« Il ne s’agit pas de prévision ou de pronostic mais bien d’un état des lieux. » À six semaines du premier tour des régionales, BVA et Compagnie ont parlé. Deux régions pour le FN (Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Provence-Alpes-Côte d’Azur), trois restent dans le giron socialiste (Bretagne, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées), les autres vont aux coalitions LR-UDI et autres alliés de circonstance.

À l’approche d’un scrutin, les instituts de sondage abreuvent l’opinion de leurs résultats. Ils construisent une impression d’élection déjà acquise à tel ou tel camp, confortant la position des abstentionnistes à ne pas vouloir participer à un simulacre démocratique. Cette fois, les sondeurs font plus fort : ils dressent un état des lieux de situation !

Pouvons-nous prêter caution à leurs enquêtes dont la marge d’erreur théorique de 2 à 3 %, accommodée à la sauce de chacun, est dépendante du panel retenu ? Il faut reconnaître toutefois que, relayées à des heures de grande écoute, elles influencent l’électorat indécis.

Les instituts de sondage, BVA et consorts, pourraient cette fois avoir tronqué leurs chiffres plus qu’à l’accoutumée, par crainte de trop révéler l’ascension du mouvement de Marine Le Pen. Il suffit de discuter en famille, avec les collègues, les voisins pour s’en apercevoir. Le nombre d’électeurs prêts à voter pour le FN, mais surtout qui le disent ouvertement, n’a jamais été aussi élevé. L’envie de sanctionner le pouvoir en place a atteint son paroxysme. Les alliances LR-UDI et divers négociées au détriment de l’identité propre des formations qui les composent (dans le seul but de s’assurer des victoires) représentent autant d’équipages précaires que de difficultés à travailler ensemble durablement pour un territoire. Ces arrangements sordides agacent et fissurent leurs socles de militants et de sympathisants. De plus, les affaires qui s’invitent comme un fait du hasard dans les médias ne viennent pas agrémenter leur sauce.

À force de vendre des craques, de générer des espoirs sans lendemain, de prendre les citoyens pour des « lapins crétins », les partis de gouvernement, au grand jeu de l’arrogance qu’ils ont eux-mêmes établi, vont se prendre une déculottée. L’ampleur de la correction, qu’ils s’empresseront chacun de minimiser au soir des résultats, ne dépend pas des manipulateurs d’opinion : elle est de notre ressort.

S’apitoyer sur une déchéance française, s’indigner contre un personnel politique délictueux, réclamer l’arrivée d’une nouvelle génération pour, en finalité, le jour J, bouder les urnes renforcerait le règne des oligarques ; ce qu’ils espèrent. Les élections régionales de décembre nous offrent une occasion, avant la présidentielle, d’exprimer tout le bien que nous pensons de ces derniers. Que nos choix soient réfléchis ou impulsifs, nous, électeurs, choisirons les plus dignes à nos yeux pour diriger notre région, pas forcément ceux que voudraient nous imposer les politicards d’un autre temps, les médias et… quelque peu les organismes de sondage !

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