C’est l’un des rares combats que la NUPES et le Rassemblement national mènent ensemble : la réintégration du personnel soignant non vacciné contre le Covid-19.

Profitant de sa niche parlementaire et après la constitutionnalisation de l’avortement (votée avec le concours du groupe Renaissance et la moitié du groupe RN à l’Assemblée nationale) et l’abolition de la corrida (proposition de loi de l’antispéciste Aymeric Caron retirée), La France insoumise a présenté un texte de loi pour réintégrer le personnel soignant suspendu. Pour que ce texte soit adopté, outre la majorité requise, il devait absolument être voté avant minuit. Le vote n'a pas eu lieu dans le délai imparti.

La minorité présidentielle en obstruction !

Dans un Hémicycle électrisé et à bout de nerfs après d’épuisants débats sur l’avortement et la corrida, sujets ni prioritaires ni consensuels, le parti présidentiel et le gouvernement ont été contraints de jouer le jeu qu’ils reprochent à l’opposition : l’obstruction parlementaire. C’est-à-dire jouer la montre en déposant amendement sur amendement. Avec succès. Une manœuvre qui aura même réussi à énerver le patron du groupe LR à l’Assemblée nationale Olivier Marleix : « C’est la première fois dans l’histoire de la Ve République qu'un gouvernement se prête à un travail d’obstruction parlementaire », s’est-il agacé. Des propos relayés par l’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy : « Crise inédite, et très grave, à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a tout fait pour empêcher les députés de voter, parce qu’une majorité allait permettre enfin la réintégration des soignants non vaccinés. Quel déni de démocratie… »


L’impossible réintégration ?

Olivier Marleix le rappelle bien : nous sommes le dernier pays, avec la Grèce, à ne pas avoir réintégré les soignants non vaccinés. Mais au fait, combien sont-ils ? En juillet dernier, Olivier Véran avançait les chiffres de « 600 infirmières sur 240.000 [qui sont] suspendues, et 75 médecins et pharmaciens, sur 85 000 en exercice » concernés par cette suspension. Récemment, le ministre de la Santé François Braun affirmait au service CheckNews de Libération que la suspension « concerne quelques centaines de personnes sur plus de 300.000 soignants, il est donc trompeur de croire que la réintégration de ces soignants non vaccinés serait une réponse miracle aux difficultés de l’hôpital et de notre système de santé en général ». Le 9 novembre dernier, la Fédération hospitalière de France rappelait que [les] « enquêtes chiffrent à 4.000, dont environ 500 infirmiers, le nombre de professionnels suspendus sur un total de 1,2 million d’agents ». Rappel utile, nonobstant : la FHP est présidée par le maire de Reims Arnaud Robinet, membre du parti Horizons et allié du parti présidentiel.

On serait tenté de croire que la réintégration des soignants n’a donc aucun enjeu sanitaire ou social. L'étroitesse des effectifs concernés et la relative inefficacité du vaccin contre la transmission du Covid-19 devrait rendre cette réintégration anecdotique. En réalité, l’enjeu est uniquement politique. François Braun ne dit d’ailleurs pas autre chose dans le « Grand Jury » de RTL ce 20 novembre. Pour lui, la réintégration des soignants non vaccinés « pose un problème d'éthique professionnelle ». Nous sommes donc en terrain symbolique. Derrière l’acharnement contre une poignée de soignants caricaturés en « antivax » alors qu’ils étaient vaccinés contre tout sauf ce fameux et polémique vaccin Covid se cache en réalité un parti présidentiel prêt à tout pour ne pas se dédire. Pendant ce temps, des soignants ne travaillent pas et l’hôpital souffre d'un manque de moyens mais aussi de personnel. Si la réintégration de ces soignants ne sauvera pas l’hôpital, elle permettrait sans doute à certains services de fonctionner mieux.

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25 novembre 2022

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31 commentaires

  1. La macronie applique un humanisme à géométrie variable. Face aux migrants, rien de superflu pour les sauvegarder, aussi bien en mer que sur terre. Je dis bien sauvegarder car en ce qui concerne la survie, c’est une autre approche, sous les ponts, la drogue. Face à la population française, aux soignants, les restos du coeur à disposition.

  2. C’est la désobéissance civique qui a été sanctionnée. C’est au nom de ce principe qui pourrait s’étendre à d’autres secteurs que le gouvernement refuse la réintégration. A titre personnel je peux le comprendre

  3. Pas grave: ces métiers se retrouvant en tension, nos instances vont pallier le déficit d’agents hospitaliers par un recrutement hâtif de migrants fussent-ils incompétents pour l’exercice des dits métiers. Au moins, ils seront régularisés. Et les soignants réfractaires, définitivement virés.

  4. L’avis d’un toubib  » éclairé », expérimenté, expert, émérite serait le bienvenu sur cette tribune : Ils se cachent, ou ils exécutent les ordres idiots comme à l’Armée ? ( n’en pensent pas moins, mais tiennent à leur portefeuille plus qu’ à la vérité, l’éthique ou/et la morale : hein, c’est ça ? )

  5. C’est préférable. On ne réintègre pas les soignants parce qu,ils ont refusé les vaccins poison mais on laisse les gens mourir faute des soins et de personnels …cela porte un nom cette technique …courage les soignants ….

  6. La gestion du covid ayant été faite de façon totalitaire, toute personne refusant le vaccin miracle (au point de vue lucratif) est devenue de fait un dissident. Dissident d’autant plus dangereux pour le régime que son refus est éclairé, dans le cas des personnels médicaux. La logique gouvernementale ne peut donc pardonner à des dissidents, dangereux pour son autorité.

    1. Je confirme, ayant une parente infirmière confirmée ( 40 années aux urgences puis en cancérologie à Lyon) qui s’est mise en  » hibernation » ( heureusement proche de la retraite) par refus du vaxxin- mystère, à défaut d’avoir pû accéder au contenu de la mixture

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