Pour reconstruire une droite digne de ce nom, cessons d’espérer pouvoir réassembler des ingrédients incompatibles comme on pourrait le faire dans une mauvaise recette de cuisine. L’exemple des en est le témoin le plus criant : les alliances préélectorales sont des recettes de plus en plus difficiles à faire avaler, non pas aux militants, mais aux sympathisants non encartés (les militants sont en général assez dociles). L’état des finances du parti les pousse à entretenir une culture du chiffre pour éviter le retour massif de cartes d’adhérents au siège en essayant de satisfaire un peu toutes les tendances du mouvement. Évidemment, tout ceci est fait au détriment des convictions nécessaires à une réelle efficacité du combat qu’est censé mener un parti d’opposition.

Mais « opposition » est-il le mot le plus adapté pour définir ce mouvement, qui se badigeonne régulièrement du qualificatif « gaulliste », en oubliant qu’un des principaux combats de fut la préservation de notre souveraineté. Or, cette souveraineté, il la concevait dans un espace européen, et non pas dans l’isolationnisme, comme voudraient le faire croire quelques mondialistes « constructifs ».

Depuis Giscard, la droite a commis cette grossière erreur de croire qu’un pays ne se résume qu’à une feuille de calcul pleine de chiffres et de statistiques et a renoncé à la dimension humaine de la nation, son rayonnement, sa grandeur. Pendant ce temps, la gauche a pris le pouvoir sur la culture, l’information et l’éducation et ne les lâche pas. « Vous n’avez pas le monopole du cœur », disait Giscard à Mitterrand en 1974. Et pourtant, la gauche s’est attribué ces vertus humanistes (pour en faire ce qu’on en sait maintenant) pendant que la droite était obnubilée, voire tétanisée, par les questions économiques.

Du coup, plus rien ne va : la France est gangrenée par les « droit-de-l’hommistes » inconscients, sponsorisés par une gauche aveugle, et par les mondialistes béats de droite-centrée-à-gauche, tout aussi aveugles.

On devrait analyser les motifs de l’élection de pour comprendre, finalement, les vœux du peuple français. Macron a su lui vendre du rêve, du renouveau, de la volonté. Les Français ne veulent plus de chiffres auxquels ils ne croient plus non plus. Ils veulent une perspective d’avenir, un projet national avec un discours qui dépasse les promesses, rarement tenues par ailleurs. Et même si ce rêve a été de courte durée, il semble qu’il ait répondu à une attente d’une partie de la population.

Alors, la droite, si elle veut revenir pleinement au pouvoir, doit retrouver cette dimension philosophique, transcender sa vue comptable du pouvoir et reconstruire son projet sur les quatre piliers indispensables à l’unité nationale que sont la souveraineté (telle que l’entendait de Gaulle), la sécurité, la liberté (d’entreprendre et de s’exprimer), la préservation de notre mode de vie. Tout le reste en découlera naturellement.

11 septembre 2017

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