Le gouvernement vient d’adopter en Conseil des ministres un projet de loi contre le , étrangement devenu projet de loi « confortant les principes républicains ». Cette euphémisation illustre sa réticence à nommer les choses, en l’occurrence l’. Voudrait-il persuader l’opinion que le séparatisme, dont l’expression extrême est le terrorisme, concerne, au-delà de l’ dit radical, de nombreux courants politiques ? Le hasard fait bien les choses, puisque les médias soulignent actuellement les arrestations survenues dans les milieux de l’ultra-.

Depuis plusieurs mois, les services de renseignement s’inquiètent d’un regain d’activisme chez cette mouvance. Le 8 décembre, neuf personnes ont été arrêtées à , à Rennes, en Dordogne, dans le Val-de-Marne. Le 11 décembre, ce sont sept autres personnes (six hommes et une femme) qui ont été mises en examen pour « association de malfaiteurs terroriste ». Elles sont soupçonnées d’avoir projeté des actions violentes, sans être encore passées à l’acte. Le Monde rapporte que l’un des suspects serait, selon une source proche du dossier, « ancré dans une idéologie prônant la révolution ».

Le gouvernement se réjouit sans doute de pouvoir montrer, par des exemples concrets, que le terrorisme qui menace la France n’est pas exclusivement lié à l’. Bien sûr, il aurait préféré qu’ils sortissent de l’extrême droite, mais ce n’est pas tous les jours qu’on a sous la main un retraité de 84 ans qui tire sur deux personnes devant une . Il faut bien se contenter de ce qui se présente, l’important étant de trouver d’autres coupables que des islamistes. Cette recrudescence de l’activisme d’extrême gauche est néanmoins inquiétante. Les attentats commis par Action directe dans les années 80 ne sont pas si lointains. Et si ça recommençait ?

Il ne faudrait pas minimiser les accointances qui peuvent exister entre ces révolutionnaires anticapitalistes et les islamistes. Leurs relations sont complexes : les premiers aimeraient bien trouver chez les seconds des alliés dans leur combat anti-impérialiste. D’aucuns estiment que les islamistes se trompent de combat en voulant instaurer leur loi religieuse et qu’ils seraient plus avisés de s’associer aux luttes des prolétaires. Mais dans tous les cas, ils leur sont rarement hostiles : ils font feu de tout bois, tout leur est bon pour parvenir au Grand Soir dont ils rêvent.

Il est malheureusement difficile, comme dans d’autres domaines – l’incohérence des mesures sanitaires en est une nouvelle illustration –, de faire confiance à et à son gouvernement pour lutter contre le séparatisme et le terrorisme. Il leur faudrait nommer explicitement leurs véritables ennemis, dénoncer leurs complices, clarifier leurs relations avec des pays soupçonnés de financer l’, faire preuve d’une totale transparence dans leur communication. On peut douter qu’ils en prennent le chemin : ils gesticulent plus qu’ils n’agissent !

15 décembre 2020

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