Alors que la France, presque unanime, s’est recueillie en hommage au colonel Arnaud Beltrame, les jeux politiciens continuent. Parmi les âneries entendues ces trois derniers jours, celle de est presque passée inaperçue. Pourtant, elle restera dans les annales des niaiseries dont sont coutumiers nos politiciens en panne d’inspiration.

Laurent Wauquiez n’a rien trouvé de mieux, pour lutter contre le cancer islamiste, que de créer un « délit d’incitation à la haine contre la République ».

Silence affligé…

Qu’est-ce que la forme des institutions contemporaines vient faire dans la guerre à mener contre les fous d’Allah ?

Qu’est-ce que c’est que cette idée saugrenue qui tend, une fois encore – et Wauquiez n’est pas le premier -, à confondre la France avec son organisation constitutionnelle ?

Comment un homme qui veut incarner le renouveau de la droite, qui présente manifestement des qualités intellectuelles supérieures et qui se prétend enraciné dans le pays réel face aux élites parisiennes hors-sol, peut-il à ce point s’égarer ?

Lorsqu’il parcourt la magnifique chaîne des Puys, dans son Massif central, Wauquiez vibre-t-il au contact du paysage français ou ressent-il de l’amour pour le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes ? Lorsqu’il parcourt la France, ses paysages, ses monuments, son blanc manteau d’églises, aime-t-il sa patrie ou sa république ?

Arnaud Beltrame est-il mort pour une république ? Sans doute pas. Il est mort pour la France et pour sauver la vie d’un autre. Comme le sien, l’engagement de nos officiers et soldats est au service de la France, pas d’un régime. Même monsieur Macron l’a compris en se gardant, comme l’a noté Georges Michel, de prononcer le mot plus de deux fois. Et les témoignages de ces anonymes interrogés dans la rue sont unanimes sur le sens de son sacrifice.

C’est donc par une curieuse confusion mentale que le patron de LR s’est livré à cette audacieuse proposition. Non, Monsieur Wauquiez, la France préexiste à ses institutions, elle les transcende, elle les dépasse infiniment. Sous tous les régimes, elle a vécu d’immenses moments de gloire et de cohésion nationale, mais aussi de défaites et d’abaissement. Ce n’est pas à une république que s’en prennent les islamistes, mais à une nation, charnelle, pétrie d’Histoire et de traditions, de coutumes et de culture. Aucun d’entre eux ne hait la république. Tous haïssent la France.

Et monsieur Wauquiez devrait le savoir, s’il veut un jour devenir le chef qu’il aspire à être.

Vive la France, Monsieur !

29 mars 2018

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