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Editoriaux - Politique - 4 janvier 2020

Villejuif : ce tweet d’Emmanuel Macron toujours plus déconnecté du réel…

Elisabeth Guillaume a exprimé ici, après l’attaque de , le fatalisme que partagent beaucoup de Français devant la triste répétition des attaques islamistes en France, citant le tweet d’Emmanuel Macron. Et en effet, dans la fabrication de ce fatalisme délétère qui nous est distillé, entre pour une bonne part l’attitude de nos dirigeants.

On croyait être sorti de cette mauvaise passe il y a cinq ans, après Charlie, et les accents martiaux d’un Valls qui parvenait enfin à prononcer les mots interdits. On pensait ces errements définitivement congédiés après le Bataclan. Et beaucoup de Français ont même cru qu’avec l’éviction de François Hollande et l’arrivée d’un jeune président désireux de regarder la réalité en face, les choses allaient vraiment changer, et, d’abord, être dites.

A l’aune de ces cinq ans d’histoire, le tweet d’Emmanuel Macron constitue une inquiétante régression, autant par les mots choisis que par les vérités proscrites.

L’année s’ouvre endeuillée par le drame de Villejuif. J’adresse mon soutien aux victimes de l’attaque, à leurs familles ainsi qu’aux forces de l’ordre. Nous poursuivons avec détermination la lutte contre la violence aveugle et notre combat pour la sécurité de tous les Français.

C’est à se demander qui est le plus aveugle dans tout ça … Et nous allons être de plus en plus nombreux à croire aux confidences des amis d’Emmanuel Macron qui le disent de plus en plus déconnecté du réel.

“Drame”, “attaque”, “violence aveugle”… Quel déni… Noam Anouar est venu ici même remettre les pendules à l’heure sans avoir peur de regarder le contexte social, géographique, religieux de ce converti de 22 ans. Nathan C. n’est pas sorti de nulle part, mais d’un terreau fabriqué par de multiples abandons culturels, territoriaux, à l’islam radical.

Le pire est que ce fatalisme devant une violence que l’on nous présente, depuis l’Élysée, comme “aveugle” et sans racines, sans terreau, est d’une redoutable efficacité. Une de mes amies me disait encore, il y a quelques jours, après l’attaque du pont de Londres :”Mais là, on n’y peut rien, ce sont des attaques au couteau…” J’ai pu lui répondre que non, que ce terroriste était en cours de “déradicalisation”, sous bracelet électronique, donc que l’on savait, que ce n’était pas la faute à la fatalité, mais à une justice coupable.

Pour Nathan C., je lui répondrai aussi qu’à une société en perdition comme la nôtre et à ses membres les plus jeunes et les plus fragiles on ne propose pas la mosquée du coin et le Coran dans la poche comme boussoles. Pour rester dans le réel, loin des mots creux d’Emmanuel Macron qui entretient un déni coupable.

Après la déconnexion avec les classes populaires, les gilets jaunes, les classes moyennes sur la réforme des retraites, Emmanuel Macron, avec ce tweet de l’autruche, ajoute une nouvelle pierre à sa maison rêvée, épurée des aspérités, des lézardes. Mais c’est une maison de cartons peints, qui menace de s’effondrer ou de prendre feu à tout moment.

Si j’avais cru en Macron, quelle déception serait aujourd’hui la mienne… Quelle colère aussi… Mais la colère lucide vaut mieux qu’un déni de réalité.

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