La manifestation en soutien à la famille d’Adama Traoré, interdite par la préfecture de police, a rassemblé environ 20.000 personnes, mardi soir, à Paris, et s’est terminée avec des violences et des dégradations volontaires.

Au micro de Boulevard Voltaire, témoignage de Serge Federsbusch, qui s’est rendu sur place.

Mardi soir, une manifestation en soutien à la famille d’ a eu lieu devant le palais de justice de Paris. Suite à cela, des émeutes ont éclaté, notamment dans le XVIIe arrondissement. Qu’avez-vous ressenti en voyant ces images ?

Je n’ai pas vu d’images, mais j’ai assisté à ces émeutes parce que je n’habite pas très loin. Il y avait une masse de gens assez impressionnante et pas mal de violences. Un incendie a éclaté du côté de l’avenue de Clichy. Il y a eu plus de dégâts que ce qui a été dit.
Ce matin, on pouvait lire, dans Le Parisien, que les commerçants comprenaient, alors que leur devanture avait été vandalisée. C’est de la rigolade. Les autorités ont cette volonté d’occulter, de sous-estimer et de minimiser le problème avec une répression extrêmement faible, surtout si on la compare à la répression contre les gilets jaunes.

Le maire du XVIIe parle d’un million d’euros de dégâts.

Ils ont brûlé des arbres et des poubelles à cinq mètres des balcons dans le nouveau quartier
Clichy-Batignolles. Des fumées assez toxiques montaient sur les immeubles où vivent les habitants. On a volontairement sous-estimé la gravité de ce qui s’est passé.

Tous ces commerçants et ces patrons de café sortaient de deux mois de confinement. C’était leur première journée de « reprise des affaires ». Bienvenue dans le retour à la réalité…

Cela annonce des troubles encore plus importants. Tous les gens au chômage partiel vont se retrouver, à la rentrée, au chômage tout court parce que l’État ne pourra plus subvenir à tous ces besoins. La France connaîtra des troubles sociaux bien plus fort qu’aujourd’hui.

Paris s’oriente vers une paupérisation et une précarisation encore plus forte.

C’est la politique d’Hidalgo. Lors de la campagne électorale, je dénonçais déjà la tiers-mondisation de Paris et de la France. Aujourd’hui, c’est tout à fait ce qui se passe. Vous avez des soupes populaires avec des centaines de gens qui y vont pratiquement tous les jours. Un nombre considérable de SDF font la manche dans tous les quartiers de Paris. Ils deviennent agressifs parce que les gens ne leur donnent pas. Ils en ont assez d’être sollicités en permanence. Par conséquent, une exacerbation de la tension ne fait que monter.

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