Reims : les reliques de saint Remi menacées par des années d’inaction municipale
Depuis plus de mille ans, la basilique Saint-Remi domine Reims comme un témoin majeur de l’Histoire française. Classée monument historique dès 1840 puis inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1991, elle abrite encore les reliques du saint évêque Remi, acteur fondamental de la naissance de la France chrétienne avec le baptême de Clovis, roi des Francs, à Reims, le 25 décembre 496. Mort en 533, saint Remi attire depuis des siècles une multitude de pèlerins, de fidèles et de visiteurs venus contempler ce lieu d’histoire et de mémoire, autrefois simple chapelle dédiée à saint Christophe avant d’être transformée en abbatiale sous les Carolingiens puis élevée au rang de basilique en 1870. Cependant, ce monument plusieurs fois meurtri par l’Histoire se retrouve aujourd’hui face à de nouveaux dangers.
En effet, depuis le 30 avril, la ville de Reims a annoncé la fermeture de la nef pour une durée indéterminée après l’apparition d’un glissement de toiture provoqué par la rupture des accroches soutenant une partie de la couverture. Les autorités craignent désormais des chutes d’éléments et une fragilisation plus large de l’édifice. En effets, les experts redoutent des conséquences sur la nef, les arcs-boutants ainsi que sur le cloître du musée Saint-Remi. Si le chœur et certaines chapelles demeurent accessibles au culte, l’inquiétude grandit ainsi autour de l’intégrités des reliques de saint Remi conservées dans ce sanctuaire emblématique.
Tensions municipales
Le maire de Reims, Arnaud Robinet (Horizons), évoque désormais un projet exceptionnel, le « chantier du siècle », estimé à près de 65 millions d’euros. Les premières opérations concernent la sécurisation de la toiture et l’installation d’échafaudages afin d’éviter tout risque d’effondrement supplémentaire. L’édile rémois a également demandé un soutien financier renforcé de l’État. Cette demande a toutefois suscité de vives critiques de la part de l’opposition municipale. La conseillère municipale Anne-Sophie Frigout (RN) reproche ainsi au maire, en poste depuis 2014, d’avoir tardé à agir malgré les alertes techniques successives : « Vous avez vu sur, deux mandats, les rapports techniques s’empiler sur votre bureau. Et nous découvrons aujourd’hui que la situation est telle qu’il faut fermer une partie de la basilique au public car le toit menace de s’effondrer. Elle est pourtant un trésor national. » Et Anne-Sophie Frigout de poser des questions : « Pourquoi n’a-t-elle pas eu droit à une campagne médiatique d’ampleur alors que vous allez régulièrement sur des plateaux de TV parisiens ? Quand vous dites "j’ai interpellé l’État à plusieurs reprises ces dernières années", depuis quand exactement ? Et avec quelle insistance ? Avec quel résultat ? »
Mais qu'a attendu Arnaud Robinet pour alerter sur l'état de la basilique Saint-Remi ?
Alors que le toit de l’édifice menace de s'effondrer et qu'une partie du monument est fermée au public, j'ai interpellé le maire de Reims sur vingt ans d'inaction ! pic.twitter.com/sUe7sETNGg
— Anne-Sophie Frigout (@asfrigout) May 5, 2026
Elle a souhaité, également, rappeler la responsabilité d’Arnaud Robinet dans cette affaire : « Qu’avez-vous fait en tant que propriétaire ? Car il faut le rappeler, la basilique Saint-Remi appartient à la ville de Reims, elle est notre propriété ». « Vous êtes le maître d’ouvrage, vous avez la responsabilité d’entretenir, de sécuriser, de prévenir. Quand un tel bâtiment culturel, religieux, historique est en danger depuis 20 ans, ce n’est pas l’État qui a failli en premier, mais bien le propriétaire. Vous essayez d’échapper à vos responsabilités en vous défaussant sur l’État. »
Selon nos confrères de l’hebdo du vendredi, Anne-Sophie Frigout aurait également interpellé les députés marnais Laure Miller (Ensemble pour la République) et Xavier Albertini (Horizons), soulignant leur inefficacité à obtenir davantage de moyens pour sauver la basilique.
L’alerte lancée à l’Assemblée nationale
Cette situation a rapidement dépassé le seul cadre rémois en arrivant jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, où le député UDR de la Marne Maxime Michelet a interpellé le gouvernement sur l’état préoccupant de la basilique Saint-Remi mais aussi, plus largement, sur celui du patrimoine français. Le parlementaire a ainsi rappelé la portée historique de cet édifice chrétien et le rôle fondateur de saint Remi dans la construction de la France chrétienne. « La basilique accueille les reliques de celui qui, en baptisant Clovis, a baptisé la France », a-t-il déclaré devant la représentation nationale.
⛪️ J'ai interpellé en hémicycle le Gouvernement sur la situation de la basilique Saint-Remi de Reims et sur la préservation de notre patrimoine national.
Partout en France, notre patrimoine part en lambeaux : un quart des monuments historiques seraient ainsi en péril, et la… pic.twitter.com/cDUISJMrrO
— Maxime Michelet (@Maxime_Michelet) May 6, 2026
Le député a également dénoncé l’ampleur des besoins financiers qui s’accumulent partout dans le pays. Il a ainsi cité d’autres grands chantiers comme celui du Louvre, du Muséum d'Histoire naturelle, du Centre Pompidou ou encore de la BNF, mais en alertant aussi sur le risque d’une concentration des moyens financiers sur Paris alors que, selon ses mots, « notre patrimoine part en lambeaux partout en France ». Son intervention s’appuie également sur des chiffres alarmants. Le bilan national de conservation des monuments historiques évoque plus de 8.000 monuments en péril, tandis que l’Observatoire du patrimoine non protégé recense près de 67.400 édifices menacés, sur les 295.800 monuments identifiés.
Au-delà du seul cas de Reims, l’affaire de la basilique Saint-Remi révèle ainsi une problématique à l’échelle nationale. Après des décennies de reports, d’entretien insuffisant, d’attentisme et parfois même d’inaction, le coût de préservation du patrimoine français atteint aujourd’hui des montants considérables. L’urgence est désormais vitale : sans une mobilisation forte et durable, c’est une part essentielle de notre héritage chrétien, de notre mémoire et de notre identité française millénaire qui risque de disparaître avec ces monuments.
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15 commentaires
Reliques : n’oublions pas qu’un saint, ce n’est que la promotion d’un homme décidée par d’autres hommes …
et que Dieu n’est pour rien dans ces promotions !
Quand la moitié du budget de la culture va à France Télévision et le reste de la communication d’Etat, et que seulement un dixième est alloué aux monuments historiques (musées compris !) On comprend qu’il soit difficile pour trouver quelques sous pour des éléments aussi essentiels de notre culture. Mais quelques millions pour les vitraux illégaux de Macron à Notre-Dame, là pas de problèmes… Triste.
Il a été jugé important de remettre les couverts de l’Élysée au goût de l’ancienne, l’ occupante des lieux, de refaire les moquettes et les rideaux… Que dire du train de vie de ce monarque sans gloire ?
Et pendant ce temps-là, nous tendons la sébile, attendant les miettes des festins que se partagent tant de nos élus.
Pourquoi si peu nous aimer ? Pourquoi ne pas reconnaître combien fut grande la France qui nous a été laissée…
« l’Observatoire du patrimoine non protégé recense près de 67.400 édifices menacés, sur les 295.800 monuments identifiés. » Entre ça et le social, ça fait une paye (!) que les gouvernements successifs ont choisi… l’achat des votes.
Demandez à Zelensky, manière comme une autre de s’acquitter de sa dette.
L’impéritie de l’état enfle dans TOUS les domaines et nos donneurs de leçons vont – encore – nous expliquer comment ils vont résoudre TOUS les problèmes – qu’ils ont généré;! – pendant une campagne (…qui va être pénible !)
La France ne saurait « en même temps » être « terre d’asile » (François Mitterrand, de sinistre mémoire), donc en assumer le coût financier (merci Nicolas), et entretenir son patrimoine, à léguer à ses enfants. C’est vrai qu’elle ne fait plus d’enfants, alors, …
Quant un bâtiment commence a se dégrader les réparations sont minimes mais quant une vingtaine d’années passent c’est presque une reconstruction qu’il faut envisager avec le cout que çà implique.
Le problème est exceptionnellement grave car issus d’un principe que quant le responsable a l’intention caché de se débarrasser d’un monument qui n’est pas dans ses aspirations de le conserver c’est tout simplement comme pour se débarrasser de son chien en l’accusant de la rage, c’est tout simplement de le laisser se dégrader pour enfin l’obligation de destruction, il y a des précédents.
Espérons que ce désastre ne soit pas soldé par un mégot.
A part ça le nombre des baptêmes repartirait à la hausse …Quelle foutaise quand on sait que nos séminaires sont vides . Et pourquoi ne pas constituer une cagnotte internet pour diriger des dons ? On verrait alors à quel point le français moyen est déchristianisé et se fout du patrimoine catholique comme de ses
vieilles chaussettes qu’il ne reprise plus ….Quel symbole de la mort de l’âme de notre nation …Et quelle honte pour tous les habitants de Reims …Au passage , qu’en pensent les grandes maisons de Champagne ?…
Si le Français est déchristianisé (ce qui est la réalité) comment s’étonner qu’il se désintéresse
des reliques d’un saint Rémi ? Une cagnotte demandée aux chrétients seuls, c’est la solution, et
si les champagnes veulent participer, c’est encore mieux !
oui le nombre de baptême augmentent mais en effet de moins en moins de séminaristes l’exigence de cet engagment étant perçus comme » trop » important par beaucoup – Ont ils moins » la foi » ? En tout cas le renoncement à notament le fait de ne jamais construire de famille est trop important…
La macronie préfère dépenser 200.000 pour la rénovation du palais de L’empereur du roi d’Éthiopie. Via l’AFD
Hélas hélas hélas
Trois A + Trois H ça done AH AH AH ! On comprend votre colère !