encore lui, désolé ! – milite pour que les français, qui risquent la peine de mort en Syrie et en Irak, rentrent en France. L’avocat, qu’il est toujours, est dans son rôle. Le ministre, c’est peut-être plus discutable, même si, il est vrai, la France, en février 2007, sous Jacques Chirac, a constitutionnalisé l’abolition de la peine de mort.

Mais si la peine de mort est abolie en France, elle ne l’est pas en Syrie et en Irak, et personne n’a obligé ces « ressortissants français » à partir là-bas pour y faire le djihad. Le ministre des Armées, Florence Parly, n’avait pas eu ces pudeurs de gazelle, en 2017, lorsqu’elle avait déclaré : « Ce que nous voulons, c’est aller au bout de ce combat. Et, bien sûr, s’il y a des djihadistes qui périssent dans ces combats, tant mieux. » Ce « tant mieux » avait un petit air de réalisme qui nous rappelait ce qu’était la guerre. Le problème, si l’on peut dire, c’est que tous n’ont pas péri au combat… Ceux qui ont été faits prisonniers doivent maintenant rendre des comptes, s’il s’avère qu’ils ont commis des crimes de guerre, dans un pays qui n’est pas le leur et selon les lois de ce pays. C’est un peu le principe de la souveraineté, paraît-il.

L’argument du ministre-avocat-militant en faveur de ce retour ? « Ils sont français, qu’on le veuille ou non. » Et là me revient, d’un coup, en mémoire un incident qui remonte à plus de vingt ans. J’étais commandant en second d’un régiment de la région parisienne et nous incorporions les derniers contingents d’appelés. Un jour, un jeune barbu issu des banlieues, habillé en costume traditionnel qui n’avait rien de berrichon ou provençal, refuse de revêtir l’uniforme à son incorporation. Appel des gendarmes devant lesquels j’ordonne formellement à ce jeune homme de se conformer à la loi de la République et tout ça. Refus. Tentant de le convaincre, je lui déclare : « Mais vous êtes français ! » Il me répond : « Non, je ne suis pas français. » « C’est vrai », lui dis-je alors, « vous êtes citoyen français ». Fin de l’histoire. On pourrait d’ailleurs en rester là.

« Ils sont français, qu’on le veuille ou non » ? C’est qui, « on » ? C’est vous, c’est nous, c’est les centaines de victimes du terrorisme islamiste sur notre territoire ? « On » a peut-être un peu son mot à dire, non ? Mais « on », c’est eux, aussi, non ? Eux qui, parfois, brûlaient ostensiblement leur passeport français lorsqu’ils « bataillaient » sous les couleurs de l’État islamique à ses grandes heures d’exactions au Moyen-Orient, comme pour bien signifier qu’ils ne se reconnaissaient plus aucune attache avec la France.

Alors, doit-on les rapatrier ? La question confine au contresens : dans « rapatrier », il y a « patrie »…

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