Audio - Editoriaux - Entretiens - Polémiques - Politique - 28 décembre 2017

“Je suis fière de ce bon classement : c’est le fruit d’un engagement et d’un travail intenses qui s’appuient sur mon ancrage local”

Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault, a été très bien classée dans le Top 50 des députés les plus actifs à l’Assemblée, alors qu’elle ne bénéficie pas du travail d’un groupe derrière elle. Elle revient sur son bilan des six premiers mois et souligne l’importance de l’ancrage local que lui apporte son mari, pour “les conséquences concrètes des textes que l’on vote sur la vie quotidienne des Français”.

Emmanuelle Ménard, vous êtes classée parmi les députés les plus actifs de l’Assemblée. Comment accueillez-vous cette nouvelle ?

C’est le fruit d’un engagement et d’un travail de tous les jours. Il est d’autant plus important que je suis député non inscrit. Cela signifie que je ne bénéficie pas du travail collectif d’un groupe.
Quand vous faites partie d’un groupe, c’est plus facile de profiter des amendements ou des propositions de loi des autres. Ce n’est pas mon cas.
J’en suis donc assez fière.

Quelles leçons tirez-vous de ces premiers mois à l’Assemblée nationale sur le travail de député ?

C’est évidemment passionnant, parfois même un peu déroutant.
C’est effectivement fatigant, mais je ne tomberai certainement pas dans le travers de certains députés qui se plaignent à tout bout de champ, pour les uns de travailler trop et pour les autres de ne pas gagner assez. Je trouve assez indécent de se plaindre quand on connaît les conditions de vie moyennes des Français aujourd’hui.
C’est aussi surprenant aussi, car on vous demande d’être assez spécialiste sur un tas de sujets dont, pour certains, vous ne connaissez rien. Cela demande beaucoup de travail pour pouvoir s’intéresser, connaître et approfondir certains domaines.
Par exemple, je ne connaissais pas du tout le droit fiscal. Cela demande de travailler beaucoup pour pouvoir connaître non seulement ce dont on parle, mais en plus les implications.
J’avoue être très heureuse de pouvoir me reposer sur une implantation locale, sur la mairie de Béziers en l’occurrence, et sur Robert. Il peut, dans certains cas, me donner des indications sur les conséquences concrètes de textes que l’on vote ou que l’on ne vote pas. C’est bien cela, le plus important, pour ne pas rester sur une réaction spontanée. Il faut travailler pour savoir quelles sont les conséquences effectives et réelles sur la vie quotidienne des Français.

Avec le non-cumul des mandats, les ancrages locaux pour les députés sont plus compliqués. Est-ce que d’être un couple politique avec Robert Ménard vous aide à mieux connaître les problématiques locales ?

Je pense que le non-cumul des mandats est positif, mais a ses limites. Je l’ai déjà dit, je pense que c’est un avantage pour Robert et moi de former un couple en politique. Nous pouvons nous appuyer mutuellement, lui sur moi pour le niveau national et moi sur lui pour l’ancrage local.
Cela nous permet d’être au plus près des réalités pratiques, les réalités du terrain et de la vie quotidienne des Français. C’est extrêmement important. Si je n’avais pas cet appui local, je serais peut-être amenée parfois à voter des choses qui n’ont pas beaucoup de sens ou selon des positions de principe.
C’est facile, lorsqu’on est dans l’opposition, d’avoir des positions de principe. Quand on gère les choses au quotidien et qu’on est confronté à la réalité, c’est plus compliqué et requiert parfois de la nuance.

Quand on dit “Ménard”, on pense un peu à “polémique”. Vous faites partie des rares députés à provoquer des polémiques et des débats. Comment vivez-vous d’être l’une des députés les plus polémiques de ce mandat ?

Je ne le vis pas trop mal même si, au quotidien, ce n’est pas évident. Je ne fais que réaffirmer dans l’Hémicycle mes convictions profondes. Je ne me verrais pas passer sous silence mes convictions sous prétexte de ne pas faire de polémiques.
Il y a certaines polémiques stériles et d’autres salutaires quand il s’agit de défendre des convictions, des principes, des valeurs qui sont des valeurs sur lesquelles les électeurs m’ont élue. C’est important de le faire même si, parfois, c’est difficile quand vous êtes toute seule dans l’Hémicycle contre tous les députés présents.
C’est un détail, ce n’est pas très grave. Ce qui est important, c’est de défendre ses convictions.

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