Editoriaux - International - Religion - Sport - Table - 11 juillet 2017

Va y avoir du sport ?

Emmanuel Macron en personne, accompagné de Madame, est depuis hier lundi de corvée de représentation à Lausanne en Suisse, avec le dessein d’attirer sur Paris les faveurs de la majorité des représentants du CIO, le Comité international olympique, chargés de choisir la ville organisatrice de l’édition d’août 2024 des Jeux olympiques modernes. 1

Souhaitons sportivement, “olympiquement”, à ces deux commis voyageurs de luxe un peu plus d’allant, un peu plus de conviction que la population qu’ils sont censés représenter : ces Français, ces maudits Français, auxquels certains, qui ne doutent de rien, n’hésitent pas à reprocher (sondages accablants en main) un manque d’enthousiasme flagrant ; comme si l’enthousiasme était de rigueur, d’obligation en la circonstance, comme si les Français devaient choisir entre enthousiasme et déshonneur.

Personnellement, j’aime bien les Jeux olympiques. J’aime bien “l’esprit olympique”, aujourd’hui incarné principalement par les femmes, me semble-t-il, par certaines qualités que ces dames ont de plus développées que leurs congénères maladroitement “entestostéronés” ; mais cela est un autre débat. Hélas, avec les années, olympiade après olympiade, la devise du baron “Citius, Altius, Fortius” (plus vite, plus haut, plus fort) est devenue “plus corrompu, plus anglais, plus publicitaire”. À tel point que non sans surprise, étant donné mon goût ancien pour la chose olympique, je m’interrogeais dernièrement sur mon désir, et mon plaisir, de la voir se dérouler chez nous, juste sous mon nez. Jusqu’à ce que leur imbécile, leur indécent, leur insupportable “mède for chèrigne”, placardé en multicolore sur notre tour Eiffel, achève de me faire ma religion. Comment voulez-vous éprouver de l’enthousiasme derrière une autre bannière que la vôtre ? Que les Anglo-Américains organisent leurs Jeux entre eux, chez eux, dans leur langue, puisqu’ils nous les ont volés, avec tous les lâches, tous les traîtres, tous les corrompus de chez nous, et que les francophones, et tous ceux qui le veulent bien, organisent les leurs ailleurs. À quoi bon faire voir ses muscles quand on a vendu son âme ?

Mieux encore, mieux peut-être : que les Jeux retournent en Grèce, tous les quatre ans à Olympie, payés par l’ensemble des pays participants, et que leur langue officielle redevienne le grec… le grec et, bien sûr, le français !

Notes:

  1. La décision du CIO sera annoncée depuis Lima, au Pérou, le 13 septembre prochain.

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