« L’école n’a pas besoin de gestionnaires, elle a besoin de chefs » : ce que veulent les Français, selon un sondage IFOP

Jérôme Fourquet présentait les chiffres du dernier sondage sur l'école lors d'un colloque de la Fondation pour l'école.
Jérôme Fourquet/Fondation pour l'école
Jérôme Fourquet/Fondation pour l'école

Quel enjeu plus décisif pour une nation que celui de l’éducation de ses enfants ? À l’aube de l’élection présidentielle de 2027, la Fondation pour l’école s’est saisie de ce sujet fondamental, dont l’acuité grandit à mesure que le niveau des élèves décline.

Dans une société qui a perdu nombre de ses repères et où la figure d’autorité n’impose plus le respect, cette dernière question demeure, dans le contexte éducatif, l’une des principales préoccupations des Français, selon un sondage IFOP réalisé pour la fondation.

Plus d’autonomie pour une autorité respectée

Ainsi, 84 % d’entre eux souhaitent un renforcement du rôle et des pouvoirs du chef d’établissement, en matière de discipline, d’organisation des enseignements et de gestion des équipes. Tout autant de sondés plébiscitent également l'idée qu'il dispose d’un pouvoir de recrutement sur les équipes pédagogiques, détaillait, le 4 avril, Jérôme Fourquet, venu présenter ces résultats au Sénat devant des parlementaires et des acteurs du secteur.

Une demande d’autonomie qui transcende, d'ailleurs, les clivages traditionnels entre enseignement public et privé : si 92 % des parents d'élèves du privé y souscrivent, ceux du public les rejoignent massivement, à 81 %.

« L'école n'a pas besoin de gestionnaires, elle a besoin de chefs », résumait Michel Valadier, directeur général de la Fondation pour l'école, pour pointer l'écart béant entre les attentes des familles et une gouvernance scolaire encore largement corsetée par la centralisation administrative.

Car si l'autorité ne se décrète pas, elle se construit d'abord dans la cohérence entre l'école et la famille. Plus des trois quarts des Français (77 %) appellent de leurs vœux un renforcement de la communication entre établissements et parents, convaincus qu'une telle alliance consoliderait l'autorité des acteurs éducatifs tout en améliorant l'acquisition des savoirs.

À l’occasion d’une table ronde animée par la journaliste Aziliz Le Corre, Laurence Bernard, maire du Pecq (Yvelines) pendant douze ans et jusqu’aux dernières municipales, insistait sur cette nécessaire marge de manœuvre accordée aux chefs d'établissement, seule à même de tisser ce lien de confiance avec les familles.

Ce cercle vertueux, Marie-des-Neiges Guillotel, présidente de la Fédération des parents d'élèves des écoles indépendantes, en décrivait la mécanique : l'autonomie suppose l'adhésion des parents au projet éducatif, laquelle induit le respect du cadre transmis aux enfants. Lorsque les familles s'investissent et reconnaissent l'autorité de l'institution, les enfants le perçoivent ; l'écoute entre parents et professeurs s'en trouve renforcée, et les apprentissages avec elle.

La diversité pédagogique pour répondre aux besoins des enfants

Encore faut-il que cette diversité pédagogique puisse s'épanouir. Le responsable développement de la fondation, Augustin Yvan, plaidait en ce sens pour la liberté de développer des approches adaptées aux contextes et aux élèves, tout en valorisant « la force de la règle commune qui s'applique à tous ». Preuve que liberté et exigence ne s'excluent pas. David Vauthrin, président du groupe scolaire Tarcisius-Trinité, appelait, quant à lui, à une « normalisation des différents choix pédagogiques » : traiter à égalité les écoles sous contrat et hors contrat, ainsi que les familles qui les choisissent, plutôt que de les autarciser.

L’argument de l’inégalité, souvent invoqué contre l’autonomie, est démenti par les faits, comme l’illustre Augustin Yvan, ancien responsable pédagogique du réseau Espérance Banlieues. Les projets éducatifs exigeants des écoles associatives attirent nombre de familles issues de milieux populaires, qui y trouvent ce que l'institution peine parfois à leur offrir : une autorité assumée, des pédagogies diversifiées ou encore des effectifs à taille humaine. Autant de leviers pour vaincre les difficultés scolaires de leurs enfants et, selon le mot d'Augustin Yvan, « contrer les ghettos scolaires par l'hétérosocialité ».

Reste l'obstacle financier. Aujourd'hui, 82 % des Français estiment que seuls les plus aisés peuvent véritablement choisir l'établissement qui convient à leurs enfants. Dès lors, 66 % des personnes interrogées se prononcent en faveur d'un système d'aide permettant de financer la scolarité de son enfant, quel que soit l'établissement choisi. Une aspiration qui rejoint celle, plus large, des 64 % de Français convaincus que la diversification des types d'écoles ferait reculer l'échec scolaire. La liberté éducative ne saurait demeurer le privilège de quelques-uns : c'est à cette condition qu'elle deviendra un levier d'égalité.

Vos commentaires

52 commentaires

  1. Pour avoir de la discipline dans les classes, il faudrait déjà qu’elle existe à la maison. Je parle des « petites » classes, en primaire. Ce qui serait un début.

  2. quand on observe que c’estr mackinsey qui gouverne l’éducation national et que c’est un pédophile dejà condamné qui rédige le nouveau manuel sexuel immposant la sélection du genre et les bienfaits des agressions sexuelles sur de jeunes enfants en martelant que c’est pour leur bien ,-affaire du Corral par exemple ou de chez les adorateurs d’Epstein ,je crois que nous avons en effet de sérieux problèmes avec l’éducation nationale !

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