Editoriaux - Politique - Société - 3 novembre 2019

Violences urbaines : après Béziers, Chanteloup-les-Vignes !

La chienlit, comme disait le général de Gaulle, a de beaux jours devant elle. Il y a trois jours, c’était à Béziers, dans l’Hérault. Dans la nuit de samedi à dimanche, c’est à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines. « Je suis abasourdi. Touché. Écœuré », avait expliqué Robert Ménard. « Ils ont incendié leur école. » Pour Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, il s’agit, selon ses propos rapportés par France Bleu, « d’une bande très organisée qui a décidé de s’en prendre à un certain nombre d’équipements publics, comme symbole d’une ville qui allait mieux ».

C’est devenu un jeu de massacre. Sauf qu’on ne s’en prend pas à des figurines, mais à des symboles de l’État et aux forces de l’ordre. La tactique est souvent la même : des bandes de jeunes attirent les policiers dans un guet-apens en mettant le feu à des poubelles ou des voitures et se livrent, ensuite, à une guérilla urbaine. À Chanteloup, les forces de l’ordre ont subi des attaques au mortier et des caillassages. Pour illuminer la nuit, sans doute, un bâtiment tout neuf a été incendié, le « Chapiteau des contraires », dont la troupe, par le biais des arts du cirque, effectue des actions de prévention en direction des jeunes des cités sensibles.

Le maire divers droite de la ville témoigne sur France Bleu : « Quand vous faites de la prévention, vous dérangez ! […] Je reçois des menaces régulièrement, la ville en avait reçu et voilà, ils faisaient monter la pression depuis quelque temps. » Ce n’est donc pas un phénomène nouveau. Dans un tweet, elle se dit « écœurée par les attaques commises cette nuit à Chanteloup. L’Arche, centre des arts de la scène et du cirque, est en cendres. Nous sommes anéantis mais nous nous relèverons et nous reconstruirons. »

Le préfet a beau condamner « avec la plus grande fermeté » cet incendie, « qui prive la population d’un lieu de culture précieux et reconnu », et assurer que « les auteurs seront retrouvés et punis », on ne peut pas se faire d’illusion : si l’on en juge par les précédents, les coupables (à supposer qu’ils soient appréhendés) seront sanctionnés de peines légères ou seront relaxés. On trouvera quelques irresponsables pour expliquer que ces actes de violence sont regrettables mais sont la conséquence d’une politique de la ville insuffisante et que les jeunes des cités n’ont pas d’autres moyens d’exprimer leur colère. Bref, on les excusera, on les victimisera.

Rien ne changera vraiment tant que nos dirigeants n’admettront pas que ces actes de délinquance sont, plus qu’une révolte sociale, l’expression d’un défi aux autorités et d’un refus de l’identité française. Quand on entend des élus de gauche soutenir que les manquent de services publics, aussi bien dans la police que dans l’éducation et la santé, ils confondent les conséquences avec les véritables causes. Si les enseignants ne se pressent pas pour y être affectés, s’il y manque de médecins, c’est que ces quartiers sont de moins en moins vivables et désertés par leurs habitants eux-mêmes, quand ils en ont les moyens.

Si des bandes de jeunes font régner le désordre, s’attaquent aux policiers ou aux pompiers, détruisent des bâtiments publics, organisent des zones de non-droit, c’est qu’ils ne reconnaissent pas l’autorité de l’État. Par inculture, par rébellion, par hostilité aux principes de notre République, ces « sauvageons » (comme les appelait Jean-Pierre Chevènement), cette « racaille » (comme disait plus crûment Nicolas Sarkozy), sont des complices, voire des acteurs de la sécession de territoires français. La prévention ne suffit plus : il faut sanctionner sévèrement ces exactions !

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