Macron à Damas : quand le Président qui « joue à Top Gun » rencontre un djihadiste

La proximité affichée par Macron avec le président syrien, ex-chef djihadiste, a largement choqué.
Capture d'écran France Télévisions.
Capture d'écran France Télévisions.

C’est un voyage qui n’est pas passé inaperçu. Les 6 et 7 juillet 2026, Emmanuel Macron s'est rendu à Damas, à l’occasion d’un forum économique consacré à la reconstruction de la Syrie et aux « corridors stratégiques ». Ce déplacement, le premier d’un chef d’État de l’Union européenne en Syrie depuis la chute du régime des Assad, s’inscrit « dans la continuité du soutien constant de la France au peuple syrien », indique l’Élysée. Sur les réseaux sociaux, M. Macron s’est fendu d’un tweet rédigé en arabe afin de louer la solidité des liens qui existeraient entre la France et la Syrie.

« L'histoire entre la Syrie et la France est une histoire qui est plus grande que nous. Nous sommes des partenaires fiables, constants et prévisibles », a ainsi affirmé Emmanuel Macron, depuis Damas. Les liens entre nos deux pays sont-ils réellement aussi forts ? « Des "partenaires", moi je n’y crois pas, nous a répondu Michel Fayad, spécialiste reconnu du Moyen-Orient. Quand bien même Chirac s’est rendu aux funérailles de Hafez el-Assad, quand bien même Bachar el-Assad a été invité pour le 14 Juillet par Nicolas Sarkozy, la réalité est qu’il n’y a pas de véritable partenariat depuis l’indépendance de la Syrie en 1945. » L’analyste géopolitique ne croit pas non plus à une quelconque « fiabilité » des rapports entre les deux pays : « Cette "fiabilité" ne vaut rien. Tant que Bachar el-Assad était président, il y avait quand même des informations qui étaient transmises par les services syriens aux services français. L’actuel président syrien fournit bien quelques informations aux Américains, mais pas vraiment aux Français. Les renseignements français disent qu’ils ne reçoivent que très peu d’informations des nouveaux renseignements syriens… qui sont en fait des djihadistes. »

La « fiabilité » d’un ex-chef djihadiste

Sur les réseaux, de nombreux internautes ont également été choqués par la proximité affichée entre Emmanuel Macron et le président de transition de la République arabe syrienne. Dès son arrivée, le chef d’État français a rejoint Ahmed al-Charaa pour un « dîner de travail ». Le binôme s’est ensuite retrouvé le lendemain au palais présidentiel syrien pour un « entretien bilatéral ». Puis les deux dirigeants ont une nouvelle fois affiché leur bonne entente lors du forum économique damascène.

« Le terroriste et le gamin qui joue à Top Gun », a ironisé Martial Bild, directeur de TV Libertés, en commentaire d’une vidéo d’Emmanuel Macron arborant ses lunettes vintage, à côté du Syrien. « Il a considéré que ce n'était pas son rôle de marcher contre l'antisémitisme, mais considère que c'est bien son rôle de détester Israël et de fricoter avec des djihadistes », a jugé un internaute, sur X. Rappelons, en effet, que celui qu’il est de bon ton d’appeler désormais « Ahmed al-Charaa » était plus connu, il y a quelques années, sous le nom de Muhammad al Jawlani. Il était alors le dirigeant principal de l’organisation terroriste Front al-Nosra (ANF), affiliée à Al-Qaïda en Syrie. Sous la direction d’al-Jawlani, l’ANF a mené de nombreuses attaques terroristes contre des cibles civiles. Il y a peu, encore, le gouvernement des États-Unis promettait une récompense de 10 millions de dollars en échange d’informations concernant celui qui fait aujourd’hui office d’interlocuteur de confiance... Notre homme se serait-il assagi, depuis ? Aurait-il changé d’idéologie ? « Non seulement il n’a pas changé d’idéologie, mais si vous vous rendez en Syrie aujourd’hui pour faire un reportage sur l’académie militaire, là où sont formés les nouveaux cadres de l’armée syrienne, vous verrez qu’on leur apprend moins le maniement des armes que la récitation du Coran », nous a affirmé Michel Fayad.

Une stratégie contre-productive

Ne faut-il pas plutôt interpréter ce déplacement à Damas comme une manifestation de la « realpolitik », qui commande de préserver des canaux de dialogue avec l’ensemble des puissances, y compris celles considérées comme adverses ? « On se doit de maintenir un canal de discussion avec notre ennemi quel qu’il soit, mais il faut quand même avoir des limites, nuance, au micro de BV, Michel Fayad. Dérouler le tapis rouge à Jawlani à l’Élysée, se rendre en Syrie où Macron n’a même pas été accueilli par le président autoproclamé mais par un ministre ! Un Chirac aurait fait demi-tour, car c’est un affront. C’est de la soumission ! Je l’explique par la dépendance de la France vis-à-vis des pétromonarchies arabes du golfe qui ont un poids très important dans le chiffre d’affaires du complexe militaro-industriel français. »

Au passage, l’analyste géopolitique évoque avec inquiétude la restitution, annoncée par Emmanuel Macron ce 7 juillet, des actifs de Rifaat al-Assad, l’oncle de Bachar, qui avaient été saisis par la France dans les années 2010. « On est en train de dégeler de l’argent, détourné du peuple syrien, et on est en train de le donner à un terroriste. On parle de 50 à 90 millions d’euros, c’est suffisant pour commettre un attentat, nous confie l’expert. Je pose une question : si, demain, la Syrie commet avec cet argent un acte terroriste contre la France ou contre des Français en dehors de la France, Emmanuel Macron en portera-t-il une quelconque responsabilité ? » Une question polémique, certes, mais qui mérite d'être posée.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 14/07/2026 à 17:00.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

61 commentaires

  1. Un djihadiste, donc un ignoble assassin. On appelle cela « coucher avec le diable ». Ce « président » nous aura vraiment tout fait… À vomir !

  2. Déjà qu’avec son « en même temps » nous ne pouvions savoir ou son regard se tournait maintenant affublé de ses lunettes de mafieux nous pouvons y voir plus clair: il se tourne vers les ennemis de la France en tentant de se dissimuler derrière ses verres réfléchissant; ( les verres réfléchissent du bleu mais lui a t-il un peu de réflexion?)

    • le en même temps est une façon de tromper et de faire en sorte que les français ne sachent plus où ils en sont , plus capable de penser…comment cela s’appelle t il ? Quand aux lunettes , j’ai la faiblesse de croire qu’il a un problème médical .

  3. En ce qui concerne la solidité des liens de la France vers la Syrie, ce n est pas en mon nom. Je n ai rien à voir avec un terroriste !

  4. Un djihadiste reste un djihadiste. Le président syrien fait de la pure taqiyya. La dhimmitude de macron est une honte pour la France et les français.

  5. Ce voyage aurait un sens si la France avait quelque moyen de pression pour contraindre ce djihadiste déguisé en gentleman à se comporter en homme civilisé. Il se trouve que ce n’est pas le cas donc ce n’est qu’un voyage d’agrément. Dis moi qui tu fréquentes je te dirai qui tu es! Macron devra frotter très fort ses mains tachées de sang avant de serrer celles de Marine Le Pen en 2027.

  6. « dans la continuité du soutien constant de la France au peuple syrien », qu’est ce que c’est beau. Voilà un individu qui le moment venu est capable de soutenir des désordres en France pour peu que le régime iranien le lui demande et notre cher président qui va lui faire des courbettes. Comment un président de la France peut-il autant nous détester. C’est une énigme.

  7. macron, jusqu’à la fin de son mandat, n’aura de cesse que d’humilier la France, pourvu qu’il fasse parler de lui !

  8. E Macron ne portera jamais aucune responsabilité, que ce soit pour cette trahison envers les milliers de victimes Syriennes de ce monstre et de sa clique ou de la dilapidation de notre argent. C’est un irresponsable.

  9. Et encore 90 millions des contribuables francais DONNES sans contre partie a un etats islamique. Chaque déplacement, chaque rencontre de ce président c’est de l’argent francais donné aux autres

  10. Plus personne dans le monde n’en veut, alors il se tourne vers ceux qui savent se jouer de lui. La Syrie et l’Ukraine sont deux exemples parfait.

  11. M. Macron avec ses lunettes à la Top Gun voit les pailles dans les yeux de ses détracteurs, mais ne vooit pas la poutre qui est dans les siens . Au delà de cette apparence trompeuse voir notre représentant de l’Etat français avec un ex terroriste a de quoi nous révolter et pour ce président syrien repenti (en apparence) une chanson de notre regretté Johnny « cheveux longs , idées courtes » sauf qu’en la circonstance c’est plutôt « barbe longue et mémoire courte ». Que doivent en penser les parents des victimes d’un des instigateurs des attentats commis sur notre sol.

  12. Il se balade parce que les français ne l’intéressent plus, l’ont-ils intéressé un jour d’ailleurs ? Je lui conseille de changer ophtalmologue parce ça tarde à soigner son oeil, j’ai failli en perdre un à cause d’une infection, 8 jours d’hôpital et un peu de chance et c’était fini.

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