Editoriaux - International - 23 août 2019

Quand l’anti-trumpisme devient du « soumissionnisme »

Il convient de préciser que ma position personnelle n’est pas favorable à l’OTAN, dont la raison d’être a cessé à la fin de l’URSS. Ce qui signifie que la France et l’Europe devront consentir les efforts adéquats pour assurer leur défense et leur rôle international de sécurité. La Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe devra viser à dénucléariser notre continent et promouvoir une paix équilibrée, en Ukraine comme en Europe. Outre les départs de feu incessants de l’islamisme, les facteurs potentiels de guerre sont l’Iran, la Corée du Nord, la Chine. Trois pays non démocratiques et menaçants. Pourtant, dans leur frénésie anti-Trump, des intellectuels et des médias s’en prennent non seulement au président américain mais aussi à la faiblesse, réelle ou supposée, des USA et de leur armée.

Ici (Atlantico), un philosophe (Yves Michaud) s’en prend à la personne de Trump et s’interroge : « Est-ce une simple coïncidence si, dans le même temps où se déroule cette guerre commerciale, la Chine formule des menaces et avance régulièrement ses pions militaires du côté de Taïwan et du côté de Hong Kong ? » Si la Chine attaquait, ce serait donc la « faute à Trump » ?

Quant au HuffPost, il s’alarme d’un déséquilibre croissant au bénéfice de la Chine dans le Pacifique et relaie un appel au renforcement stratégique américain face à la menace chinoise. Il faut rappeler que l’affaiblissement actuel des USA vis-à-vis de la Chine, la Russie, l’Afghanistan et l’Iran est largement imputable à Obama et Hillary Clinton. Et que la très bonne situation économique des USA, si elle a été rendue possible par Obama, a été réussie par Trump .

Pour Le HuffPost, « les Américains ne sont plus en position de force militairement face à la Chine dans le Pacifique », selon une « très sérieuse étude » d’experts australiens (Centre des études sur les États-Unis de l’université de Sydney). Cette étude « décrit l’armée américaine comme une “force en train de s’atrophier” dont les capacités sont “dangereusement dépassées” et “mal préparée” pour une confrontation avec la Chine ». Cette réflexion est sans doute fondée mais semble néanmoins sous-estimer le potentiel des pays démocratiques face à la sombre dictature de Xi. Car le Japon, Taïwan, la Corée du Sud, les Philippines, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et les 3e et 7e flottes américaines représentent encore un formidable potentiel qui encercle la Chine et qui, de surcroît – à Taïwan et au Japon -, a entrepris de renforcer ses capacités.

Quelle est la valeur militaire réelle de l’armée chinoise ? On ne peut s’en faire une idée qu’à l’aune de quelques conflits frontaliers (Russie, Inde, Vietnam) qui furent tout sauf probants. Et la Chine doit faire face à des spasmes démocratiques et irrédentistes (Hong Kong, Turkestan oriental, Mandchourie, Mongolie, Tibet, Guandong).
Néanmoins, l’étude universitaire (qui n’a pu être rendue publique, sans concertation avec le gouvernement australien) vient fort à propos appuyer la démarche de Donald Trump en vue de rendre sa suprématie à l’armée américaine (https://www.ussc.edu.au).

En conclusion, Le HuffPost affirme que « l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, avec son credo de “l’Amérique d’abord”, a ajouté aux craintes d’un désengagement des États-Unis, qui seraient moins enclins à défendre leurs alliés dans l’hypothèse d’une agression de la Chine par exemple ». Or, c’est exactement le contraire, que veut faire Trump : se désengager des tensions inutiles ou des foyers stabilisables – Europe, Moyen-Orient – et se concentrer sur le Pacifique, tant sur le plan économique que stratégique. Si Trump veut reprendre la recherche spatiale, c’est aussi pour redonner une avance stratégique à son pays et au monde libre.

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