L’aveu est de taille, mais il n’étonnera personne : la réduction des places de stationnement dans n’avait qu’un but : empêcher les voitures de circuler, à commencer par celle des banlieusards. Au début, la mairie prétexta le besoin de places pour les livraisons : normal. Puis pour les handicapés : normal aussi. Ce fut ensuite pour les transporteurs de fonds (étrange : moins on paie en espèces, plus il leur faut de places !).

Il fallut ensuite des pistes cyclables et des emplacements spécifiques pour les deux-roues ; et, tant qu’on y était, le lancement du Vélib’. D’après les utilisateurs, il y aurait de quoi se tirer une balle dans la tête, mais quand on tient une bonne idée, et surtout une saine gestion… Alors passons à Autolib’, histoire de stériliser encore quelques milliers d’emplacements que pouvaient, jadis, utiliser ces idiots de médecins, d’infirmières, de livreurs et d’artisans.

Évidemment, il y eut les travaux sans fin du tramway, transport collectif dont l’unique intérêt théorique est de partager la route avec les voitures, comme à Lisbonne, par exemple. Mais en France, on préfère réserver à son usage exclusif une largeur suffisante pour faire atterrir un Boeing, histoire de limiter nos plus larges boulevards à deux voitures de front et d’éliminer toute possibilité de parking.

À ce stade, et son entourage furent un peu à court d’idées. Mais une étincelle jaillit : les faux travaux, ou en tout cas interminables… C’est facile : condamnez une voie de circulation avec des palissades, derrière lesquelles il ne se passe rigoureusement rien pendant des mois. Puis vous les enlevez et vous les remettez un peu plus loin, histoire de donner l’impression qu’il s’est passé quelque chose. Idée de génie, et tellement économique…

Mais aujourd’hui, les faux prétextes, ce n’est même plus nécessaire, puisque la mairie vient d’annoncer qu’elle allait supprimer la moitié des places de stationnement survivantes (70.000 sur 100.000), mais qu’elle n’a pas la moindre idée de ce qu’elle allait mettre à la place !

À preuve, les Parisiens pourront, par Internet, faire savoir ce qu’ils préfèrent pour ces dix mètres carrés en bas de chez eux : jardins, mobilier urbain, et pourquoi pas trampoline, balançoires, mini-piscine, pièges à rats, plantations de cannabis…

Comment choisir ? Ce sera le rôle « d’une convention citoyenne prévue courant novembre avec un panel de citoyens tirés au sort et représentatifs des Parisiens qui vont bûcher sur les espaces ainsi libérés et d’ateliers avec différents acteurs et experts du sujet », révèle David Belliard, de l’armée mexicaine des 37 (!) adjoints d’Hidalgo, chargé, celui-là, de « la transformation de l’espace public, des transports et des mobilités ».

Les conventions de citoyens tirés au sort, merci… On a assez donné avec celle pour le climat, où un hasard miraculeux avait désigné un ramassis des plus frénétiques hystéro-écolos du pays, à l’origine de 146 propositions aussi ubuesques que ruineuses !

Les propriétaires de parkings privés peuvent se frotter les mains…

22 octobre 2020

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