Le frère du terroriste de Nice interpellé : un manque de surveillance pour les proches des assaillants ?

Ils sont nombreux, les frères, sœurs ou proches des terroristes à avoir manqué de surveillance après les attentats.
Nice promenade des Anglais

À Nice, un individu a été arrêté à quelques centaines de mètres de la promenade des Anglais, dans la nuit du 9 au 10 juillet : l’homme de 31 ans, qui portait un couteau au moment de son interpellation, n’est autre que le frère de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le terroriste qui, le 14 juillet 2016, avait fait de ce lieu hautement fréquenté un cimetière à ciel ouvert.

Un profil doublement inquiétant

Alors qu’il occupait illégalement un studio situé à proximité des lieux du drame, un logement obtenu par sa sœur après un signalement de violences conjugales mais dans lequel elle n’aurait finalement jamais vécu, selon des témoignages recueillis par Nice-Matin, l’individu aurait montré un comportement agressif et menaçant envers la gestionnaire de l’immeuble. Cette dernière affirme avoir alerté à plusieurs reprises les forces de l’ordre au sujet des menaces qu’elle recevait ainsi que sur l’identité de cet homme qui se présentait comme « le frère du terroriste ». Des signalements qui seraient restés sans suite.

Ce n’est que dans la nuit de jeudi à vendredi que l’homme a finalement été interpellé pour « dégradation et maintien illégal dans un immeuble d'habitation », alors que la gestionnaire affirme qu’il lui aurait un jour déclaré : « Je vais verser du gasoil et mettre le feu. »

Lors de son arrivée en France, en mars 2024, soit huit ans après l’attentat de Nice qui a fait 86 morts, les services de renseignement avaient-ils connaissance de son lien familial avec l’auteur de l’attaque ? Alors qu’il se présentait lui-même sur Facebook comme le frère de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, cet individu n’aurait-il pas dû faire l’objet d’une attention particulière ?

À quelques jours du dixième anniversaire de l’attentat de la promenade des Anglais, l’événement suscite naturellement de nombreuses réactions, parmi lesquelles celle du maire de Nice, Éric Ciotti.

Les proches des terroristes qui ont choqué l'actualité

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’en France, le comportement de proches de terroristes ravive les interrogations et suscite l’indignation après un attentat.

Pas plus tard que le 4 novembre 2025, l’épouse de Salah Abdeslam, seul survivant des commandos terroristes des attentats du 13 novembre 2015, était placée en garde à vue aux côtés de son mari pour « recel d'objet illicite par un détenu ». Lors d’une visite au parloir, elle lui avait remis une clé USB contenant des fichiers liés à la propagande djihadiste. Mise en examen et placée en détention provisoire, Maëva B. avait épousé le terroriste en 2022 par téléphone, comme l’autorise la loi française. Depuis, elle lui rendait régulièrement visite au parloir de la prison de Vendin-le-Vieil.

Et comment ne pas évoquer la famille de Mohammed Merah, qui s’est illustrée par son indécence, d’abord avec la sœur du terroriste de Montauban, Souad Merah, qui avait déclaré être « fière de [s]on frère », qui a « combattu jusqu’au bout ». Malgré un passé ancré dans la mouvance salafiste et l’ouverture d’une enquête pour apologie du terrorisme par le parquet de Paris, cette procédure sera finalement classée sans suite et Souad Merah ne sera pas inquiétée. En 2014, elle disparaît de la circulation et est soupçonnée d’avoir rejoint les rangs du djihad après avoir été repérée avec ses quatre enfants à la frontière syrienne.

Son mari, Abdelouahed El-Baghdadi, qui avait rejoint les rangs de l’État islamique avant de revenir de Syrie en 2014, a quant à lui été de nouveau interpellé en août 2024, révélait Le Parisien, puis incarcéré pour des violences commises sur des personnes handicapées. Jusqu’alors fiché S, il avait pourtant déjà été condamné en 2017 pour « association de malfaiteurs en vue de participer à un acte terroriste ».

Plus récemment, encore, c’est le frère cadet du terroriste d’Arras, responsable de la mort du professeur Dominique Bernard, qui a fait parler de lui. En avril dernier, Souleiman Mogouchkov a été remis en liberté contre l’avis du parquet national antiterroriste (PNAT), après plus de deux ans de détention provisoire. Il est soupçonné d’avoir aidé son frère aîné dans la préparation de l’attentat du 13 octobre 2023, notamment en lui apprenant à manier des couteaux. Assigné à résidence sous bracelet électronique, il reste dans l’attente d’un éventuel renvoi devant la cour d’assises dans le cadre du procès à venir de l’attentat d’Arras. Depuis plus d’un mois, il fait en outre l’objet d’une OQTF délivrée en mai, selon La Voix du Nord, qui l’oblige à retourner en Russie… dans un délai théorique de 30 jours.

Si Sandrine Rousseau avait suscité l’indignation en déclarant sur BFM, en 2021, qu’il valait mieux que les « potentiels terroristes » soient en France plutôt que dans leurs pays d’origine, car cela « nous permettrait de les surveiller », la question inverse se pose davantage : les proches des terroristes sont-ils, eux, suffisamment tenus à l’écart ?

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 14/07/2026 à 17:06.

Vos commentaires

21 commentaires

  1. « Tu ne mentiras point » : la Bible
     » Tu dois mentir « (pour te sauver,c’est une obligation face à un infidèle): La taqyia
    Là est toute la nuance.
    Et la France suit… Dure sera la chute

Commentaires fermés.

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