La Ubisoft sortait hier un jeu vidéo nommé Assassin’s Creed Unity. Une saga mettant en scène un assassin à la solde de ses clients, à des moments historiques (croisades, guerre d’indépendance américaine, etc.), et qui connaît un immense succès. Le jeu, graphiquement superbe (il a fallu, par exemple, quatorze mois de travail intensif pour reconstituer Notre-Dame), propose au joueur d’accomplir des missions dans les rues du Paris révolutionnaire, en 1789.

Certains, sur les réseaux sociaux, demandent la tête (sans jeu de mots) des concepteurs du jeu vidéo… D’autres lancent des anathèmes : on ne touche pas au dogme.

Car il y en a qui pensent – c’est leur névrose personnelle – et qui affirment encore publiquement – c’est plus grave – que la Révolution française s’est déroulée sous une pluie de roses dans une ambiance aussi sympathique que la création du monde en sept jours… Qui ? Des idéologues de l’ancien temps, ceux qui pensent, comme l’ex-ministre Vincent Peillon, que la Révolution française « n’est pas terminée », qu’elle est l’an 0 de l’Histoire de France et qu’à ce titre, elle est un dogme qu’il est impossible de critiquer.

Toujours parmi les premiers à lancer des anathèmes, dénonce carrément une « propagande contre le peuple » et n’hésite pas à présenter l’ignoble Robespierre comme « celui qui est notre libérateur ». Quant à Alexis Corbière, élu communiste de Paris, ce jeu vidéo est pour lui une « caricature bestiale » de l’idole Robespierre, ce dernier étant présenté comme « bien plus dangereux que n’importe quel roi » (sic) et étant la cause « de centaines de milliers de morts et de rues entières remplies de sang ». Ce rappel à la réalité est intolérable ! Le communiste ose même mettre en garde les futurs joueurs : « Le joueur peu averti en tirera la conclusion que la Révolution française fut finalement une monstruosité, un bain de sang incompréhensible, conduite par des brutes, qu’il aurait fallu éviter. »  Quand on sait que l’élu du peuple est auteur d’un hallucinant ouvrage intitulé Robespierre, reviens !, et qu’il nie à ce point les faits historiques, on craint le pire… Je ne m’abaisserai pas à décrire ce qui s’est réellement passé sous la Terreur. Mais ce qu’on en connaît pourrait faire passer les « décapiteurs » de l’ pour des apprentis…

Cette affaire peut paraître ridicule, surtout pour ces deux communistes. S’exciter sur un jeu vidéo en laissant de côté les « vrais problèmes » du « peuple ». Mais, bien plus que ridicule, elle est inquiétante. Car au fond, nous ne sommes peut-être pas, nous autres, les seuls « réactionnaires » à rêver de l’ancien temps… Si ce n’est que leur « ancien temps » à eux n’est pas celui des bâtisseurs de cathédrales, mais celui des guillotineurs en série.

16 novembre 2014

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