Au commencement était la colère. La colère d’une famille devant la mort de son frère et de son enfant. La mort d’ a été la cristallisation d’une génération en colère contre elle-même et contre une société qui change trop vite et malgré elle. On peut l’appeler Grand Remplacement, multiculturelle, archipélisée ou communautarisée… On vous laissera faire le tri entre le dicible, le pénal et la réalité.

Le combat antiraciste exigeait que tout le monde soit reconnu comme français quelle que soit sa couleur de peau. Aujourd’hui, cette jeunesse concède être française du bout des lèvres comme on parlerait de quelque tache de naissance disgracieuse qu’on accepte au fil du temps. On pourrait écrire des pages sur le long travail de sape des militants de gauche dans les banlieues. On pourrait regretter cette déconstruction systématique de tout ce qui pouvait assimiler. Mais c’est advenu. Cette génération existe.

Construite par rien d’autre que l’image d’individu roi sacré par la postmodernité. Une utopie de liberté qui a accouché du stade suprême de l’ : un individu acculturé dopé à la pornographie, aux jeux vidéo et aux mangas, des produits vendus comme une sorte de sous-culture commune. Un individu esclave de la consommation à qui on fournit des luttes pseudo-marxistes pour assécher ce qui pourrait subsister d’âme au fond de lui. Ces milliers d’individus issus du multiculturalisme se retrouvent fédérés par une lutte en réalité inexistante. Chacun y vient pour retrouver un lien social, un sentiment d’appartenance, une raison de vivre et, osons le dire, un supplément d’âme. D’autres sont venus pour le pillage, mais ils ont toujours existé. Chaque guerre a son cortège de héros, d’innocents, de charognards et de détrousseurs de cadavres.

Mais cette colère sourde que seules peuvent produire la bêtise et l’abandon de toute cellule formatrice, qu’elle soit familiale ou sociale, cette colère sourde que provoque une violence policière réelle ou supposée s’est finalement muée en haine.

Lorsque cette génération le décidera, elle détruira tout ce qu’elle ne s’est jamais appropriée, du fait de la démission de la République et de ses institutions. Cette République qui a elle-même déraciné ses propres assises en oblitérant son passé. Mais surtout par la démission de tous ceux qui auraient dû se montrer inspirants, exemplaires et fiers de ce qu’ils sont. Ceux qui auraient dû vendre le bien commun contre l’égoïsme, la nation contre le communautarisme, la France contre cette République. En bref, ceux qui la brandissent d’une main en l’enterrant de l’autre. Nous sommes fatigués de réanimer un cadavre.

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