Voile et abaya : une simple question de choix, pour Mathilde Panot

mathilde panot

Le 31 août dernier, alors que Gabriel Attal, le nouveau ministre de l’Éducation nationale, annonçait l’interdiction du port de l’abaya pour la rentrée, Mathilde Panot, porte-parole d’une France insoumise vent debout contre cette mesure, était l’invitée de BFM TV. Apolline de Malherbe lui fit remarquer que « les Français sont pour l’interdiction de l’abaya à l’école ; les professeurs sont pour l’interdiction de l’abaya à l’école ; Sophie Binet, de la CGT, est pour l’interdiction de l’abaya à l’école » et lui demanda : « Est-ce que vous n’êtes pas en train de vous tromper de combat ? » Mathilde Panot répondit : « Nous avons affaire à une polémique qui est lancée et qui n’est là que pour fragmenter le peuple. Vous allez placer les professeurs dans une situation impossible parce que, expliquez-moi, madame Apolline de Malherbe, comment vous distinguez une robe longue d’une abaya ? »

Parce qu’il faut être bien malintentionné pour y voir une différence, n’est-ce-pas, et cette pauvre Mathilde Panot, elle, elle ne le pouvait pas, bien sûr !

Armita, 16 ans, n'avait pas mis son voile

Il faut pourtant croire qu’en deux mois elle a appris puisque, ne reculant devant aucune contradiction, elle s'indigne aujourd'hui pour une nouvelle victime des mollahs iraniens. Dans un salto arrière qu’on n’attendait pas de sa petite personne, Panot écrit : « Armita n'avait que 16 ans. Elle est en état de mort cérébrale pour n'avoir pas mis son voile. Je tiens ici à lui rendre hommage, ainsi qu'à toutes les Iraniennes en lutte pour leur liberté. Parce que le corps des femmes n'appartient qu'à elles, nous ne cesserons jamais le combat. »

« On le sait tous, notoirerement », LFI ne recule devant rien. Mais là, il faut l’avouer, c’est du grand art… De quoi faire réagir vivement un internaute : « L'immondice du en même temps, elle [Panot] fait mieux que Macron, quel talent. »

En Iran comme en France : l'islamisme vestimentaire

Tout d’abord, Mathilde Panot se garde bien de reprendre les mots qui fâchent. En effet, la jeune Armita est en état de mort cérébrale « après avoir été agressée parce qu’elle ne portait pas le voile obligatoire ». Rien, non plus, sur la suite : « Nous exprimons notre solidarité envers les Iraniennes qui se battent pour la liberté et pour mettre fin à la République islamique. » Le problème, pour Mme Panot, c’est uniquement « my body my choice ». Rien d’autre qu’une affaire de chiffon : crop-top, foulard, short ou robe longue. Pas question de s’interroger sur le pourquoi, le qui et le comment. Quand on participe, l’écharpe en bandoulière, à des manifestations où est scandé « Allah Akbar », il faut se garder de contrarier les amis.

Comme tant de propos des leaders de La France insoumise, ce tweet de Mathilde Panot est tout bonnement marqué d'une profonde malhonnêteté intellectuelle. Les commentaires sont, d'ailleurs, unanimes : « Ignoble récupération », dit l’un, « Collaboration coupable », écrit un autre. « Vous ne reculez devant rien. La honte ne vous étouffe pas », et surtout : « Vous avez conscience que c'est ce qui finira par arriver en France, en poursuivant votre stratégie ? »

C’est déjà ce qui arrive. Ici, à Toulon, l’offensive est manifeste. Dans une grande surface populaire du centre-ville, toutes les caissières – et la très grande majorité des clientes – sont voilées. On croise dans les rues des petites filles déjà harnachées et des jeunes femmes en niqab noir, gantées et le visage judicieusement couvert d’un masque (le Covid a bon dos) noir comme leur tenue. Panot croit-elle vraiment que le corps de ces femmes leur appartienne ?

Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

24 commentaires

  1. Le problème, pour Mme Panot, c’est uniquement « my body my choice ».

    De grâce évitez-nous cet anglais des beaux trottoirs du 16 ème !

  2. Je deviens sans doute très c.. en vieillissant, mais je n’arrive pas à comprendre comment un choix vestimentaire (le même, en sorte) est un signe de liberté en France, quand il est un signe de contrainte en Iran.

  3. Je suggère à madame Panot de postuler pour un poste de député dans la république islamique d’Iran. Là, elle sera en accord avec ses convictions. Et nous, ça nous fera des vacances…

  4. Il se pourrait que de vrais français patriotes fassent comprendre à ces indésirables qui veulent nous imposer leur religion que l’herbe est plus verte ailleurs par des gestes physiques; il y a eu les commentaires, les manifestations, maintenant l’action.

  5. Arrêtez de nous infliger vos pensums. Une Panot, c’est RIEN. Le néant, qui ne sait que répéter des slogans qu’elle est incapable de comprendre.

  6. Je verrai bien la Panot avec un tchador, mais sans portable ni maquillage et malheureusement soumise à son maitre

  7. Bien penser avec pondération étant le sésame absolu et le prérequis du mainstream pour être lu ou écouté, y compris pour les médias d’opposition, je suis toujours étonné qu’on parle de la gauche comme de gens raisonnables accessibles à la raison, mais qui se tromperaient dans leurs analyses et dans leurs luttes, quand bien même elles seraient monstrueuses, et qui de surcroit s’indignent qu’on le leur reproche. C’est exactement comme quand mon chien pisse sur le portail du voisin et que je l’engu..le, qui se demande ce qu’il a bien pu faire de mal, et s’il ne va pas devoir me mordre pour me faire respecter sa nature et son droit ! Tout ça n’est bien sûr possible que quand le maître a renoncé à être le maître.

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