Le 13 novembre, en soirée, Éric Zemmour – encore lui ! – s’est rendu devant le Bataclan pour y accuser François Hollande de laxisme criminel dans sa gestion migratoire en 2015 et pointer, par là même, une responsabilité étatique dans les attentats sanglants qui suivirent. Accusation grave, déjà lancée la veille, à Bordeaux, lorsqu’il proférait que l’ancien président de la République aurait « préféré que des Français meurent plutôt que d'empêcher des migrants de venir en France ». La violence de l’accusation qu’il porte, par cet argument ad hominem, mélange de posture calculée et de sincérité instinctive, n'était pas faite pour ne lui attirer que des amis !

La riposte hollandienne est venue ce dimanche, sur Radio J. Jugeant le propos de Zemmour infondé, indécent et indigne, l’ancien Président a souhaité que « tous ceux qui sont dans le dévoiement » soient « mis de côté dans le pacte républicain ». Une contre-attaque légitime ; mais un appel à l’assassinat médiatique rebattu. Et commode pour ne pas affronter le réel. À sa suite, les réactions d’autres commis ébranlés du camp des administrateurs de moraline et des donneurs de leçons d’éthique citoyenne et de vivre ensemble républicain n’ont pas tardé. Un « personnage dont le seul but est de semer le doute et la haine », a renchéri Manuel Valls, comme harponné de banderilles.

Il nous fallait aussi, pour finir, le ressenti d’un certain Arthur Dénouveaux, nouvellement promu sous le projecteur des médias comme président de l'association de victimes Life for Paris (sic). Lui s’indigne en « rescapé » contre le « Z » et tweete nommément : « Vous êtes un profanateur de sépulture. Aucun n’avait jamais parlé un 13 novembre sur un des sites visés. » Pourquoi ces réticences ? Serait-il sacrilège que de se rendre devant le Bataclan où la fête a repris ses droits ? Un interdit social a-t-il été inscrit au dernier manuel tricolore du savoir-vivre du Paris by night qui concernerait ce lieu particulier ? Remettons, pour Arthur, bien les choses à leur place. Qu’est-ce qu’une sépulture ? Il s’agit du lieu, fosse, tombe, mausolée où repose le corps d’un défunt.

Partout, on vient s’y recueillir, souvent, pensant à l’être cher perdu. Novembre étant un mois propice à ces échanges silencieux qui nous viennent de loin. Mais qui dit sépulture dit aussi bien profanation. Ce qu’on n’a pu faire au vivant, on vient parfois l’infliger à ses restes. En France, les sépultures juives ont occupé longtemps la première place au hit-parade de la dégradation, avant d’être rejointes par les tombes chrétiennes. Mais, aux dires d’Arthur, peut-être influencé par les profondes intuitions du haut-commissaire Bayrou sur la question profanatoire (François Bayrou avait parlé de « profanation », début novembre, à propos du dernier livre de Zemmour La France n'a pas dit son dernier mot dans lequel le presque candidat remarquait que les parents de M. Merah et ceux de ses victimes souhaitaient qu'ils soient enterrés à l'étranger), le violeur de sépultures, aujourd’hui, c’est Zemmour !

Arthur, qui attend du procès des attentats de novembre 2015 une dimension « humaine » et « nuancée », nous disait, voici peu, que « toutes les victimes ne sont pas uniquement des gens honnêtes et dignes ». C’est vrai ! Mais « qu’elles sont là uniquement parce qu’elles sont victimes, pas davantage ». C’est sûr. Et puis, que « les accusés dans le box n’incarnent pas le mal absolu ». Évidemment. Avant d’ajouter qu’il nous faut dépasser « le manichéisme ». C'est beau. Oui, écoutons Arthur de nouveau, qui nous apprend, sans parti pris, qu’Éric Zemmour est donc le profanateur du jour. Délit punissable et inscrit dans le Code pénal. Oui, avec Arthur, contre Zemmour, dépassons le manichéisme...

15 novembre 2021

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