Monter dans un train de manière paisible relève de l’impossible pour bon nombre d’usagers de la , même en province ! Retards, cohues, trains supprimés, tensions entre les passagers : cette femme témoigne de ce que vit sa fille lorsqu’elle quitte son domicile pour rejoindre sa pension.

Votre fille pensionnaire prend le train tous les week-ends. Comment se déroule son trajet ?

Chaque dimanche après-midi, à 17 heures, ma fille prend un TER reliant Sablé-sur-Sarthe à Nantes pour se rendre à l’internat. Ce TER est toujours relativement chargé, mais depuis la dernière rentrée, la situation est devenue catastrophique. Nous étions plutôt contents, au départ, que ce train soit remis en place alors qu’il avait été supprimé plusieurs fois. Notre fille devait alors se lever à 4 h 45, le lundi, pour arriver à l’heure au lycée, la semaine était dure à tenir ensuite.

 

Pourquoi dites-vous que la situation est devenue catastrophique ?

Depuis plusieurs dimanches, la situation est lamentable. Pas de place assise, les voyageurs sont entassés dans les allées, les halls et les portes ont du mal à se refermer, tellement ils sont serrés. D’une, chaque billet est réservé et payé, je ne comprends donc pas que le train ne soit pas adapté. De deux, si une personne faisait un malaise pendant le trajet (ce qui ne serait pas étonnant), il serait alors impossible de lui porter secours !

Enfin, alors qu’on impose aux restaurants, cinémas, théâtres… de rester fermés alors qu’ils feraient tout pour respecter les consignes sanitaires, on laisse un service public se faire payer pour transporter des individus, collés les uns aux autres, sans aucun confort ni sécurité. Sans oublier le risque de contaminations dans ces conditions ! Pas de gel hydroalcoolique imposé, pas de distanciation…

 

Comment réagit votre fille ?

Ma fille réagit plutôt bien car elle souhaite vraiment aller au lycée, mais nous parle souvent d’angoisses. Lors de son dernier trajet, des personnes se sont disputées dans le wagon et ont failli en venir aux mains. Ma fille étant juste à côté de ces personnes a eu très peur que quelqu’un sorte un couteau.

 

Cette situation est-elle exceptionnelle ou habituelle ?

Comme je le disais précédemment, la situation se répète depuis la rentrée de janvier et est arrivée à son apogée, ce dernier dimanche. Le train est parti avec dix minutes de retard, tellement « la bétaillère était chargée ».

 

Avez-vous fait une réclamation ?

J’ai tenté, en rentrant, d’appeler le 3635, censé être à notre écoute jusqu’à 20 heures, et n’ai jamais pu avoir qui que ce soit, non par affluence, mais du fait qu’aucune option ne corresponde à notre cas. Du coup, la SNCF coupe l’appel. Sur le site Internet, pas très simple, non plus, de trouver l’espace « réclamations ». Travaillant la journée, un de mes proches a appelé, pour moi, la région à qui je vais pouvoir envoyer un mail.

21 janvier 2021

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