demande de mort ;
7. Une personne ayant un trouble psychique grave, telle qu’une tendance suicidaire, n’est pas exclue du processus ;
8. Le délai de réflexion n’est que de 2 jours ;
9. La décision du médecin peut être prise en quelques minutes, car aucun délai n’est fixé ;
10. Le médecin consulte deux personnes qu’il choisit lui-même ;
11. La consultation peut se faire en ligne, sans rencontrer le demandeur ;
12. Les proches n’ont pas un droit à être informés ;
13. Même si la personne demande la consultation d’un proche, le médecin peut le refuser ;
14. Les proches n’ont pas le droit de contester en justice la décision du médecin ;
15. Le médecin ou l’infirmier doit veiller à ce que l’entourage de la personne objet de l’euthanasie n’exerce aucune pression pour lui faire « renoncer à 16. l’administration de la substance létale » ;
16. La personne n’est informée qu’après avoir confirmé sa demande de mourir des modalités d’administration du poison et de son effet ;
17. Le « contrôle » est réalisé après la mort sur la base des informations transmises par le seul médecin ;
18. Le « contrôle » est réalisé par une commission nommée par le ministre de la Santé et composée de 4 personnes membres d’associations ou « désignées en raison de leurs compétences dans le domaine des sciences humaines et sociales », ainsi que de 2 médecins et de seulement 2 juges ;
19. Les médecins objecteurs de conscience qui refusent l’euthanasie sont obligés de désigner un autre médecin qui accepte de pratiquer l’euthanasie à leur place ;
20. Les établissements privés, en particulier religieux, même si tous leur personnel est objecteur, sont obligés d’accueillir des équipes mobiles d’euthanasie et d’accepter l’euthanasie de leurs résidents, sous peine de poursuites et de sanctions administratives et financières;
21. Les pharmaciens sont privés de clause de conscience et obligés de préparer le poison ;
22. La personne n’a pas un « droit » à bénéficier des soins palliatifs, sachant qu’une vingtaine de départements ne disposent d’aucune unité de soins palliatifs, et que moins de la moitié des besoins en soins palliatifs sont actuellement couverts, et que cette couverture diminue proportionnellement au vieillissement de la population;
23. Les amendements visant à séparer les procédures d’euthanasie et de celle de prélèvements d’organes ont tous été rejetés.
Il reste un espoir: la Charia! Elle fera valser toutes ces « avancées sociétales »