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Editoriaux - Société - 20 mai 2020

Un tag ordurier sur la statue de Jeanne d’Arc du boulevard Saint-Marcel : réactions ?

La statue de sainte Jeanne d’Arc, œuvre en bronze du sculpteur Émile-François Chatrousse, trône depuis 1891 sur le boulevard Saint-Marcel à Paris. Notre héroïne nationale se tient en pied et en armes. Sur le piédestal, on peut lire un cartouche qui donne le nom et les dates de naissance et de mort de la Pucelle d’Orléans.

Quelle ne fut pas la stupeur en découvrant, ce matin, aux alentours de 8 heures, un tag sur le piédestal « Pucele [sic] de merde ». Déjà en 2018, lors de la Gay Pride parisienne, des manifestants avaient encagoulé d’un voile noir la tête de la statue équestre de la sainte, sise place des Pyramides. Arrêtés tout de suite, ils avaient été relâchés quasiment dans la foulée.

Cette dégradation vient s’ajouter à la liste déjà très – trop !- longue des profanations de nos monuments religieux et historiques. La dernière en date était la mise à bas de la croix du pic Saint-Loup, dans l’Hérault, avec des tags « pic laïc » et « witch power ». On y retrouve, comme pour le boulevard Saint-Marcel, la signature de l’ : propos christianophobe parfois ordurier, parfois écrit n’importe comment, souvent les deux. Là, pas de réaction du gouvernement ; certaines dégradations sont plus importantes que d’autres. Et la hiérarchie catholique a été d’une discrétion de violette, comme toujours.

En effet, le 10 mai, avez-vous vu nos évêques, mitre en tête et crosse en main, aller fleurir les statues de Jeanne et faire des cérémonies solennelles dans leurs églises même vides – confinement oblige – pour célébrer sa fête nationale ? Rappeler que la France à l’agonie fut sauvée par une jeune fille de 19 ans, envoyée par Dieu ? Rien ! Rien, non plus, le 16 mai, jour anniversaire des cent ans de sa canonisation ! « Évêque, je meurs par vous ! » disait Jeanne à Cauchon. À méditer…

Quant à l’État, il n’y eut aucune annonce pour le centenaire de la fête nationale de la sainte. Or, c’était l’occasion de redonner du courage au peuple français, bien étrillé par la crise sanitaire. M. Macron et ses ministres ont préféré regarder ailleurs. Seuls quelques courageux sont allés déposer des gerbes devant les statues de leur ville, le deuxième dimanche de mai. Il y a fort à parier que le gouvernement Macron ne réagira pas au tag du boulevard Saint-Marcel, conséquence d’une Histoire de France et de sa langue qu’on ne veut pas voir enseignées. Contrairement à l’inscription bien connue sur le Panthéon, pour Jeanne d’Arc, la patrie officielle est loin d’être reconnaissante.

À nous de réagir face à ces attaques contre notre civilisation chrétienne. Fleurissons nos statues domestiques de la Pucelle d’Orléans et prions-la pour que les fruits de sa conquête ne périssent pas. Il y a grande pitié au royaume de France !

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